Musique: Of Montreal : Skeletal Lamping | K-web

Vous avez trouvé le dernier TV on the Radio trop
sobre ? Vous l'avez trouvé trop viscéral, pas assez intello ?
Magnetic Fields ne vous semble pas assez référentiel ?  D'une façon générale vous ne vous lassez pas
de recenser les influences, références, clins d'yeux, appels du coude, gâteries
d'un album afin de dresser une cartographie mentale de l'auteur au moment de sa
composition ? Dans ce cas, ne cherchez pas plus loin, Skeletal Lamping, dernier
bébé des américains de Of Montreal,
est pour vous.


Alors certes, on pouvait s'y attendre. Hissing
Fauna, Are You the Destroyer?,
précédent ouvrage
de la bande à Kevin Barnes,
ne brillait déjà pas par une grande sobriété. Les principaux intéressés
disaient ouvertement vouloir progresser dans le sillon tracé par ce dernier et
force est de reconnaitre que le résultat est loin d'être anodin : tout et
n'importe-quoi, tel est le mot d'ordre. Skeletal
Lamping n'est pas vraiment un album, c'est un brainstorming qu'on n'aurait
pas terminé, consigné sur des pages volantes ramassées à la hâte, agrafées en
fonction de l'âge du capitaine et imprimées telles quelles... Exercice de grand
écart sur un circuit de montagnes russes, c'est un enfant hydrocéphale qui
aurait bien besoin d'un drainage sévère : mélange insensé de rock, de
funk, de soul, d'électro, de Prince,
des Beatles, de Barry White, Ohio Players,
LCD Soundsystem, Magnetic Fields (Kevin Barnes pourrait
être décrit comme une sorte de Stephin Merritt mégalo, libidineux et hystérique...),
album concept basé sur les aventures d'un dénommé Georgie Fruit, personnage
noir androgyne, ex-détenu et chanteur d'un groupe de funk nommé Arousal. Autant
dire donc que le concept était au départ aussi foireux que l'est sa traduction
musicale.


Mais au final, Skeletal
Lamping laisse surtout un gout de cendre dans la bouche. Un gros sentiment
de gâchis. Car on est à la fois passé très loin et très près du chef-d'œuvre.
Cet exercice d'équilibre impossible, la bande d'Athens le réussit pendant environ
cinq titres avant de se vautrer assez piteusement. Exercice d'acrobatie
aérienne sans filet qui tourne mal, l'album finit dans les cris d'horreur d'un
public traumatisé par la chute libre d'un pauvre groupe qui a voulu se la péter
un peu trop haut et le dramatique « atterrissage » que l'on peut
imaginer... Les débuts...

stalKer, K-web [kweb.be]
legende




Of Montreal : Skeletal Lamping
note kweb

Label: Polyvinyl
Date de sortie: 21/10/2008

Tracklist:
1. Nonpareil of Favor
2. Wicked Wisdom
3. For Our Elegant Caste
4. Touched Something's Hollow
5. An Eluardian Instance
6. Gallery Piece
7. Women's Studies Victims
8. St. Exquisite's Confessions
9. Triphallus, to Punctuate!
10. And I've Seen a Bloody Shadow
11. Plastis Wafer
12. Death Isn't a Parallel Move
13. Beware Our Nubile Miscreants
14. Mingusings
15. Id Engager





Of Montreal :
Skeletal Lamping

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K!
Voir la K-id de Stalker
par stalKer
30-10-2008

Tout et son contraire


Vous avez trouvé le dernier TV on the Radio trop sobre ? Vous l'avez trouvé trop viscéral, pas assez intello ? Magnetic Fields ne vous semble pas assez référentiel ?  D'une façon générale vous ne vous lassez pas de recenser les influences, références, clins d'yeux, appels du coude, gâteries d'un album afin de dresser une cartographie mentale de l'auteur au moment de sa composition ? Dans ce cas, ne cherchez pas plus loin, Skeletal Lamping, dernier bébé des américains de Of Montreal, est pour vous.

Alors certes, on pouvait s'y attendre. Hissing Fauna, Are You the Destroyer?, précédent ouvrage de la bande à Kevin Barnes, ne brillait déjà pas par une grande sobriété. Les principaux intéressés disaient ouvertement vouloir progresser dans le sillon tracé par ce dernier et force est de reconnaitre que le résultat est loin d'être anodin : tout et n'importe-quoi, tel est le mot d'ordre. Skeletal Lamping n'est pas vraiment un album, c'est un brainstorming qu'on n'aurait pas terminé, consigné sur des pages volantes ramassées à la hâte, agrafées en fonction de l'âge du capitaine et imprimées telles quelles... Exercice de grand écart sur un circuit de montagnes russes, c'est un enfant hydrocéphale qui aurait bien besoin d'un drainage sévère : mélange insensé de rock, de funk, de soul, d'électro, de Prince, des Beatles, de Barry White, Ohio Players, LCD Soundsystem, Magnetic Fields (Kevin Barnes pourrait être décrit comme une sorte de Stephin Merritt mégalo, libidineux et hystérique...), album concept basé sur les aventures d'un dénommé Georgie Fruit, personnage noir androgyne, ex-détenu et chanteur d'un groupe de funk nommé Arousal. Autant dire donc que le concept était au départ aussi foireux que l'est sa traduction musicale.

Mais au final, Skeletal Lamping laisse surtout un gout de cendre dans la bouche. Un gros sentiment de gâchis. Car on est à la fois passé très loin et très près du chef-d'œuvre. Cet exercice d'équilibre impossible, la bande d'Athens le réussit pendant environ cinq titres avant de se vautrer assez piteusement. Exercice d'acrobatie aérienne sans filet qui tourne mal, l'album finit dans les cris d'horreur d'un public traumatisé par la chute libre d'un pauvre groupe qui a voulu se la péter un peu trop haut et le dramatique « atterrissage » que l'on peut imaginer... Les débuts laissaient pourtant espérer l'impossible. L'énergie folle qui transpirait des premières plages esquissait des sommets si élevés que plus aucune loi ne semble y avoir court. Mais las, la chute est d'autant plus dure : Prince se met à ressembler à du Lenny Kravitz, LCD Soundsystem à du Mika. L'enthousiasme se transforme en hystérie laborieuse. Le maelstrom qui nous enivrait il y a cinq minutes nous fout la barre. Trop haut ? Trop tôt ? Quoiqu'il en soit, c'est l'éjaculation précoce dans le pli du drap et la déprime qui s'ensuit.

 

                                                                    Id Engager



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