Cinéma: Hard Candy | K-web

Meilleur film et meilleur scénario au festival international de
Sitges en 2005, Hard Candy, premier long
métrage du réalisateur David Slade,
est ce qui se fait de plus luxueux en matière de carte de visite même pour un
cinéaste échappé du monde de la pub et du clip vidéo (Stone Temple Pilot,
Asphex Twin). Et rien à dire, le type assure vraiment pour boucler en 18
jours de tournage un film maîtrisé de bout en bout qui rappelle les débuts burnés d’un
David Fincher de la belle époque.


Encore une histoire moralisatrice et juste assez provocante sur la
pédophilie ? ou une variation de plus sur l'histoire du petit chaperon
rouge ? Fiez vous à l'affiche et le film vous secouera comme un prunier. Construit
comme des poupées russes montées sur ressort, le scénario est un archétype d’écriture
efficace signé Brian Nelson (JAG, Loïs & Clark). Le film prend
son temps pour installer le rapport entre les deux protagonistes principaux qui jouent au chat et à la souris. Et quand l'histoire vous a bien assis sur ses genoux, elle vous fait suater jusqu’à ce que ses
parties les plus dures instaurent un malaise réel. Bien sûr, on ne monte pas dans la voiture d'un total inconnu lorsqu’on est équipé d’un bagage filmique
qui va de Misery (Rob Reiner – 1990) à Swimming With Sharks (Georges Huang – 1995) en passant par Lunes de Fiel ou Death and The
Maiden (Roman Polanski 1991 et 1994). On
se dit même qu'une vaccination comme celle d’Audition (Takeshi Miike -
1999), nous met définitivement à l'abri des
surprises sadiques que réserve souvent le genre. On repère quelques codes. On s’accroche
à des balises qui nous rendent la vision plus confortable et on se mange malgré
tout une belle leçon de mise en scène.


Slade compose ses cadrages avec la rigueur des esthètes et chaque plan est
codé pour vous amener dans une direction. Parmi les reliefs des images, il y en a qui impriment
la rétine pour persister utilement dans des plans ultérieurs. C'est avant tout la caméra qui raconte
une histoire mimée ensuite par deux acteurs qui vous achètent tour à tour empathie et
dégoût. Toute la mécanique du script repose d’ailleurs sur le visage encore peu
connu d’Ellen Page (découverte dans la série Regenesis et qui a
fait ses débuts hollywoodiens dans Xmen : The Last Stand) et le bon
chic bon genre de Patrick Wilson loin du stéréotype de gros pédophile qui transpire...

domeniKo, K-web [kweb.be]
legende




Hard Candy
note kweb

Sortie: 27/09/2006

Durée: 103 min

De: David Slade

Avec: Patrick Wilson - Ellen Page



Hard Candy

Hayley fait la connaissance de Jeff sur internet. Séduction allant, ils décident de se donner rendez-vous dans un bar. Elle a 14 ans, lui 32 et pourtant elle l'accompagne jusqu'à sa maison en dehors de la ville...
K!
Voir la K-id de domeniko
par domeniKo
01-10-2006

Tu me casses les bonbons...


Meilleur film et meilleur scénario au festival international de Sitges en 2005, Hard Candy, premier long métrage du réalisateur David Slade, est ce qui se fait de plus luxueux en matière de carte de visite même pour un cinéaste échappé du monde de la pub et du clip vidéo (Stone Temple Pilot, Asphex Twin). Et rien à dire, le type assure vraiment pour boucler en 18 jours de tournage un film maîtrisé de bout en bout qui rappelle les débuts burnés d’un David Fincher de la belle époque.

Encore une histoire moralisatrice et juste assez provocante sur la pédophilie ? ou une variation de plus sur l'histoire du petit chaperon rouge ? Fiez vous à l'affiche et le film vous secouera comme un prunier. Construit comme des poupées russes montées sur ressort, le scénario est un archétype d’écriture efficace signé Brian Nelson (JAG, Loïs & Clark). Le film prend son temps pour installer le rapport entre les deux protagonistes principaux qui jouent au chat et à la souris. Et quand l'histoire vous a bien assis sur ses genoux, elle vous fait suater jusqu’à ce que ses parties les plus dures instaurent un malaise réel. Bien sûr, on ne monte pas dans la voiture d'un total inconnu lorsqu’on est équipé d’un bagage filmique qui va de Misery (Rob Reiner – 1990) à Swimming With Sharks (Georges Huang – 1995) en passant par Lunes de Fiel ou Death and The Maiden (Roman Polanski 1991 et 1994). On se dit même qu'une vaccination comme celle d’Audition (Takeshi Miike - 1999), nous met définitivement à l'abri des surprises sadiques que réserve souvent le genre. On repère quelques codes. On s’accroche à des balises qui nous rendent la vision plus confortable et on se mange malgré tout une belle leçon de mise en scène.

