Dire que la
musique dite jeune a toujours été une histoire de
confrontations n'est certainement pas une hérésie. Rappelez-vous l'oncle
Robert, copieusement éméché, haranguant votre père sur la rock'n'rollitude
des Stones par rapport à ces tapettes de Beatles.
Repassez-vous mentalement les images du Quadrophenia des Who
et de cette mémorable bataille rangée entre mods et rockers sur
la plage de Brighton (que foutait Sting là-dedans au fait ?). Et
que dire de ce mémorable Top of the Pops de 1995 où l'Angleterre entière,
pendue à son téléviseur, attendait de savoir qui de Blur ou Oasis
placerait son Some Might Say ou son Country House
en tête des charts. Certes, ces guéguerres de paroisse ont bien plus
souvent fait vendre des navets à la douzaine que révélé des chefs-d'œuvre
impérissables, mais elles sont certainement aussi le reflet d'un sentiment
profond d'attachement à un artiste ou d'appartenance à un genre chez l'auditeur
lambda. Ainsi, il y a quelques années encore, on se souvient qu'il était de bon
ton d'aimer le rock OU l'electro (la techno, disait-on alors...). Nirvana
OU Underworld, les Smashing Pumpkins OU Prodigy. Un
schisme qui, franchement, semble aujourd'hui dater du Moyen-Âge tant à l'aube
de 2007, l'un semble de moins en moins aller sans l'autre...
Et au petit
jeu idiot du qui a fait quoi, si l'on devait attribuer à un seul homme
le mérite d'avoir fait fondre cette barrière rock/electro, on serait presque
tenter de faire partir le new-yorkais James Murphy, l'homme derrière LCD
Soundsystem, largement favori. Il faut dire que l'artiste a le pedigree
idéal. Traversant les nineties dans le milieu hardcore indépendant, Murphy
construit son home studio et se met à produire quantité d'artistes. Puis de sa
collaboration avec Tim Goldsworthy naît non seulement une passion
grandissante pour l'electro, mais aussi le duo (et bientôt label) DFA,
initiales qui, gageons-en, jalonneront encore longtemps l'histoire de la musique. Entre les
remixes aussi extasiés qu'imparables (N.E.R.D., Le Tigre, puis
des pointures telles Gorillaz, Tiga, Soulwax ou Goldfrapp,
compilés sur deux volumes parus récemment) et les productions crossover
(le traitement electro aux accents post-punk du magnifique premier album de Rapture),
au début de la décennie présente, DFA est sur toutes les lèvres, du DJ branché
au rat de salle de...
Tracklist: 1. Get Innocuous
2. Time To Get Away
3. North American Scum
4. Someone Great
5. All My Friends
6. Us vs Them
7. Watch The Tapes
8. Sound Of Silver
9. New York I Love You But You’re Bringing Me Down
Dire que la
musique dite jeune a toujours été une histoire de
confrontations n'est certainement pas une hérésie. Rappelez-vous l'oncle
Robert, copieusement éméché, haranguant votre père sur la rock'n'rollitude
des Stones par rapport à ces tapettes de Beatles.
Repassez-vous mentalement les images du Quadrophenia des Who
et de cette mémorable bataille rangée entre mods et rockers sur
la plage de Brighton (que foutait Sting là-dedans au fait ?). Et
que dire de ce mémorable Top of the Pops de 1995 où l'Angleterre entière,
pendue à son téléviseur, attendait de savoir qui de Blur ou Oasis
placerait son Some Might Say ou son Country House
en tête des charts. Certes, ces guéguerres de paroisse ont bien plus
souvent fait vendre des navets à la douzaine que révélé des chefs-d'œuvre
impérissables, mais elles sont certainement aussi le reflet d'un sentiment
profond d'attachement à un artiste ou d'appartenance à un genre chez l'auditeur
lambda. Ainsi, il y a quelques années encore, on se souvient qu'il était de bon
ton d'aimer le rock OU l'electro (la techno, disait-on alors...). Nirvana
OU Underworld, les Smashing Pumpkins OU Prodigy. Un
schisme qui, franchement, semble aujourd'hui dater du Moyen-Âge tant à l'aube
de 2007, l'un semble de moins en moins aller sans l'autre...
