Musique: Queens Of The Stone Age: Era Vulgaris | K-web

Dire que les Queens Of The Stone Age étaient attendus au tournant
tient de l'euphémisme. C'était déjà le cas d'ailleurs en 2005, au moment de la
sortie de Lullabies To Paralyze. Non seulement ils se devaient de
confirmer l'engouement général suscité par le magnifique Songs For The
Deaf, mais ils devaient faire face en outre au départ pour d'obscures
raisons de leur bassiste et membre co-fondateur Nick Oliveri, laissant Josh
Homme seul aux commandes d'un navire prenant dangereusement l'eau.
Finalement, le grand rouquin au physique de bûcheron balaiera d'un revers de la
main les inquiétudes des fans en sortant un pur chef d'œuvre qui confirma définitivement
ses talents de songwriter et minimisa au passage l'importance de l'implication
de son ex-compère barbichu au sein du groupe.


Pour la sortie d'Era Vulgaris,
cinquième album des Reines de l'Age de
Pierre, les appréhensions sont toujours aussi grandes. C'est ainsi, les
Queens Of The Stone Age se doivent de faire, si pas mieux, au moins aussi bien
que la galette précédente. On imagine donc la pression immense qui doit peser
sur les épaules de Josh Homme et de ses deux fidèles lieutenants, Troy Van
Leeuwen et Joey Castillo.


Produit par The Fififf Teeners, c'est-à-dire Josh Homme lui-même
et Chris Goss, son père spirituel, le Benoît XVI du Desert Rock, ce Era
Vulgaris commence en force avec Turnin' On The Screw et
son riff zeppelinien du troisième
millénaire. S'ensuit l'indus' Sick, Sick, Sick, appétissant premier
single du band, augmenté pour l'occasion de Julian Casablancas,
vocaliste des Strokes, accessoirement en quête de crédibilité. D'emblée,
un double constat s'impose : autant Lullabies To Paralyze pouvait avoir
un son poli, travaillé, autant cette plaque tranche par sa rudesse sonore,
presque garage. Le caractère mélodique du groupe semble également avoir disparu
pour laisser la place à une rythmique sauvage et une atmosphère malsaine
semblables au classique A Song For The Dead. Cette impression se
confirme à l'écoute du frénétique Battery Acid, ou encore du
tribal River In The Road, sur lequel on retrouve Mark
Lanegan aux chœurs. Plus encore qu'auparavant, les Queens Of The Stone
Age proposent une architecture musicale complexe dans laquelle Joey Castillo,
le premier batteur de l'histoire du groupe à enchaîner deux albums studio, se
sent comme un...

Kianti, K-web [kweb.be]
legende




Queens Of The Stone Age: Era Vulgaris
note kweb

Date de sortie: 12/06/2007

Tracklist:
1. Turnin' On The Screw
2. Sick, Sick, Sick
3. I'm Designer
4. Into The Hollow
5. Misfit Love
6. Battery Acid
7. Make It Wit Chu
8. 3's & 7's
9. Suture Up Your Future
10. River In The Road
11. Run Pig Run





Queens Of The Stone Age:
Era Vulgaris

K!
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par Kianti
12-06-2007

Homme Sweet Homme


Dire que les Queens Of The Stone Age étaient attendus au tournant tient de l'euphémisme. C'était déjà le cas d'ailleurs en 2005, au moment de la sortie de Lullabies To Paralyze. Non seulement ils se devaient de confirmer l'engouement général suscité par le magnifique Songs For The Deaf, mais ils devaient faire face en outre au départ pour d'obscures raisons de leur bassiste et membre co-fondateur Nick Oliveri, laissant Josh Homme seul aux commandes d'un navire prenant dangereusement l'eau. Finalement, le grand rouquin au physique de bûcheron balaiera d'un revers de la main les inquiétudes des fans en sortant un pur chef d'œuvre qui confirma définitivement ses talents de songwriter et minimisa au passage l'importance de l'implication de son ex-compère barbichu au sein du groupe.

Pour la sortie d'Era Vulgaris, cinquième album des Reines de l'Age de Pierre, les appréhensions sont toujours aussi grandes. C'est ainsi, les Queens Of The Stone Age se doivent de faire, si pas mieux, au moins aussi bien que la galette précédente. On imagine donc la pression immense qui doit peser sur les épaules de Josh Homme et de ses deux fidèles lieutenants, Troy Van Leeuwen et Joey Castillo.

Produit par The Fififf Teeners, c'est-à-dire Josh Homme lui-même et Chris Goss, son père spirituel, le Benoît XVI du Desert Rock, ce Era Vulgaris commence en force avec Turnin' On The Screw et son riff zeppelinien du troisième millénaire. S'ensuit l'indus' Sick, Sick, Sick, appétissant premier single du band, augmenté pour l'occasion de Julian Casablancas, vocaliste des Strokes, accessoirement en quête de crédibilité. D'emblée, un double constat s'impose : autant Lullabies To Paralyze pouvait avoir un son poli, travaillé, autant cette plaque tranche par sa rudesse sonore, presque garage. Le caractère mélodique du groupe semble également avoir disparu pour laisser la place à une rythmique sauvage et une atmosphère malsaine semblables au classique A Song For The Dead. Cette impression se confirme à l'écoute du frénétique Battery Acid, ou encore du tribal River In The Road, sur lequel on retrouve Mark Lanegan aux chœurs. Plus encore qu'auparavant, les Queens Of The Stone Age proposent une architecture musicale complexe dans laquelle Joey Castillo, le premier batteur de l'histoire du groupe à enchaîner deux albums studio, se sent comme un poisson dans l'eau. Multipliant breaks, contretemps et cassures rythmiques, il éclabousse littéralement le disque de sa présence.

