Cinéma: Apocalypto | K-web


Il paraît que Mel
Gibson est brutal et qu'il y en a encore que ça étonne. L'acteur/réalisateur australien a commencé dans MAD MAX. Il
aurait pu courir d'autres castings, mais il a entre autre choisi celui là et ce
fut la première marche de son ascension vers la star hollywoodienne qu'il est
aujourd'hui. Par la suite, si Mel s'est déjà laissé allé à des choses plus
légères (WHAT WOMEN WANT), il faut garder à l'esprit que même au cœur d'une
comédie d'action comme LETHAL WEAPON, le Sgt. Riggs trouvait le temps
d'exploser la tête d'un malfrat entre la portière d'une voiture et son châssis...
Bien sûr, il y a d'autres moyens d'exprimer sa colère, mais cette idée est
venue de Mel Gibson et Richard Donner l'a approuvée acceptant de la tourner
sans la gore touch qui qualifie le réalisateur de BRAVEHEART depuis qu'il est
passé derrière la caméra.


A première vue, il semblerait que Mel Gibson aime la torture
et le sacrifice. BRAVEHEART et THE PASSION OF CHRIST le prouvent. APOCALYPTO le
confirme, mais ce qui était la conséquence d'une rébellion dans les deux
premiers cas en est ici la cause. A mieux y regarder, Mel Gibson est avant tout
un résistant. Et si son Jésus a la réputation de tendre l'autre joue lorsqu'on
lui gifle la première, il est probable qu'une bande de ritals en sandalettes n'auraient
pas osé lever la main sur lui s'il s'était appelé William Wallace ou Jaguar
Paw, héros de ce film qui n'a rien à envier au John Rambo de FIRST BLOOD. Un
homme poussé par d'autres à ne plus subir la loi arbitraire du plus grand
nombre. Une proie poussée à bout qui devient le plus redoutable des chasseurs.
Celui qui chasse à domicile et qui est en osmose avec son élément...


Enfin, il faut savoir que Mel Gibson est un réalisateur
symbolique qui construit ses films comme on écrit une parabole (comme cette
prophétie de l'homme jaguar qui s'accomplit point par point) à la différence
que l'histoire qu'il raconte ne s'adresse pas à la multitude. On la réservera à
un public passionnel qui accepte de se laisser emporter dans une aventure
apocryphe comme un toxico qui a touché sa paie le jour d'une soirée Jungle. On
est d'accord que le mec a un passif people « Dieudonnisant », mais encore
plus que les tirades contre Rabbi Jacob, c'est le style Gibson qui dérange. Une
tendance baroque à filer vers...

domeniKo, K-web [kweb.be]
legende




Apocalypto
note kweb

Sortie: 07/03/2007

Durée: 138 min

De: Mel Gibson




Apocalypto

Jeune père porteur de grandes espérances pour son petit village, Patte de Jaguar vit une existence paisible brusquement perturbée par une violente invasion. Capturé et emmené de force pour être offert en sacrifice aux dieux, il devra affronter ses plus grandes peurs pour s'enfuir et porter secours à sa famille...

K!
Voir la K-id de domeniko
par domeniKo
05-03-2007

Monsieur elle est pas là Pocahontas ?


Il paraît que Mel Gibson est brutal et qu'il y en a encore que ça étonne. L'acteur/réalisateur australien a commencé dans MAD MAX. Il aurait pu courir d'autres castings, mais il a entre autre choisi celui là et ce fut la première marche de son ascension vers la star hollywoodienne qu'il est aujourd'hui. Par la suite, si Mel s'est déjà laissé allé à des choses plus légères (WHAT WOMEN WANT), il faut garder à l'esprit que même au cœur d'une comédie d'action comme LETHAL WEAPON, le Sgt. Riggs trouvait le temps d'exploser la tête d'un malfrat entre la portière d'une voiture et son châssis... Bien sûr, il y a d'autres moyens d'exprimer sa colère, mais cette idée est venue de Mel Gibson et Richard Donner l'a approuvée acceptant de la tourner sans la gore touch qui qualifie le réalisateur de BRAVEHEART depuis qu'il est passé derrière la caméra.

A première vue, il semblerait que Mel Gibson aime la torture et le sacrifice. BRAVEHEART et THE PASSION OF CHRIST le prouvent. APOCALYPTO le confirme, mais ce qui était la conséquence d'une rébellion dans les deux premiers cas en est ici la cause. A mieux y regarder, Mel Gibson est avant tout un résistant. Et si son Jésus a la réputation de tendre l'autre joue lorsqu'on lui gifle la première, il est probable qu'une bande de ritals en sandalettes n'auraient pas osé lever la main sur lui s'il s'était appelé William Wallace ou Jaguar Paw, héros de ce film qui n'a rien à envier au John Rambo de FIRST BLOOD. Un homme poussé par d'autres à ne plus subir la loi arbitraire du plus grand nombre. Une proie poussée à bout qui devient le plus redoutable des chasseurs. Celui qui chasse à domicile et qui est en osmose avec son élément...