Et au petit
jeu idiot du qui a fait quoi, si l'on devait attribuer à un seul homme
le mérite d'avoir fait fondre cette barrière rock/electro, on serait presque
tenter de faire partir le new-yorkais James Murphy, l'homme derrière LCD
Soundsystem, largement favori. Il faut dire que l'artiste a le pedigree
idéal. Traversant les nineties dans le milieu hardcore indépendant, Murphy
construit son home studio et se met à produire quantité d'artistes. Puis de sa
collaboration avec Tim Goldsworthy naît non seulement une passion
grandissante pour l'electro, mais aussi le duo (et bientôt label) DFA,
initiales qui, gageons-en, jalonneront encore longtemps l'histoire de la musique. Entre les
remixes aussi extasiés qu'imparables (N.E.R.D.,Le Tigre, puis
des pointures telles Gorillaz, Tiga, Soulwax ou Goldfrapp,
compilés sur deux volumes parus récemment) et les productions crossover
(le traitement electro aux accents post-punk du magnifique premier album de Rapture),
au début de la décennie présente, DFA est sur toutes les lèvres, du DJ branché
au rat de salle de concert. Une gageure.
Ce deuxième
LP, ne ménageons pas le suspense, reprend la géniale formule du magnifique et
inaugural album éponyme de 2005. Pas vraiment electro, encore moins rock, une
fois de plus, James Murphy ne choisit pas. Il se contente d'enregistrer des
morceaux et non des chansons, terme bien trop connoté, tant les frontières
musicales semblent s'effacer devant cet album. Là où les Talking Heads
avaient brassé le funk et le rock, LCD y ajoute l'electro castagneuse et
punkoïde avec une classe folle. Un traitement chirurgical de chic et de choc
carrément hallucinant : entre les mains du Dr Murphy, le patient alterne
savamment les amphétamines surdosées (Time to Get Away , Us
vs Them) et les tranquillisants hypnotiques (l'éponyme Sound of
Silver, l'intro toute en progression Get Innocuous), le
laissant à chaque écoute dans un état de semi-ébriété.
Mais au-delà
de cette performance réitérée, avec cette suite, on reste sur le cul quand on
entend la cohérence du travail. LCD se permet d'intégrer dans son génial
foutoir une ballade electro (l‘émotionnel Someone Great) et même
de clôturer le trip par... un slow au piano limite jazzy à la Burt
Baccharach (New
York I Love You) ! 55 minutes qui partent dans tous les sens mais
qui passent comme de l'eau, et un album dans le plus pur sens du terme où
toutes les pistes se révèlent d'une écoute à l'autre, sans pour autant
qu'émerge un single évident (à la rigueur le génial North American Scum).
Et, cerise sur le gâteau, l'année sabbatique, même si le terme est tout relatif
au regard de l'agenda du personnage, prise par Murphy en 2006 lui a permis de
soigner particulièrement la
production. Le travail et le traitement des voix (le phrasé
scandé de David Byrne, le funk de Michael Jackson, ...voire même la
bizarrerie de Bowie période Scary Monsters sur Get
Innocuous), des batteries et beats aussi indissociables que
complémentaires, des guitares et basses s'intégrant parfaitement sous un tissu
électronique raffiné sont autant de preuves du souci du détail apporté à ce LP.
Avec ce Sound
of Silver, LCD Soundsystem offre (enfin !) un échappatoire à tous
ceux que le rock ne passionne plus vraiment, mais que l'electro aseptisée et
intello ennuie vite, et ouvre une nouvelle voie pour s'envoyer en l'air, des
fourmis plein les jambes. Incontestablement la
première Klaque de 2007 pour sa qualité, indéniable, mais
aussi, et surtout, cette volonté de sortir des sentiers battus. Plus que quelques
semaines à attendre (sortie le 12 mars) et, comme votre serviteur surexcité à
cette idée, vous pourrez entonner à tue-tête un Sound of Silver / Talk
to me / Makes you want to feel like a teenager. C'est pas moi (qui le
dit), c'est Murphy.
une video de New York I Love You
Vos Kommentaires
K!
kianti
17/01/2007 15:33
Dis, le premier paragraphe, tu l'as écrit pour moi? Cela dit, je vais peut etre faire un petit effort... faut vivre avec son temps quand même...
K!
Krispy
17/01/2007 17:17
Bien sûr que je l'ai écrit pour toi, Kianti !
K!
ced
18/01/2007 14:13
sinon t'as déjà tes billets??
K!
Krispy
18/01/2007 14:25
Of course ! Première fois en live pour moi...
K!
DJ Reynders
08/02/2007 12:08
Je serai également de la fête. Je n'ai entendu que le single, mais c'est une pure bombe !