Musique: Condo Fucks : Fuckbook | K-web

À tous ceux qui pensaient que Yo La Tengo ne l'avait plus, à tous ceux qui
pensaient que le trio s'était assagi et réfugié dans un train-train satisfait
et les condamnaient à la mort triste de ceux qui n'ont plus de couilles, à tous
ceux que l'ouvertement bagarreur I Am Not
Afraid of You and I Will Beat Your Ass n'avait pas convaincus, Condo Fucks
adresse une réponse sans équivoque: Fuck
you all! En onze titres et trente minutes (durée exceptionnellement courte
pour un album de YLT) une chose est sûre: ils n'en ont rien à foutre et
botteront le cul à tout qui viendra dire qu'ils n'ont plus le feu sacré. Ce
side project et un petit effort de mémoire nous rapportent sans peine à l'époque
où Matador gouvernait le monde de l'indé américain avec des groupes tels que
Pavement, Guided by Voices, Liz Phair, Jon Spencer Blues Explosion et bien sur
Yo La Tengo. Ces
derniers ont été parmi ceux qui ont façonné le paysage d'une période fascinante
de la musique indépendante et révérés par toute une génération de critiques et
de fans. Pourtant il n'avait pas fallu plus de deux albums (And Then Nothing Turned Itself Inside Out
et surtout Summer Sun) pour que
d'aucuns s'imaginent que le trio du New Jersey était sur un déclin définitif. De
cette période certes plus sage et uniforme, on crut pouvoir conclure qu'ils
n'avaient, dans le fond, peut-être plus rien dans le froc. C'est alors que la
bande à Ira Kaplan a décidé de remettre les pendules à l'heure et de quelle
manière!


Si dès la première piste de IANAOYAIWBYA
(le puissantissime Pass the Hatchet I
Think I'm Goodkind) ils imposaient un son agressif et ravageur, que dire de ce
FuckBook, perle foutraque, mélange de
rock garage et de jam boogie crasseux? Dans mes grands moments d'introspection,
je me dis parfois que je suis vraiment une Marie-couche-toi-là, qu'il suffit de
jouer fort, vite et faux pour que j'écarte les cuisses et dise amen. Mais pourquoi pas après tout? Le
Rock 'N Roll est surtout une question d'attitude, de disposition d'esprit, de
tripes, voire de foi. Voire de foie, tant le rendu gras et vicieux semble
arrosé du bourbon le plus abrasif. Et probablement est-ce là ce qui fait le
charme définitif de petites bijoux comme Fuckbook, leur viscéralité, ce coté raclé au fond de la gorge pour être craché
sans autre forme de procès ou de précaution à la gueule du premier venu...

stalKer, K-web [kweb.be]
legende



Condo Fucks : Fuckbook
note kweb

Label: Matador
Date de sortie: 24/03/2009

Tracklist:
1. What'cha Gonna Do About It
2. Accident
3. This Is Where I Belong
4. Shut Down
5. Shut Down Part 2
6. With A Girl Like You
7. The Kid With The Replaceable Head
8. Dog Meat
9. So Easy Baby
10. Come On Up
11. Gudbuy T'Jane





Condo Fucks :
Fuckbook

k-web Suggérer par mail k-web Version imprimable
K!
Voir la K-id de Stalker
par stalKer
19-03-2009

Whiskey + Boogie = Condo Fucks


À tous ceux qui pensaient que Yo La Tengo ne l'avait plus, à tous ceux qui pensaient que le trio s'était assagi et réfugié dans un train-train satisfait et les condamnaient à la mort triste de ceux qui n'ont plus de couilles, à tous ceux que l'ouvertement bagarreur I Am Not Afraid of You and I Will Beat Your Ass n'avait pas convaincus, Condo Fucks adresse une réponse sans équivoque: Fuck you all! En onze titres et trente minutes (durée exceptionnellement courte pour un album de YLT) une chose est sûre: ils n'en ont rien à foutre et botteront le cul à tout qui viendra dire qu'ils n'ont plus le feu sacré. Ce side project et un petit effort de mémoire nous rapportent sans peine à l'époque où Matador gouvernait le monde de l'indé américain avec des groupes tels que Pavement, Guided by Voices, Liz Phair, Jon Spencer Blues Explosion et bien sur Yo La Tengo. Ces derniers ont été parmi ceux qui ont façonné le paysage d'une période fascinante de la musique indépendante et révérés par toute une génération de critiques et de fans. Pourtant il n'avait pas fallu plus de deux albums (And Then Nothing Turned Itself Inside Out et surtout Summer Sun) pour que d'aucuns s'imaginent que le trio du New Jersey était sur un déclin définitif. De cette période certes plus sage et uniforme, on crut pouvoir conclure qu'ils n'avaient, dans le fond, peut-être plus rien dans le froc. C'est alors que la bande à Ira Kaplan a décidé de remettre les pendules à l'heure et de quelle manière!

Si dès la première piste de IANAOYAIWBYA (le puissantissime Pass the Hatchet I Think I'm Goodkind) ils imposaient un son agressif et ravageur, que dire de ce FuckBook, perle foutraque, mélange de rock garage et de jam boogie crasseux? Dans mes grands moments d'introspection, je me dis parfois que je suis vraiment une Marie-couche-toi-là, qu'il suffit de jouer fort, vite et faux pour que j'écarte les cuisses et dise amen. Mais pourquoi pas après tout? Le Rock 'N Roll est surtout une question d'attitude, de disposition d'esprit, de tripes, voire de foi. Voire de foie, tant le rendu gras et vicieux semble arrosé du bourbon le plus abrasif. Et probablement est-ce là ce qui fait le charme définitif de petites bijoux comme Fuckbook, leur viscéralité, ce coté raclé au fond de la gorge pour être craché sans autre forme de procès ou de précaution à la gueule du premier venu qui oserait venir dire que Jersey assure moins que New York. Le trio tire à vue, à bout portant et fait mouche à tout coup, par une espèce de grâce venue de dieu sait où. Il faut y croire, avoir une confiance conséquente en la capacité toujours renouvelée du rabâché quatuor voix-guitare-basse-batterie à nous émerveiller avec ses moyens les plus minimaux. Rien que de très basique donc: une espèce de boogie joué couilles au mur (comme le dit très élégamment la langue de Byron) par le fantôme d'un Captain Beefheart qui aurait fait une overdose de moonshine. C'est presqu'à un album live auquel nous avons droit. Production riquiqui, mélodies à l'arrache saupoudrées d'un mauvais goût sixties spectorien parfaitement assumé et d'un rien de surf rock, c'est un véritable manifeste de je-m'en-foutisme que nous livre les Jersey Fucks. Mais le charme de ce genre d'albums va bien plus loin que leur qualité musicale réelle. C'est le genre de production qui donne confiance en un groupe, un style de musique et rend raison à l'histoire récente du rock indépendant. Les années nonante furent bien un vivier de talents qui n'étaient pas que des baudruches prêtes à se dégonfler piteusement. En tout cas, les Yo La Tengo, eux, sont gonflés à bloc et prêts à tout faire péter !



Vos Kommentaires

Ajoutez votre commentaire :

Votre nom: