La désintégration de Starflam, molécule-phare de la scène hip-hop
belge, se sera finalement avérée des plus fascinantes à observer, le
split ayant catapulté ses atomes constitutifs, ses particules complémentaires sur les trajectoires les
plus inattendues. A Akro, l'orthodoxie ultra-efficace du b-boy bon
teint, le classicisme sous perfusion US, les lyrics au cordeau
déroulées sur des beats carrés. A Balo, le flirt avec le reportage rimé
(le slam, si vous y tenez) et la musique congolaise, sur un premier
album, Hotel Impala, aussi ambitieux que réussi, où
s'esquissait l'autoportrait subtil et émouvant d'un double déraciné. Et
à L'Enfant Pavé, le dernier des trois MCs à redonner de ses nouvelles,
un rap co(s)mique et allumé, hypnotique et enfumé, rougeoyant comme un
spliff XXL dans la nuit noire, exhalé live dans la chaleur d'un
collectif - King Lee est le nom d'un groupe, pas un nouvel ego-trip - au sein duquel on retrouve une claviériste inventive, un membre sautillant des excellents Self-Service
ainsi qu'une impeccable section rythmique, dont les constructions
serpentines louvoient sans temps mort entre jazz groovy et ondulations
jamaïcaines.
Evidemment, le projet, tout nouveau tout chaud
mais déjà remarquablement en place, jouit pour l'heure d'une notoriété
à peu près nulle, y compris dans sa bonne ville natale de Tox City...
d'où un Aquarium tristement dépeuplé. Dommage, car le potentiel du
groupe, signé par Miam Monster Miam sur son label Freaksville (L'Enfant
Pavé, notamment lorsqu'il débarque dans une superbe
cape-peignoir-casquette en éponge rouge, semble une recrue en fin de
compte toute naturelle pour la caravane de l'étrange du
Serésien), est incontestable, voire assez énorme, un titre sur deux (Deerty Pimpin' Style, On the Ground, 141...) laissant entrevoir un crowdpleaser en puissance, pour causer comme les Ricains. A revoir l'an prochain, au bout de la nuit, devant un public moins amorphe et clairsemé, sous influence, conquis d'avance ?
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King Lee @ Les Ardentes 2008Aquarium, samedi 12 juillet 14h50
La désintégration de Starflam, molécule-phare de la scène hip-hop
belge, se sera finalement avérée des plus fascinantes à observer, le
split ayant catapulté ses atomes constitutifs, ses particules complémentaires sur les trajectoires les
plus inattendues. A Akro, l'orthodoxie ultra-efficace du b-boy bon
teint, le classicisme sous perfusion US, les lyrics au cordeau
déroulées sur des beats carrés. A Balo, le flirt avec le reportage rimé
(le slam, si vous y tenez) et la musique congolaise, sur un premier
album, Hotel Impala, aussi ambitieux que réussi, où
s'esquissait l'autoportrait subtil et émouvant d'un double déraciné. Et
à L'Enfant Pavé, le dernier des trois MCs à redonner de ses nouvelles,
un rap co(s)mique et allumé, hypnotique et enfumé, rougeoyant comme un
spliff XXL dans la nuit noire, exhalé live dans la chaleur d'un
collectif - King Lee est le nom d'un groupe, pas un nouvel ego-trip - au sein duquel on retrouve une claviériste inventive, un membre sautillant des excellents Self-Service
ainsi qu'une impeccable section rythmique, dont les constructions
serpentines louvoient sans temps mort entre jazz groovy et ondulations
jamaïcaines.
Evidemment, le projet, tout nouveau tout chaud
mais déjà remarquablement en place, jouit pour l'heure d'une notoriété
à peu près nulle, y compris dans sa bonne ville natale de Tox City...
d'où un Aquarium tristement dépeuplé. Dommage, car le potentiel du
groupe, signé par Miam Monster Miam sur son label Freaksville (L'Enfant
Pavé, notamment lorsqu'il débarque dans une superbe
cape-peignoir-casquette en éponge rouge, semble une recrue en fin de
compte toute naturelle pour la caravane de l'étrange du
Serésien), est incontestable, voire assez énorme, un titre sur deux (Deerty Pimpin' Style, On the Ground, 141...) laissant entrevoir un crowdpleaser en puissance, pour causer comme les Ricains. A revoir l'an prochain, au bout de la nuit, devant un public moins amorphe et clairsemé, sous influence, conquis d'avance ?
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