Amis de la poésie, voici
venu le retour de la vengeance du machiavélique « tueur au puzzle »
surnommé Jigsaw. Le premier opus, dont l'intérêt résidait surtout dans
le salto scénaristique final, avait bien ancré les fondements de cette
sanglante saga. Les pièges mortels testant les limites de l'instinct de survie
de ses victimes doivent se succéder pour être ponctués par un troisième acte
monté sur ressort. Si l'effet de surprise du premier en avait laissé plus d'un
le derche bien enfoncé dans leur siège, le second s'essoufflait déjà après
quelques mètres, ne reprenant que la formule quelque peu éventée de son
prédécesseur.
À
ceux que Saw II avait laissé prostré devant tant de haine et qui s'en
étaient allés avec l'estomac au pas de la gorge, il est vivement conseillé de
passer cette troisième étape sans halte. Mark Burg, producteur sur la
série, l'annonce haut et fort, ce troisième volet repousse les limites des
composants faisandés de la recette chère à leur sordide création. Cette
déclaration se doit toutefois d'être nuancée. Lors du passage de flambeau à la
réalisation entre James Wan (Saw) et Darren Lynn Bousman (qui a un bien vilain nom à porter) quelque chose s'est mal passé. Darren, au lieu de
conserver la dose minimale de suggestion, défonce les crânes à la batte cloutée
se contentant d'enchaîner les tics visuels qui gangrénaient les images de James
Wan. N'ayant finalement pas repris les quelques aspects qui faisaient l'intérêt
du début de la série, il n'a fait que pousser à l'extrême son copycat assassin.
Saw
III débute là où Saw II s'était
achevé (quelle formule quand même hein !). Eric Matthews (Donnie
Wahlberg, rescapé des New Kids On The Block) est enchaîné par le
pied. Plutôt que de logiquement se scier le panard, il opte, pour un
écrabouillage de la cheville façon purée à l'ancienne. Le ton est donné. On est
parti pour 107 minutes d'os apparents, de giclées (c'est peut dire) de sang
obscènes et de sévices plus tordus que le nez de Rossy de Palma. On a bien
compris qu'il n'est plus vraiment question de mettre en place un scénario, mais
de montrer un max de casse-têtes étiquetés boucherie susceptibles de retourner
l'estomac du spectateur. Moins cohérent que les deux autres, Saw III
frise parfois le ridicule. Les quelques tentatives maladroites entreprises pour
donner de la profondeur aux personnages, par des...