On était
quasiment sans nouvelles de Paul Verhoeven (Robocop, Total Recall, Basic
Instinct, Showgirls, Starship Troopers) depuis sa très réussie réappropriation
du mythe de l'homme invisible en 2000 avec Hollow
Man. On savait juste que celui qu'on surnomme le hollandais violent avait
décidé de retourner dans son pays natal tourner un projet qu'il portait, selon ses
dires, en lui depuis 20 ans. Une histoire de guerre, de résistance, de
trahisons qui, sur le papier, évoquait un de ses succès pré période américaine,
Soldier Of Orange (1977) avec Rutger
Hauer. De la part d'un réalisateur aussi inconstant que réellement subversif,
on était au moins en droit d'attendre un film historique plus proche de la
marge que des productions archi balisées auxquelles on nous habitue dans le genre.
Destin de femme
brisée sur fond de résistance, Black Book n'est malheureusement qu'un film sur
la guerre de plus. Qui en dénonce salutairement les absurdités mais sans
qualité particulière (et à la réflexion d'ailleurs, avec pas mal de défauts). Il
est important de se souvenir que les conflits armés sont absurdes, que la
guerre c'est mal, que les nazis étaient méchants et que les Juifs ont souffert,
c'est clair. Mais à l'instar d'un film comme Indigènes, un sujet et des
thématiques hautement louables ne font pas un bon film.
Surtout que celui-ci a tout du
téléfilm conscientiseur plan plan, sans véritable point de vue, sans
proposition formelle solide pour étayer un propos pris dans un paradoxe de
taille (force et importance indéniable du sujet systématiquement désamorcées
par sa répétition au fil du temps) dont Verhoeven ne se dépêtre pas, incapable qu'il
se montre ici à en transcender la teneur morale voire didactique. Sans compter
une méchante faute de goût: une photographie léchée qui n'a rien à faire là,
esthétisant certaines scènes avec beaucoup de maladresse voire de fascination laide
et franchement déplacée (option qui aurait pu être autrement défendable
ailleurs, dans un film dérangeant et subversif aux antipodes de ce témoignage
routinier et bien pensant).
Dans ses pires moments, Black
Book rappelle même les mauvais romans d'espionnage, usant de ressorts narratifs
prompts à ravir le plus dégénéré des tintinophiles (l'histoire du black book
dont on se fout éperdument, le démasquage du traître et la tentative
d'empoisonnement).
Une chose à sauver et...
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Sortie: 29/11/2006 Durée: 145 min De: Paul Verhoeven Avec: Carice Van Houten, Sebastian Koch, Thom Hoffman Black BookAprès avoir vu sa famille se faire massacrer sous ses yeux par une patrouille SS, Rachel, jeune juive hollandaise, rejoint la Résistance et, sous un nom d'emprunt, infiltre les services de renseignements allemands en devenant la maîtresse d'un officier nazi qui est bon comme le pain. Si elle prend goût aux galipettes, elle n'oublie pas pourquoi elle est là: survivre et se venger.
Instinct basique
On était
quasiment sans nouvelles de Paul Verhoeven (Robocop, Total Recall, Basic
Instinct, Showgirls, Starship Troopers) depuis sa très réussie réappropriation
du mythe de l'homme invisible en 2000 avec Hollow
Man. On savait juste que celui qu'on surnomme le hollandais violent avait
décidé de retourner dans son pays natal tourner un projet qu'il portait, selon ses
dires, en lui depuis 20 ans. Une histoire de guerre, de résistance, de
trahisons qui, sur le papier, évoquait un de ses succès pré période américaine,
Soldier Of Orange (1977) avec Rutger
Hauer. De la part d'un réalisateur aussi inconstant que réellement subversif,
on était au moins en droit d'attendre un film historique plus proche de la
marge que des productions archi balisées auxquelles on nous habitue dans le genre.
Destin de femme
brisée sur fond de résistance, Black Book n'est malheureusement qu'un film sur
la guerre de plus. Qui en dénonce salutairement les absurdités mais sans
qualité particulière (et à la réflexion d'ailleurs, avec pas mal de défauts). Il
est important de se souvenir que les conflits armés sont absurdes, que la
guerre c'est mal, que les nazis étaient méchants et que les Juifs ont souffert,
c'est clair. Mais à l'instar d'un film comme Indigènes, un sujet et des
thématiques hautement louables ne font pas un bon film.
Surtout que celui-ci a tout du
téléfilm conscientiseur plan plan, sans véritable point de vue, sans
proposition formelle solide pour étayer un propos pris dans un paradoxe de
taille (force et importance indéniable du sujet systématiquement désamorcées
par sa répétition au fil du temps) dont Verhoeven ne se dépêtre pas, incapable qu'il
se montre ici à en transcender la teneur morale voire didactique. Sans compter
une méchante faute de goût: une photographie léchée qui n'a rien à faire là,
esthétisant certaines scènes avec beaucoup de maladresse voire de fascination laide
et franchement déplacée (option qui aurait pu être autrement défendable
ailleurs, dans un film dérangeant et subversif aux antipodes de ce témoignage
routinier et bien pensant).
Dans ses pires moments, Black
Book rappelle même les mauvais romans d'espionnage, usant de ressorts narratifs
prompts à ravir le plus dégénéré des tintinophiles (l'histoire du black book
dont on se fout éperdument, le démasquage du traître et la tentative
d'empoisonnement).
Une chose à sauver et d'envergure :
Carice Van Houten, actrice du cru
impressionnante de bout en bout qui, selon l'expression consacrée, porte
véritablement le film sur ses épaules (bonjour le fardeau...). Reconnue dans son
pays depuis des années, la demoiselle semble avoir bien pris conscience de ses
qualités d'interprétation puisqu'elle y va désormais à coups de déclarations du
genre je veux aller tourner à l'étranger
avec Almodovar ou Paul Thomas Anderson. On aurait envie en effet
d'encourager l'actrice hollandaise dans cette voie, tant son talent relève de
l'évidence, tandis qu'on conseillerait volontiers à quelques comédiennes de
chez nous - Emilie Dequenne, Marie Gillain, pour ne pas les citer tiens - de se
cantonner gentiment à des représentations de place de village et des tournées
dans les écoles primaires.
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