Musique: PETER, BJORN & JOHN: Writer's Block | K-web

Young Folks, la
petite bombe scandinave dont nous sommes tombé raide dingue cet été (voir critique du single), a trois
papas : Peter, Bjorn & John, Suédois inconnus jusqu'ici malgré sept
ans de carrière et deux albums (non distribués, il est vrai, sous nos
latitudes). En bonne logique (commerciale), leur nouvel essai - Writer's Block - aurait pu/dû n'être qu'une œuvrette opportuniste torchée
rapidos dans la foulée d'un single miraculeux. Qui tend d'ailleurs, à la
première écoute, à faire de l'ombre aux charmes moins tapageurs du voisinage. A
s'y pencher de plus près, pourtant, les qualités les plus flagrantes de cette
chanson emblématique - la pureté de ses lignes, la perfection de ses proportions,
son sens du détail - se retrouvent intactes sur la plupart des titres, au fil
desquels nos nouveaux amis dévoilent de très solides talents de bâtisseurs pop.


Mignonne cahute mangée par la
vigne vierge (la prometteuse miniature Start To Melt, qui
disparaît sous les parasites au bout de deux petites minutes), colimaçon
monumental (Up Against The Wall, longue plage circulaire et
hypnotique judicieusement placée au cœur de l'album) ou imposante cathédrale de
lumière (Roll The Credits, serein et aveuglant comme une montée
au ciel), le cahier des charges importe peu : le résultat ne manque jamais d'audace
ni de raffinement. D'autant que le trio, histoire de détourner les derniers
regards posés sur la concurrence, personnalise son ouvrage en y plaquant dès
qu'il le peut un chouette petit effet de signature : des percussions
élastiques par ci, un mini mur du son par là ou, fallait oser, un refrain
sifflé sur pas moins de trois morceaux consécutifs (Objects Of My
Affection, Young Folks et l'amusant Amsterdam
qui introduit Gary Numan auprès de Micheline Dax (sic et
resic)).


Cet éclectisme de façade est tempéré
par une mise en son très homogène, exercice de style nous renvoyant à l'époque
- mid 80s - où les frères Reid (The
Jesus & Mary Chain) croisaient le fer dans un déluge d'étincelles, ou à
celle - early 90s - où un tas de petits
groupes aussi sympathiques qu'oubliés (Adorable, ce genre),
jetaient un pont entre une noisy-pop sur le déclin et une brit-pop en
gestation. Noyé sous une reverb d'un autre âge, ce disque baigne du
début à la fin, malgré les variations de formes et de tempos, dans une
atmosphère intime et nostalgique (en attestent des...

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PETER, BJORN & JOHN: Writer's Block
note kweb

Label: Wichita
Date de sortie: 14/08/2006

Tracklist:
1. Writer s Block
2. Objects Of My Affection
3. Young Folks
4. Amsterdam
5. Start To Melt
6. Up Against The Wall
7. Paris 2004
8. Let s Call It Off
9. Chills
10. Roll The Credits
11. Poor Cow





PETER, BJORN & JOHN:
Writer's Block

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K!
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par Kaboom!
23-09-2006

Everybody writes, everybody plays, everybody sings, everybody's happy


Young Folks, la petite bombe scandinave dont nous sommes tombé raide dingue cet été (voir critique du single), a trois papas : Peter, Bjorn & John, Suédois inconnus jusqu'ici malgré sept ans de carrière et deux albums (non distribués, il est vrai, sous nos latitudes). En bonne logique (commerciale), leur nouvel essai - Writer's Block - aurait pu/dû n'être qu'une œuvrette opportuniste torchée rapidos dans la foulée d'un single miraculeux. Qui tend d'ailleurs, à la première écoute, à faire de l'ombre aux charmes moins tapageurs du voisinage. A s'y pencher de plus près, pourtant, les qualités les plus flagrantes de cette chanson emblématique - la pureté de ses lignes, la perfection de ses proportions, son sens du détail - se retrouvent intactes sur la plupart des titres, au fil desquels nos nouveaux amis dévoilent de très solides talents de bâtisseurs pop.

Mignonne cahute mangée par la vigne vierge (la prometteuse miniature Start To Melt, qui disparaît sous les parasites au bout de deux petites minutes), colimaçon monumental (Up Against The Wall, longue plage circulaire et hypnotique judicieusement placée au cœur de l'album) ou imposante cathédrale de lumière (Roll The Credits, serein et aveuglant comme une montée au ciel), le cahier des charges importe peu : le résultat ne manque jamais d'audace ni de raffinement. D'autant que le trio, histoire de détourner les derniers regards posés sur la concurrence, personnalise son ouvrage en y plaquant dès qu'il le peut un chouette petit effet de signature : des percussions élastiques par ci, un mini mur du son par là ou, fallait oser, un refrain sifflé sur pas moins de trois morceaux consécutifs (Objects Of My Affection, Young Folks et l'amusant Amsterdam qui introduit Gary Numan auprès de Micheline Dax (sic et resic)).

Cet éclectisme de façade est tempéré par une mise en son très homogène, exercice de style nous renvoyant à l'époque - mid 80s - où les frères Reid (The Jesus & Mary Chain) croisaient le fer dans un déluge d'étincelles, ou à celle - early 90s - où un tas de petits groupes aussi sympathiques qu'oubliés (Adorable, ce genre), jetaient un pont entre une noisy-pop sur le déclin et une brit-pop en gestation. Noyé sous une reverb d'un autre âge, ce disque baigne du début à la fin, malgré les variations de formes et de tempos, dans une atmosphère intime et nostalgique (en attestent des bribes de texte et une poignée de chansons aux intitulés de carte postale : Amsterdam, Paris 2004), assez proche du rêve éveillé. S'esquisse peu à peu un paysage flou et lumineux, avec ses bancs de brume effilochés, sa brise légère, son soleil qui tape mou... On s'y sent bien.

Le plus étonnant, peut-être : qu'un album aussi cohérent procède d'un effort collégial - voir le titre de cette chronique, credo du groupe tel qu'affiché sur MySpace. Derrière l'enseigne Peter, Bjorn & John se dissimule tout simplement la plus talentueuse des agences d'architecture et d'urbanisme en activité à Poptown. Isolées, les constructions ébauchées sur ces planches à dessin valent à coup sûr le détour. Accolées les unes aux autres (quelques vignettes ambient font office de ruelles, de passerelles, de terrains vagues), elles dessinent les contours d'une cité entre deux mondes, urbaine et bucolique, ni tout à fait moderne ni complètement surannée. Un espace au sein duquel les contradictions s'annulent, où, à l'instar de la pochette, les silos à grain défient les gratte-ciels, où la grisaille noisy se laisse doucement bouffer par l'azur mélodique. Un faubourg cosy, presque plan-plan, au confort duquel on a bientôt, malgré l'appel pressant de territoires bien plus aventureux, les pires difficultés à s'arracher : Writer's Block, l'air de rien, s'avère un piège des plus douillets.



 





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