Musique: Sophia: Technology Won't Save Us | K-web

L'automne
est bel et bien là. L'heure est donc à la tristesse et aux dépressions
post-estivales, et ce n'est pas le nouvel album de Sophia qui va darder
le rayon de soleil dont on aurait besoin. Pas vraiment le genre de la maison. Car Robin
Proper-Sheppard, leader incontesté de la formation, a toujours le don de
composer des chansons qu'il est préférable de consommer à côté d'une boîte de
Kleenex king size.


10 ans ont
passé entre le déchirant et dépouillé Fixed
Water et cet inégal nouvel album. Il faut bien l'avouer, les ballades
tristes et larmoyantes du bonhomme commencent à lasser. Jouées sur un rythme
lent, Proper-Sheppard gratouille ici à l'infini des mélodies où le mielleux a
tendance à se le disputer au pompeux. En tout cas, l'effet est immédiat :
on sombre littéralement dans un état de léthargie dont il est difficile de
s'extirper.


Pourtant,
tout n'est pas à jeter sur cet album. La plage instrumentale d'introduction (Technology
Won't Save Us), avec son crescendo culminant sur une nappe de guitares
surpuissantes, surprend et séduit. Sans être original, Pace
montre le groupe sous un jour presque joyeux. Sur les deux derniers morceaux,
les guitares se lâchent et s'électrifient. A la fois sombre et inquiétant, Cherry
Trees And Debt Collectors rappelle les riches heures de Proper-Sheppard
au sein de The God Machine. L'instrumental Theme For The May Queen
N°3, allusion évidente à The
May Queens, autre projet de notre homme, se veut carrément féroce,
presque hardcore.  


Proper-Sheppard
confirme donc l'impression mitigée qu'il avait laissée sur People Are Like Seasons, son
précédent effort. On le sent tiraillé entre une volonté manifeste de changement
et un certain immobilisme sans doute en partie dicté par ses fans purs et durs.
On aurait envie de lui dire de se lâcher et de faire rugir son côté obscur sous
un flot ininterrompu de guitares enragées, comme The God Machine savait si bien
le faire. A la place, notre homme continue de s'enfermer dans un carcan qu'il
n'assume plus tout à fait, tout en donnant l'impression d'une certaine
complaisance. On ose espérer qu'avec Technology
Won't Save Us, on en est
toujours au stade d'une simple transition. Avant un nouveau départ...

Kianti, K-web [kweb.be]
legende




Sophia: Technology Won't Save Us
note kweb

Date de sortie: 27/10/2006

Tracklist:
1. Technology Won't Save Us
2. Pace
3. Where Are You Now
4. Big City Rot
5. Twilight at the Hotel Moscow
6. Birds
7. Lost (She believed in angels...)
8. Weightless
9. P.1/P.2 (Cherry Trees and Debt Collectors)
10. Theme for the May Queen No. 3





Sophia:
Technology Won't Save Us

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K!
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par Kianti
25-10-2006

Morne saison


L'automne est bel et bien là. L'heure est donc à la tristesse et aux dépressions post-estivales, et ce n'est pas le nouvel album de Sophia qui va darder le rayon de soleil dont on aurait besoin. Pas vraiment le genre de la maison. Car Robin Proper-Sheppard, leader incontesté de la formation, a toujours le don de composer des chansons qu'il est préférable de consommer à côté d'une boîte de Kleenex king size.

10 ans ont passé entre le déchirant et dépouillé Fixed Water et cet inégal nouvel album. Il faut bien l'avouer, les ballades tristes et larmoyantes du bonhomme commencent à lasser. Jouées sur un rythme lent, Proper-Sheppard gratouille ici à l'infini des mélodies où le mielleux a tendance à se le disputer au pompeux. En tout cas, l'effet est immédiat : on sombre littéralement dans un état de léthargie dont il est difficile de s'extirper.

Pourtant, tout n'est pas à jeter sur cet album. La plage instrumentale d'introduction (Technology Won't Save Us), avec son crescendo culminant sur une nappe de guitares surpuissantes, surprend et séduit. Sans être original, Pace montre le groupe sous un jour presque joyeux. Sur les deux derniers morceaux, les guitares se lâchent et s'électrifient. A la fois sombre et inquiétant, Cherry Trees And Debt Collectors rappelle les riches heures de Proper-Sheppard au sein de The God Machine. L'instrumental Theme For The May Queen N°3, allusion évidente à The May Queens, autre projet de notre homme, se veut carrément féroce, presque hardcore.  

Proper-Sheppard confirme donc l'impression mitigée qu'il avait laissée sur People Are Like Seasons, son précédent effort. On le sent tiraillé entre une volonté manifeste de changement et un certain immobilisme sans doute en partie dicté par ses fans purs et durs. On aurait envie de lui dire de se lâcher et de faire rugir son côté obscur sous un flot ininterrompu de guitares enragées, comme The God Machine savait si bien le faire. A la place, notre homme continue de s'enfermer dans un carcan qu'il n'assume plus tout à fait, tout en donnant l'impression d'une certaine complaisance. On ose espérer qu'avec Technology Won't Save Us, on en est toujours au stade d'une simple transition. Avant un nouveau départ...



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