A l'heure où nos amis français tentent désespérément de profiter
des derniers remous de la vague garage chère aux Libertines et Strokes par
l'intermédiaire des singeries pseudo rock des jeunes têtes à claques de Naast ou de la power pop indigeste des
affligeantes Plasticines, il est
intéressant de voir à quelle point semblable recette, transposée sur les rives
de nos autres voisins (anglais, pour ceux qui débarquent), peut parfois se révéler
ô combien plus ludique et savoureuse. Pas question pourtant de trouver ici un
semblant de sympathie au concept insupportable et éculé de « hype »
cher à cette perfide Albion, mais force est de reconnaître que, dans certains
cas, emballage et contenu côté Grande Bretagne peuvent se montrer autrement
plus excitants que les niaiseries du continent.
En témoigne la dégaine pas piquée des hannetons du quintet
londonien de The Horrors : coiffures à la Mireille Mathieu sous ecstasy, maquillage outrancier
à faire passer Robert Smith pour un
(gros) lapin albinos, et garde robe directement récupérée dans le caveau familial
du comte Dracula. Une combinaison à priori suprêmement énervante si elle
n'était pas couplée à une indéniable qualité musicale. Parce qu'avant d'être
une usine à vendre des chemises à jabots et des vestes edwardiennes en velours
rouge à des cohortes d'adolescents en recherche d'identité, The Horrors est surtout une véritable machine
à tubes sombres, déglingués et venimeux. On se surprend à hurler à la lune et à
onduler convulsivement, telle une armée de zombies unijambistes, sur les Jack
The Ripper, Draw Japan, Count In Fives, Gloves, Little
Victories, Sheena Is A Parasite et autres Thunderclaps. Le mérite
en revient à une relative originalité dans la combinaison d'influences (les
productions Hammer, le garage rock
des sixties, The Cramps), ce qui se
doit d'être souligné en cette époque où les teenagers ne jurent plus que par
les frasques de Pete Doherty, et à
un non moins excitant assemblage d'instruments boiteux, sauvages et
définitivement crapuleux (Frankenstein
et sa créature n'est pas loin): orgue bancal et baveux, riffs de guitare rêches
et claquants comme des fouets et section rythmique parkinsonienne sur fond de
vociférations d'amputé sans anesthésie et de chœurs blafards. Teigneux et
imparable.
Ajoutés à cela des prestations live cataclysmiques et le retour du grand
Chris Cunningham, expressément sorti
de...
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Date de sortie: 05/03/2007 Tracklist: 1. Jack The Ripper 2. Count In Fives 3. Draw Japan 4. Gloves 5. Excellent Choice 6. Little Victories 7. She Is The New Thing 8. Sheena Is A Parasite 9. Thunderclaps 10. Gil Sleeping 11. Train Roars 12. Death At The Chapel The Horrors:
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