C'est en téléphérique que nous entrons dans la ville de Chongqing, petite ville chinoise de la province du Sichuan. Le brouillard permanent, caractéristique de la ville, nous accueille les bras ouverts et ne cessera jamais de nous entourer. Le choix de cette "capitale du brouillard" comme lieu du drame n'est évidemment pas anodin. La métaphore se veut évidente : dans ce brouillard, nous sommes aussi perdus que ce père parti à la recherche d'un fils qu'il n'a pas connu. Un fils froidement abattu par un policier après une prise d'otage ayant mal tourné.
À travers des rencontres avec les témoins du drame, le puzzle se met en place. Les raisons qui ont poussé le jeune Lin Bo à braquer ce magasin se dévoilent petit à petit. Tout comme son visage qui semble apparaitre plus net à chaque agrandissement de photo (le père, n'ayant plus vu son fils depuis des années, n'a pour photo qu'une capture des caméras de surveillances, qu'il fait agrandir au fil du film jusqu'à en arriver à un poster géant composé d'énormes pixels). Là aussi la métaphore est grosse comme une maison, mais la sobriété du film et des acteurs nous font oublier ces quelques détails.
À vrai dire, le défaut principal du film est plutôt son rythme, lourd et lent, qui plombe encore plus une ambiance déjà pas joyeuse. Les réponses, bien qu'elles ne constituent pas l'intérêt principal de l'histoire, tardent à arriver à tel point que l'on se déconnecte très vite de la quête du personnage. En ramenant le film à une durée plus raisonnable de 1 h 30, le réalisateur aurait pu éviter cette irrépressible envie de regarder sa montre toutes les cinq minutes en attendant la fin avec impatience.
Malgré ces longueurs, Chongqing Blues se révèle être un très bon film. Là où tout autre réalisateur aurait facilement versé dans les larmes et le misérabilisme, Wang Xiaoshuai signe une histoire qui étonne par sa sobriété et sa retenue, sans pour autant lésiner sur les émotions. Et même s’il ne mérite pas vraiment une palme d'or, le film vaut à coup sûr le coup d'oeil.
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Chongqing BluesRIZHAO CHONGQING - Lin, capitaine de bateau, rentre de 6 mois en mer lorsqu’il apprend la mort de son fils de 25 ans, Lin Bo, abattu par la police. Il retourne à Chongqing, ville où il a autrefois vécu, pour découvrir ce qu’il s’est passé et réalise qu’il connaissait peu son fils. Il comprend alors à quel point son absence a pesé sur la vie de son enfant. Sibuen ou Sichuan ?
C'est en téléphérique que nous entrons dans la ville de Chongqing, petite ville chinoise de la province du Sichuan. Le brouillard permanent, caractéristique de la ville, nous accueille les bras ouverts et ne cessera jamais de nous entourer. Le choix de cette "capitale du brouillard" comme lieu du drame n'est évidemment pas anodin. La métaphore se veut évidente : dans ce brouillard, nous sommes aussi perdus que ce père parti à la recherche d'un fils qu'il n'a pas connu. Un fils froidement abattu par un policier après une prise d'otage ayant mal tourné.
À travers des rencontres avec les témoins du drame, le puzzle se met en place. Les raisons qui ont poussé le jeune Lin Bo à braquer ce magasin se dévoilent petit à petit. Tout comme son visage qui semble apparaitre plus net à chaque agrandissement de photo (le père, n'ayant plus vu son fils depuis des années, n'a pour photo qu'une capture des caméras de surveillances, qu'il fait agrandir au fil du film jusqu'à en arriver à un poster géant composé d'énormes pixels). Là aussi la métaphore est grosse comme une maison, mais la sobriété du film et des acteurs nous font oublier ces quelques détails. À vrai dire, le défaut principal du film est plutôt son rythme, lourd et lent, qui plombe encore plus une ambiance déjà pas joyeuse. Les réponses, bien qu'elles ne constituent pas l'intérêt principal de l'histoire, tardent à arriver à tel point que l'on se déconnecte très vite de la quête du personnage. En ramenant le film à une durée plus raisonnable de 1 h 30, le réalisateur aurait pu éviter cette irrépressible envie de regarder sa montre toutes les cinq minutes en attendant la fin avec impatience. Malgré ces longueurs, Chongqing Blues se révèle être un très bon film. Là où tout autre réalisateur aurait facilement versé dans les larmes et le misérabilisme, Wang Xiaoshuai signe une histoire qui étonne par sa sobriété et sa retenue, sans pour autant lésiner sur les émotions. Et même s’il ne mérite pas vraiment une palme d'or, le film vaut à coup sûr le coup d'oeil. |
"In 2007, the municipality of Chongqing had a population of 31.4423 million. It has jurisdiction over 19 districts, 17 counties, and four autonomous counties. Metropolitan area population: 10 million"....