Le timbre de voix cristallin de Josh Homme arrive, quant à lui, toujours en contrepoint des riffs de guitares acérés (3's & 7's). De son côté, Into The Hollow, avec sa petite mélodie au piano en introduction et ses chœurs poignants dans sa phase finale, constitue un des sommets de l'album. Et que dire de Suture Up Your Future, se dandinant tout en retenue pour ensuite être emporté dans un tourbillon sonore dévastateur. Comme d'habitude, Josh Homme et sa bande continuent de mettre en valeur les différentes pépites des cultissimes Desert Sessions. Ici, c'est la fameuse ballade Make It Wit Chu, issue du Volume 9 et 10 et déjà présente sur Over the Years And Through The Woods, qui est à l'honneur dans une version quasi semblable à l'originale. Par contre, on regrettera l'absence de la chanson titre, Era Vulgaris (You Know What You Did), avec Trent Reznor en guest, qui aurait à coup sûr apporté une plus-value à l'ensemble.      

Même s'il peut dérouter à première écoute, Era Vulgaris est loin de donner le signal d'alarme redouté et rassure quant à l'avenir du groupe. Les Queens Of The Stone Age proposent ici un album dur, sombre, et complexe. Plusieurs écoutes seront nécessaires pour en apprécier les subtilités. Moins immédiat, il semble ne pas être du même tonneau que ses prédécesseurs. Malgré tout, la musique de QOTSA reste d'un très haut niveau, prenant le joli pari de s'imposer dans la durée à une époque caractérisée par la consommation rapide et éphémère.

 

                                                              Sick, Sick, Sick



Moyenne des verdiKts:
3/5

Vos Kommentaires

K!
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monsieur john
12/06/2007 04:24
4/5
J'y vais d'une 4ème étoile de mon coté.  
J'aime employer le mot boucherie pour parler de c't'album. Et j'ai la chance d'avoir la version UK avec Era Vulgaris et surtout le splendide et trop court Running Joke en bonus.  
 
Néanmoins, je suis pas d'accord sur le fait que le coté mélodique du groupe aurait disparu. Même si c'est vrai que la prod ( des grattes notament ) est plus crade, c'est indéniable, on retrouve tout de même ces harmonies et ces suites d'accords sorties directos de la pop 60's sur la plupart des tracks ( mis à part Sick, Sick, Sick qui doit être un des morceaux les plus toxique, les plus malsain, les plus fluo que j'ai entendu ces derniers temps: ce refrain, j'aurais fait du mal à ma maman pour avoir l'occaz de l'écrire ).
K!
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CastorJovial
12/06/2007 08:49
3/5
Je l'ai trouver hier et pour le moment je suis un peu déçu même si comme tout le monde je trouve le single avec le chanteur des Strokes vraiment acrocheur. Je réécoute quelques jours et je redis quoi.
K!
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HansGroeber
12/06/2007 09:48
2/5
Si ça n'avait pas été un album des QOTSA, il serait passé à la trappe direct. On est plus tolérant avec Era Vulgaris en raison du passif du groupe, mais franchement on est loin, très loin, des morceaux imparables qui existaient sur chacun des précédents albums. 
 
C'est plus culoté, plus rudimentaire, plus Eagles of Death Metal Friendly, mais ce retour à l'age de pierre nous prive d'un des plus gros atouts du groupe : sa puissance mélodique. Les guitarres restent en avant, mais les riffs courts et dissonants n'ont pas le même impact et les morceaux sonnent moins construits, moins efficaces. Restent de tres bons moments qui auraient dû être associés à d'autres inexistants pour faire un véritable bon album.  
 
