Musique: Crystal Stilts: Alight of Night | K-web

Il est des coïncidences qui ne
trompent pas. On croyait avoir lancé le live 1969 du Velvet Underground,
mais au bout de quelques secondes, on se dit bien que quelque chose ne va pas.
Non que l'esprit n'y soit pas, mais juste qu'on ne reconnaît pas ces mélodies dont
on a pourtant mitraillé notre sono, quitte à l'en dégoûter. Non, ce Prismatic Room qui harcèle nos enceintes,
c'est une sorte de Canada Dry du Velvet, si je peux me permettre. Ces guitares
gonflées d'échos malsains mais qui n'oublient jamais leurs mélodies, ce son
crasseux, étouffant, cette batterie rudimentaire qu'aucun break ne pourrait
venir perturber et puis surtout cette voix ! Droguée, trainante, sortie de
nulle part (ou au moins d'outre-tombe) et semblant vouloir y retourner au plus
vite, il y a dans cet organe à la fois toutes les désillusions ravalées du
monde et l'ironie qui les accompagne immanquablement. Du Lou Reed en somme.



Mais réduire Crystal Stilts à un
ersatz ne serait pas rendre justice au quintet, car si tel fut le cas,
l'abondante scène de Brooklyn actuelle, dont est issu le groupe, aurait eu tôt fait de
les digérer sans autre forme de procès. Outre l'exploit de mélanger harmonieusement le rock garage
et (une certaine idée de) la pop, genres a priori plutôt antagonistes, les New-Yorkais
s'osent, depuis un premier EP éponyme sorti en début d'année jusqu'à ce premier véritable album, à développer une personnalité forte en pratiquant leur art plus sous influence que dans la citation pure
et simple.  On y entendra, au
détour d'un refrain, les Coral sous
lysergiques (The Dazzled) avant que les
guitares fifties des Raveonettes ne se
pointent (Crystal Stilts) et que l'orgue sixties de Procol Harum ne fasse une apparition spectrale (Prismatic Room). Mieux,
l'exploration de cet album nous fera encore croiser les fantômes tutélaires des Kinks (Bright Night), d'Ennio Morriconne (Spiral Transit) et,
cerise sur le gâteau, des Seeds, Electric Prunes, Count Five et autres Trashmen,
tous ces combos garage sixties chers aux compilations Nuggets et Pebbles tout
autant qu'à nos oreilles. Puisqu'on en revient toujours aux fondamentaux, ne
boudons pas notre plaisir et laissons-nous complaisamment piéger.

Krispy, K-web [kweb.be]
legende




Crystal Stilts: Alight of Night
note kweb

Label: Slumberland / Rough Trade
Tracklist:
1. The Dazzled
2. Crystal Stilts
3. Graveyard Orbit
4. Prismatic Room
5. The Sinking
6. Departure
7. Shattered Shine
8. Verdant Gaze
9. Bright Night
10. Spiral Transit
11. The City in the Sea





Crystal Stilts:
Alight of Night

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K!
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par Krispy
13-11-2008

Piège de crystal



Il est des coïncidences qui ne trompent pas. On croyait avoir lancé le live 1969 du Velvet Underground, mais au bout de quelques secondes, on se dit bien que quelque chose ne va pas. Non que l'esprit n'y soit pas, mais juste qu'on ne reconnaît pas ces mélodies dont on a pourtant mitraillé notre sono, quitte à l'en dégoûter. Non, ce Prismatic Room qui harcèle nos enceintes, c'est une sorte de Canada Dry du Velvet, si je peux me permettre. Ces guitares gonflées d'échos malsains mais qui n'oublient jamais leurs mélodies, ce son crasseux, étouffant, cette batterie rudimentaire qu'aucun break ne pourrait venir perturber et puis surtout cette voix ! Droguée, trainante, sortie de nulle part (ou au moins d'outre-tombe) et semblant vouloir y retourner au plus vite, il y a dans cet organe à la fois toutes les désillusions ravalées du monde et l'ironie qui les accompagne immanquablement. Du Lou Reed en somme.

Mais réduire Crystal Stilts à un ersatz ne serait pas rendre justice au quintet, car si tel fut le cas, l'abondante scène de Brooklyn actuelle, dont est issu le groupe, aurait eu tôt fait de les digérer sans autre forme de procès. Outre l'exploit de mélanger harmonieusement le rock garage et (une certaine idée de) la pop, genres a priori plutôt antagonistes, les New-Yorkais s'osent, depuis un premier EP éponyme sorti en début d'année jusqu'à ce premier véritable album, à développer une personnalité forte en pratiquant leur art plus sous influence que dans la citation pure et simple.  On y entendra, au détour d'un refrain, les Coral sous lysergiques (The Dazzled) avant que les guitares fifties des Raveonettes ne se pointent (Crystal Stilts) et que l'orgue sixties de Procol Harum ne fasse une apparition spectrale (Prismatic Room). Mieux, l'exploration de cet album nous fera encore croiser les fantômes tutélaires des Kinks (Bright Night), d'Ennio Morriconne (Spiral Transit) et, cerise sur le gâteau, des Seeds, Electric Prunes, Count Five et autres Trashmen, tous ces combos garage sixties chers aux compilations Nuggets et Pebbles tout autant qu'à nos oreilles. Puisqu'on en revient toujours aux fondamentaux, ne boudons pas notre plaisir et laissons-nous complaisamment piéger.






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