On n’y
était pas mais on n’a aucun mal à imaginer la rencontre entre Brian ‘Android’
Carney, fraîchement débarqué de la prolétaire Liverpool, et Benjamin
‘Miam’ Schoos, incontournable figure contre-culturelle de notre tout aussi
industrielle Cité ardente : dans un vidéo-club serésien ou flémallois, entre le
présentoir à Chipitos et un mur de vieilles cassettes Troma aux boîtiers
délavés par des années de lente exposition au soleil pâle et voilé du bassin
mosan. Visiblement, les eaux troubles de la Meuse et de la Mersey charrient le
même toxique inoculateur de passion immodérée pour le nanar inénarrable.
Certes, Miam
Monster Miam ne participe ici que de loin, se contentant pour épauler son correspondant britannique
de déléguer quelques-uns de ses plus précieux collaborateurs (Sophie
Galet, Pascal Schyns, Henry Graetz) mais sa patte, son univers, comme on dit
dans les télécrochets, restent présents tout au long d’un disque qui, de A comme
Alien à Z comme Zodiaque, revisite plusieurs décennies de culture bis, du slasher
au film de zombies en passant par le space-opera érotique et le western
spaghetti et s’amuse à réciter sur des accords ébouriffés des fiches-résumés de
films-cultes, tels Barbarella ou
Dawn of the Dead. Si le BIFFF se cherche un hymne, il n’a que l’embarras du
choix.
L’aspect le
plus authentiquement anglais de ce disque tient sans doute à son titre fier-à-bras
: comme tant d’autres enfants d’Albion, Carney se sert de son arrogance potache
à la fois comme d'un bélier et d’un bouclier. Car s’il faut un sacré culot pour débarquer avec un premier
album baptisé Pop Garage Symphony no.9
(rien de moins), il faut surtout un foutu talent pour assumer haut la main
pareille fanfaronnade. Pour l’aspect pop, y a pas photo : tous les
titres se sifflotent, se chantonnent ou se hurlent, se dodelinent ou se
dandinent. Le sticker ‘garage’ n’est pas davantage galvaudé : l’album
donne bel et bien l’impression d’avoir été enregistré entre un sèche-linge, trois
chaises en plastique, un vieux sac effondré de charbon de bois moisi et une table
de ping-pong repliée contre un mur en parpaings. Quant au clin d'oeil à la neuvième de Beethoven,
c’est encore plus prétentieux et tout aussi bien vu puisque ce coup d’essai et de maître s’impose
les doigts dans le nez comme une...
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Label: Freaksville / Bang! Tracklist: 1. Hong Kong Slasher 2. Twilight Salope 3. Black Mountain Blues 4. Hit Parade Creature 5. Zombie Nation III 6. Yo Macumba! 7. UFO Goes UFA Theme 8. Interlude extraterrestre 9. Starsign Voodoo Killer 10. The Pipeau, The Good & The Bad UFO Goes UFA:
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