Enfin, il faut savoir que Mel Gibson est un réalisateur symbolique qui construit ses films comme on écrit une parabole (comme cette prophétie de l'homme jaguar qui s'accomplit point par point) à la différence que l'histoire qu'il raconte ne s'adresse pas à la multitude. On la réservera à un public passionnel qui accepte de se laisser emporter dans une aventure apocryphe comme un toxico qui a touché sa paie le jour d'une soirée Jungle. On est d'accord que le mec a un passif people « Dieudonnisant », mais encore plus que les tirades contre Rabbi Jacob, c'est le style Gibson qui dérange. Une tendance baroque à filer vers l'essentiel avec une telle détermination qu'on a parfois l'impression qu'il s'allège en cours de route d'un scénario digne de ce nom. C'est justement là toute la différence entre un DANCES WITH WOLVES et un APOCALYPTO. Les deux films cassent de l'indien en mode cruel et pourtant leur réception diffère. Sous le couvert d'une histoire d'honneur, d'amour et de déchirement avec quelques enfilades romantiques sur peau d'ours, le film de Kevin Costner est qualifié de « beau film » alors que celui de Gibson est juste rabaissé au rang des « films violents » au motif que ce dernier ne s'encombre pas de stars, de dialogues romanesques et de sous-intrigues diluées dans des papouilles à la lumière d'un feu de camp... C'est parce qu'il économise ce temps là que Mel Gibson est un formidable réalisateur d'action. Ok, il n'y a pas vraiment d'histoire riche en intrigues, complots, trésors cachés et explications mythologiques sur le peuple inca. Juste un mec qui ne se laisse pas faire et qui a très envie de sortir sa Pocahontas et ses gamins d'un trou. C'est un scénario de Game Boy et pour ceux qui voulaient profiter du film pour se plonger scolairement dans la culture Maya, la déception est grande. Quel foutage de gueule! Vite, un album d'Hergé que je retrouve ce bon vieux Tintin se faire sentir par un Milou tout excité par les Aztèques raisonnables du TEMPLE DU SOLEIL. Avec eux on sait qu'on aura l'occasion de négocier la libération de Tournesol sans salir les belles plumes qui rappellent le carnaval de Rio... et puis le running gag du capitaine Haddock et du lama, c'est quand même autre chose que cette histoire de poil à gratter sur la bite ! Avec ce genre de références, le film fait l'effet d'un bizutage qui passerait par 2 minutes d'apnée dans une baignoire de tripaille sanguinolente et de merde de porc. Mais en se limitant à une culture BD et en allant faire un tour du côté d'ALIX ou de THORGAL (La Cité des Dieux), on ne peut s'empêcher de noter à quel point Gibson a renforcé sa crédibilité en peaufinant son contexte. Comme pour THE PASSION OF CHRIST, l'utilisation d'une langue originale va dans ce sens, mais les costumes et la reconstitution d'une cité flamboyante de réalisme à la Chichen itza complètent l'impression de dépaysement qu'apporte ce casting d'acteurs inconnus qui ont sans exceptions la gueule de l'emploi ! Sans aller jusqu'au bizutage vétérinaire,  APOCALYPTO est pourtant un baptême. Celui d'un homme pour qui le sang et la jungle organisent un rite de passage inverse. L'homme qui retrouve l'instinct animal en même temps que la conscience qu'il a en lui le pouvoir de la révolte. Que son destin n'est pas inexorablement celui de l'esclave d'autres hommes qui se sont détournés du dieu écologique qui les nourrit pour alimenter des divinités célestes plus impressionnantes. Des idoles attirantes qui captivent les foules intoxiquées par un culte barbare qui se résume à verser le sang de leurs pairs pour apaiser le ciel. L'homme est un loup pour l'homme et il n'y a pas de sens dans cette affirmation. L'arrivée des Conquistadors n'est qu'une illustration de plus, la résistance en moins. Voilà pour le message après il faut que ça pète et que ça reste simple pour conserver la valeur des symboles.

Voilà pourquoi la structure d'APOCALYPTO est un archétype de construction à deux vitesses qui évite les détours. Une première partie ou l'on marche et une deuxième ou l'on court. Le sursaut au centre. La mort au milieu. Le carnage au milieu. Mel insiste. Quand on est môme et qu'on fait le malin, il y a une scène d'INDIANA JONES & THE TEMPLE OF DOOM qu'on retient parce qu'un sorcier qui arrache à mains nues le cœur d'un pakistanais, ça fait réfléchir les enfants. Une fois qu'on l'a vu faire, on a peur pour Indy, même si quelque part on commence à savoir qu'il va échapper in extremis au sort du figurant, on est déjà plus totalement hypnotisés par la magie vaudou du cinéma. Ce temps de réflexion, le réalisateur d'APOCALYPTO nous l'impose durant la scène des sacrifices, climax qui coupe le film (et quelques pauvres types) en deux. Pour être certain que tous le monde flippe, il arrache un deuxième puis un troisième organe palpitant avec le même niveau de détail. Vu comme ça, l'acte n'a rien de gratuit. Il recharge en tension une séquence durant laquelle l'inconscient du spectateur est drillé pour subir les pires supplices convaincu qu'ils ne se produiront qu'une seule fois. Imaginez la sensation éprouvée avant le dernier coup de botte s'il y avait eu trois blacks alignés les dents sur le trottoir de cette scène nocturne d'AMERICAN HISTORY X... Trop peu pour s'y habituer, assez pour ressentir une crainte anticipative sans être ménagé par l'effet de surprise du premier coup. On sait ce qu'il va se passer et c'est graphiquement répugnant.

Au final, APOCALYPTO a la même force qu'un FIRST BLOOD, mais il ne se cache pas derrière le traumatisme de la guerre du Vietnam pour légitimer ses actes. L'homme est un loup pour l'homme et il n'y a pas vraiment de justification à cette affirmation. Expliquer son contexte reviendrait à lui trouver des excuses et Mel Gibson ne cherche pas à développer. Il donne juste un exemple primitif et imagé. Une histoire allégorique comme on en raconte depuis la nuit des temps...  et qu'on retient !



Vos Kommentaires

K!
Voir la K-id de Ironside
Ironside
09/04/2007 17:24
Pas d'accord.

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