Heureusement que la notoriété du groupe pousse les gens à aller plus loin que les premières écoutes... seul moyen d'en tirer malgré tout quelque chose... et pour ce qui est du "splendide" Running Joke, faut pas exagérer hein, tu peux juste dire que tu as la version UK au cas où ton city trip à Londres impressionnerait quelqu'un, mais le morceau casse vraiment rien et je ne vois pas pourquoi tu le mets en avant...
K!
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kostanza
13/06/2007 06:13
2/5
Le débat avec mes très chers amis aficionados de Qotsa kianti et brockoli est sans fin depuis le départ de Nick Olivieri. Je me suis toujours inquiété de la direction que prenait le groupe depuis Lullabies to Paralyze. Mr je montre ma zigounette à qui mieux mieux restait quand même garant de l'esprit punk rock du groupe que mon grand enthousiasme rock vénérait au plus haut point. L'écoute d'Era Vulgaris confirme mes craintes. 
Je reste convaincu que le meilleur album (avec Rated R et Songs for the Deaf très légèrement en dessous) est le premier et que leur meilleur morceau est You Can't Quit Me Baby. Ou est passé l'esprit psychédélique d'un Auto Pilot ou d'un I Think I 've Lost My headache? Peut-être embrumé par la volonté de crédibilité de Josh. Parce que le dernier je ne le trouve pas rêche, je le trouve intello. Je rejoins totalement Hans Groeber quand il dit que les morceaux ne sont pas assez construits. Il n'y a pour le moment que Turning Up the Screw, Make It With Chu et Run Pig Run que je trouve efficaces. Sick Sick Sick me fait penser aux Foo Fighters (il porte donc très bien son nom). 
J'ai vraiment donc beaucoup de mal pour le moment. Mais il mérite sans doute que je persévère. Effort que je n'aurais pas fait avec d'autres. Et évidemment il faut voir ce que tout ça donne en live.
K!
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kianti
13/06/2007 09:03
Tout d'abord, j'aimerais que l'on me donne la définition d'un morceau construit. Chaque chanson est construction. Elle peut être simple, et donc immédiate, ou alors complexe et beaucoup plus difficile à cerner. Sur cet album, je pense que QOTSA prend le pari de proposer quelque chose qui ne saute pas aux yeux dès les premières écoutes. Pourtant, depuis ses débuts, le groupe compose ce type de chansons. Par exemple, et puisque Kostanza semble être resté scotché sur l' (excellent) premier album, je pourrais lui sortir le déjanté "Hispanic Impression", ou bien "Born To Hula", composé alors que le groupe s'appelait toujours Gamma Ray.  
Pour ce qui est de la direction prise par le groupe depuis le départ forcé de Nick Oliveri, il suffit d'écouter les albums de Mondo Generator (et surtout le dernier) pour se rendre compte que sa contribution au sein de QOTSA était plus que minime. Pour ce qui est du côté punck rock du groupe, je pense que des morceaux comme "Quick And To The Pointless", "Tension Head" (présent sur le premier Mondo Generator), ou encore "Six Shooter" demeurent plus qu'anecdotiques. Pour moi, la seule perte due au départ de Nick Oliveri, c'est sa fameuse présence scénique (pour cela, il n'avait pas besoin d'être à poil, c'est tout de même triste de ne retenir que cela) et ses talents de vocaliste lorsqu'il ne hurlait pas. Enfin, je signalerai que Nick Oliveri n'a rien enregistré du tout sur le premier album éponyme, bien qu'il apparait sur la pochette. 
Et pour conclure, la seule chose que je regrette avec les Queens Of The Stone Age, c'est le fait d'avoir cessé de composer des pièces d'un psychédélisme tel qu'ils nous faisaient entrer dans une sorte de monde parallèle. 
Enfin, et je m'arrête, la plus grande perte, c'est la mise à l'écart de Mark Lanegan, réduit à quelques choeurs sur ce dernier album.
K!
Voir la K-id de CastorJovial
CastorJovial
13/06/2007 09:27
3/5
Je l'ai récouté quelques fois et j'acroche de plus en plus, même si je pense que je préferais les deux albums d'avant.
K!
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kostanza
13/06/2007 18:27
2/5
Je reviens à la notion de plaisir. Pourtant fan du groupe depuis un certain temps, je n'arrive pas à trouver l'excitation que Song for The Dead, Regular John ou You Would Know arrive toujours à me procurer après tant de temps.  
Et il serait en effet simpliste de réduire l'échec tout relatif d'Era Vulgaris au départ de Nick Olivieri. Je trouve Kianti juste un peu réducteur sur sa participation. Ne chante-il pas sur Auto Pilot (à confirmer)? Et Millionnaire? Et Back To Dungaree High? 
La voix caverneuse de Mark Lanegan me manque aussi bien sûr.  
Le tout fonctionnait juste sur un équilibre parfait avec un Josh Homme musicien exceptionnel, chanteur parfait mais leader un peu too much. Il a toujours prétendu qu'il voulait s'affranchir du stoner (avec la même assurance que quand il prétendait ne pas connaître Black Sabbath dans Kyuss). Il l'avait fait avec beaucoup de réussite sur Lullabies To Paralyze. Era Vulgaris est moins abouti c'est tout. Allez on se roulera de toute façon dans la terre rouge pour apprécier tout cela sur scène. Terminons sur beaucoup de mauvaise foi. La pochette est vraiment très laide aussi.....
K!
Voir la K-id de broKoli
broKoli
14/06/2007 09:32
3/5
Je partage entièrement l'avis de Kianti (et il le sait) sur l'album et surtout sur le départ de Nick Oliveri qui n'aura été qu'un parasite profitant du talent et du génie de Homme. Je rajouterai juste que oui cet album n'est pas sans doute pas le meilleur des QOTSA mais imaginer seulement ce que vous allez vous prendre dans les dents quand ils vont le jouer sur scène!

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