Slade compose ses cadrages avec la rigueur des esthètes et chaque plan est codé pour vous amener dans une direction. Parmi les reliefs des images, il y en a qui impriment la rétine pour persister utilement dans des plans ultérieurs. C'est avant tout la caméra qui raconte une histoire mimée ensuite par deux acteurs qui vous achètent tour à tour empathie et dégoût. Toute la mécanique du script repose d’ailleurs sur le visage encore peu connu d’Ellen Page (découverte dans la série Regenesis et qui a fait ses débuts hollywoodiens dans Xmen : The Last Stand) et le bon chic bon genre de Patrick Wilson loin du stéréotype de gros pédophile qui transpire la perversité.  On connaît tous une Hayley, ado provocante qui ne veux pas attendre de prendre de l'âge pour grandir. On a tous entendu parler de débordements suite à une rencontre sur msn et on croise des Jeff dans chaque supermarché ou sur son propre pallier. Le postulat est des plus intelligents car il concerne chaque spectateur qui se retrouve dans les rôles de voyeur, censeur, victime d’une séquestration physique ou d’un viol moral (on fouille vos email, les tiroirs de votre chambre, vos sms et toute votre intimité technologique) à mesure que son identification passe par l’un ou l’autre des deux vecteurs principaux.

Il y en aura toujours qui s’indigneront devant des récits qui ne donnent aucune leçon de morale. Qui se sentiront salis par le détournement d’un sujet des plus sensibles (dans la Belgique de Marc Dutroux) au profit de démonstrations purement scénaristiques. On pourra critiquer les scripts qui contiennent plus de twists qu’un Jack Rabbit Contest, mais on peut également défendre un cinéma qui joue son rôle premier de raconteur d’histoire pour qu’on ne sorte pas systématiquement les manuels d’anatomie et les salades de Françoise Dolto chaque fois qu’un conte évoque un ogre mangeur d’enfants.



Moyenne des verdiKts:
4/5

Vos Kommentaires

K!
Voir la K-id de erKan
erKan
16/10/2006 10:41
Ces réalisateurs de clips qui versent dans le cinéma pondent parfois des trucs franchement balaises. Si je ne m'abuse, Eternal Sunshine... suivait le même schéma. 
A quand un long métrage de Chris Cunningham ?
K!
Voir la K-id de Lou
Lou
18/10/2006 14:56
3/5
Clair que l'image est belle et le sujet traité avec originalité mais l'ado est vraiment exaspérante avec son petit air à la "j'ai tout prévu".
K!
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Aliocha
20/10/2006 08:58
5/5
D'une esthétique sans faille, on s'étonne d'être transporté par le suspens haletant de l'intrigue. Un film dérangeant, aussi bien dans son propos quand dans la manière de le faire passer (les premiers plans, très serrés, mettent déjà mal à l'aise). 
L'interprétation excellente conjuguée avec une mise en scène scotchante (quoi que trop riche en rebondissements peut-être, à certains moments on se croirait dans un épisode de 24) donne au final un film qui, même s'il ne deviendra pas culte, marquera les esprits. 
Une véritable Klaque pour moi et les personnes qui m'accompagnaient.
K!
Voir la K-id de boris yeltsin
boris yeltsin
09/11/2006 18:50
4/5
je l'ai vu il y a un mois et j'en ai encore des frissons...de plaisir. Enn effet, Ellen Page remplis l'ecran de son talent pdt plus d'1h et je dis bravo. Ce film est presque un onewomenshow. Quel talent, quelle presence. J'en suis fou. 
Ce qui n'enléve rien a la performance de Patrick Wilson. 
A quand d'autre film non-moralisateur, nous tenant en haleine de bout en bout... 
A voir absolument
loveuze
26/03/2009 09:45
g fayi le voir ak mon mec mé bon xd 

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