Disons-le tout de suite : 300 n'est pas un film de
chochottes !! L'adaptation du comics éponyme de Frank Miller sent la
testostérone, la salle de gym et le vestiaire de chippendales quand ça déborde
de muscles comme un t-shirt XS sur Mister Univers !
Ici, pas de second degré, de sous-texte ou de
métaphore. Ca doit faire mal et tout de suite.
300, c'est l'apologie de la guerre avec rejet de la diplomatie et discours
réac' totalitaire à l'image de ce protagoniste qui traite les Athéniens de
philosophes dégénérés et de pédophiles (c'est vrai qu'il y a pas mal de gamins
en slip tout au long du film).
Thématique délicate permettant moult analogies
avec un certain climat politique actuel qu'on prendra soin de mettre de côté
pour ne regarder que l'objet filmique en tant que tel et laisser toute
l'ambiguïté subséquente à l'histoire ou la mythologie. Il faut dire qu'à
Sparte, on ne rigolait pas pour rien !! La naissance était placée sous le
signe de l'eugénisme : les bébés les plus faibles étaient sacrifiés à la
rocaille et aux renards. Les plus vigoureux devenaient des soldats prêts à
faire la guerre et à nourrir la terre de leur sang !
Dès lors, nul ne s'étonnera de voir
l'enthousiasme manifesté par les 300 valeureux soldats pour combattre les
hordes de Perses (qui étaient plus de 200 000, selon la légende) et par là même
nous amener au vif saignant du sujet.
Après une rapide mise en bouche abordant la
vie à Sparte et le parcours initiatique de Léonidas, esquissée de façon frugale
par le réalisateur de Dawn of the dead, nous entrons en zone de combat,
moment choisi pour cautionner le full numérique du film. La technologie
magnifiée par Sky Captain and the World of Tomorrow et entérinée dans le
Sin City de Roberto Rodriguez (encore une adaptation de Frank Miller)
est portée à son pinacle par un Zack Snyder qui a su donner au blue screen tout
son sens artistique. 300 adopte une
véritable cohérence esthétique permettant de percevoir les combats comme une
succession de tableaux stylisés comme les peintures de Bosch et Dürer sans
renier l'apologie des corps d'un David. Fort de sa plastiques masculines
magnifiée de clairs-obscurs, le Spartiate est physiquement parfait, semblable à
une sculpture de Michel-Ange qui affronte un danger sans visage dans des
combats irréels et ultra-esthétiques. Contrairement à cette identité propre (liée
à une même cause...