Aussi incroyable que cela puisse sonner aux oreilles
des vétérans des dancefloors, deuxième nation à entrer dans la grande bagarre
electro de ce mois de juin, la France a désormais un passé électronique. S'il y
a de cela quelques années encore, on attribuait volontiers les prémices des
musiques qui font blip et boum à des nations telles que
l'Allemagne (avec, au hasard, Kraftwerk),
la Grande-Bretagne et la Belgique (les mouvements Rave et Acid House) voire
même aux Etats-Unis (les pionniers de Detroit & Chicago), ce serait sans
compter un certain duo robotique répondant au nom gentiment idiot de Daft Punk. Parti d'une scène quasi
inexistante dans un pays où l'on semble toujours farouchement attaché à la
gaudriole variétoche musette de village, les deux célèbres masqués, suivant dès
1993 les pas de quelques autres précurseurs parisiens (Laurent Garnier, Etienne de
Crécy, Cassius,...), font
désormais figure d'incontournables.
Apparemment restés jusqu'aujourd'hui sans véritable
progéniture, on peut l'annoncer dès à présent, les Daft Punk sont bien les
parents illégitimes du nouveau duo français hyper attendu Justice. Si le raccourci Pedro
Winter (manager des premiers et patron du label Ed Banger accueillant les
seconds) semble quelque peu facile au même titre qu'une quelconque filiation
versaillaise (pourquoi outre-quiévrain l'electro serait-elle toujours affaire de
bourgeoisie ?), l'écoute de l'imparable D.A.N.C.E. suffit à
mettre tout le monde d'accord : de manière évidente, le spectre de la
house filtrée et rentre-dedans bricolée sur de bons vieux samples disco chers à
Thomas Bangalter et
Guy-Manuel de Homem-Christo (les Daft donc) vampirise littéralement l'irrésistible
piste de Gaspard Augé et Xavier de Rosnay (soit les tout aussi noblement
dénommés Justice). Et d'enchérir sur des New Jack et Phantom qui subissent un
traitement similaire.
Pourtant,
le duo évite assez élégamment l'écueil du plagiat. Tout d'abord parce qu'aux
boucles disco, Justice ajoute voire substitue fréquemment ces breakbeats
syncopés et surpuissants (Phantom, DVNO) propres à nombre d'autres
productions Ed Banger ou ose carrément se lancer dans un ambitieux morceau
bruitiste se métamorphosant en comptine baroque (l'excellent Let
There Be Light). Ensuite, parce que Justice, reprenant certes le
concept du décevant second essai de leurs pairs robotisés (Discovery en...
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Label: Ed Banger Date de sortie: 11/06/2007 Tracklist: 1. Genesis 2. Let There Be Light 3. D.A.N.C.E. 4. New Jack 5. Phantom Pt.I 6. Phantom Pt.II 7. Valentine 8. The Party 9. DVNO 10. Stress 11. Waters of Nazareth 12. One Minute to Midnight Justice:
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