Musique: Kasabian: West Ryder Pauper Lunatic Asylum | K-web

Pour le dire de
manière un peu brutale, ça fait un petit moment qu'on n'attendait plus grand
chose des Anglais. Entre les points philosophiques de Lily Allen et le match du
week-end, nos voisins du nord semblent suffisamment occupés que pour se soucier
du futur de leur pop-pop-pop musik!. D'autant que la troisième mi-temps
ne s'avère pas spécialement de tout repos...


Là-dessus
débarque d'on ne sait trop quelle forêt reculée les petites frappes de Kasabian,
leur troisième album sous le bras. Un de ces disques chargé d'une aura mystique
inquiétante, qui semble avoir été enregistré hors du temps et loin du monde
extérieur, en un lieu oublié qui regorge de secrets passés. Le West Riding
Pauper Lunatic Asylum, qui donne son nom à l'album, est un ancien
asile construit dans le Yorkshire au XIXème siècle, une des premières maisons
psychiatriques à être ouverte en Grande Bretagne. Sur la pochette, le groupe,
comme il le révèle au NME, «se déguise pour une fête dans l'asile et regarde
les costumes dans le miroir». Le décor est installé, le reste ne sera que
la bande-son de cette fête imaginaire.


Produit par le
gourou Dan The Automator, WRPLA jouit d'une production bipolaire:
le son y est à la fois contemporain (touches électro et basse omniprésente) et
salement analogique, comme tout droit samplé d'un vinyle usé de garage-psyché
pressé en 1966. Un trait de génie! Qui fait coup double en permettant d'éviter
l'aspect poli et rigide des productions high-tech sans pour autant
tomber dans le piège du revival forcément passéiste. A l'instar de Death
In Vegas avec leur Scorpio Rising de 2002, les Kasabian viennent
d'accoucher d'un grand album psychédélique contemporain.


C'est malsain,
crade et noir... Décadent mais toujours pop. A de rares occasions seulement,
lorsque les Kasabian tentent le passage en force vers les dance-floors,
l'exercice s'avère maladroit (Vlad The Impaler, et dans une moindre
mesure, le refrain de Fire). Le reste du disque se partage entre
pop-song psyché (Underdog, Where Did All The Love Go), ballades
droguées et suicidaires à chialer dans sa bière (Ladies & Gentlemen,
Happiness) et, donnant le ton à l'album, des ballades pop-folk entre
tradition et clubs branchouilles, comme des Kinks contemporains sous
MDMA tentant de retracer l'histoire du folk anglais (Fast Fuse, Take
Aim, Thick As Thieves, Secret Alphabets). Et puis...

duKe, K-web [kweb.be]
legende



Kasabian: West Ryder Pauper Lunatic Asylum
note kweb

Label: Columbia / Sony BMG
Tracklist:
1. Underdog
2. Where Did All The Love Go?
3. Swarfiga
4. Fast Fuse
5. Take Aim
6. Thick As Thieves
7. West Ryder / Silver Bullet
8. Vlad the Impaler
9. Ladies & Gentlemen (Roll The Dice)
10. Secret Alphabets
11. Fire
12. Happiness





Kasabian:
West Ryder Pauper Lunatic Asylum

K!
Voir la K-id de duke
par duKe
01-09-2009

Their Satanic Majesties Request


Pour le dire de manière un peu brutale, ça fait un petit moment qu'on n'attendait plus grand chose des Anglais. Entre les points philosophiques de Lily Allen et le match du week-end, nos voisins du nord semblent suffisamment occupés que pour se soucier du futur de leur pop-pop-pop musik!. D'autant que la troisième mi-temps ne s'avère pas spécialement de tout repos...

Là-dessus débarque d'on ne sait trop quelle forêt reculée les petites frappes de Kasabian, leur troisième album sous le bras. Un de ces disques chargé d'une aura mystique inquiétante, qui semble avoir été enregistré hors du temps et loin du monde extérieur, en un lieu oublié qui regorge de secrets passés. Le West Riding Pauper Lunatic Asylum, qui donne son nom à l'album, est un ancien asile construit dans le Yorkshire au XIXème siècle, une des premières maisons psychiatriques à être ouverte en Grande Bretagne. Sur la pochette, le groupe, comme il le révèle au NME, «se déguise pour une fête dans l'asile et regarde les costumes dans le miroir». Le décor est installé, le reste ne sera que la bande-son de cette fête imaginaire.

Produit par le gourou Dan The Automator, WRPLA jouit d'une production bipolaire: le son y est à la fois contemporain (touches électro et basse omniprésente) et salement analogique, comme tout droit samplé d'un vinyle usé de garage-psyché pressé en 1966. Un trait de génie! Qui fait coup double en permettant d'éviter l'aspect poli et rigide des productions high-tech sans pour autant tomber dans le piège du revival forcément passéiste. A l'instar de Death In Vegas avec leur Scorpio Rising de 2002, les Kasabian viennent d'accoucher d'un grand album psychédélique contemporain.

C'est malsain, crade et noir... Décadent mais toujours pop. A de rares occasions seulement, lorsque les Kasabian tentent le passage en force vers les dance-floors, l'exercice s'avère maladroit (Vlad The Impaler, et dans une moindre mesure, le refrain de Fire). Le reste du disque se partage entre pop-song psyché (Underdog, Where Did All The Love Go), ballades droguées et suicidaires à chialer dans sa bière (Ladies & Gentlemen, Happiness) et, donnant le ton à l'album, des ballades pop-folk entre tradition et clubs branchouilles, comme des Kinks contemporains sous MDMA tentant de retracer l'histoire du folk anglais (Fast Fuse, Take Aim, Thick As Thieves, Secret Alphabets). Et puis il y a ce West Ryder/Silver Bullets, sommet de l'album qui repose en son centre... Une ballade fantôme qu'on croirait tout droit sortir de cet asile... Comme le chant perdu de ses anciens locataires... Le West Ryder Pauper Lunatic Asylum... Un endroit bizarre... Mais ô combien fascinant!



Vos Kommentaires

Stupeflip
09/09/2009 19:43
Le meilleur groupe du monde

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