Nous, pauvres européens, manquons de repère quant à la date butoir
au delà de laquelle on devient inexorablement un pathétique looser puceau. Par
contre, dans l'univers cinématographique américain, le bal de fin d'année
représente l'ultime chance de tirer sa première crampe sans avoir à subir les
ricanements humiliants de ses congénères. Tout garçon bien éduqué se doit
d'avoir reçu l'entraînement adéquat et de se présenter à l'université avec son
diplôme de pilon humain. En ajoutant à cela la peur de quitter ses potes et
d'affronter seul un nouveau bahut, on se retrouve face au canevas d'une chiée
de teenage movies, dont le seul but est de livrer un bout de nibard, une blague
scato, et une fin niaise fondue dans le moule d'un épisode de 7TH HEAVEN,
propagande hideuse d'une certaine Amérique outrageusement puritaine.
Ces
dernières années, la série AMERICAN PIE est devenue la référence autoproclamée
du genre. C'est donc avec un œil blasé et, pour seule attente, de recevoir sa
ration de pipettes et de plaisanteries grasses que l'on appréhende l'arrivée
d'une nouvelle production dont le fil rouge est de parvenir à organiser un
combo entre une bande de blaireaux et une poignée de bombasses. C'était sans
compter sur le clan de Judd Apatow
(THE 40 YEAR OLD VIRGIN ; KNOCKED UP) qui a encore profité de l'occasion
pour jouer au jeu des chaises musicales et replacer ses membres un peu partout
dans le générique. Cette fois, c'est Greg
Mottola, petit nouveau dans le groupe et ancien collaborateur d'Apatow sur
la série UNDECLARED, qui se retrouve dans le siège de réalisateur. Seth Rogen
(KNOCKED UP) et Evan Goldberg (KNOCKED UP) ont quant à eux écrit une histoire à
quatre mains en se basant sur un scénario qu'ils avaient entamé à 13 ans.
Consternés par le manque de réalisme de ce genre de comédie, ils ont pris le
parti d'éviter la caricature habituelle et donnent de la profondeur à leurs
personnages en se basant sur leur propre adolescence. Petite révolution en soi
car, pour une fois dans ce genre de film, d'un bout à l'autre, on croit en ces
personnages jusqu'à être ponctuellement surpris par la justesse du propos. Si ce
sentiment perdure, c'est évidemment aussi grâce au casting. Le décalage du
tandem Michael Cera (le Georges Michael d'ARRESTED DEVELOPMENT) et Jonah Hill
(KNOCKED UP), véritables Laurel et Hardy trashy, rejoint...
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SuperbadEvan et Seth sont deux amis pas très futés qui ne peuvent pas se passer l'un de l'autre. Pourtant, il va bien falloir qu'ils apprennent, parce que cette année, ils sont inscrits dans deux universités différentes. Evan est beau gamin et constamment terrifié par la vie - et les filles en particulier. De son côté, Seth parle trop, ne tient pas en place et s'intéresse vraiment beaucoup à tous les aspects de la reproduction humaine... Pour ces deux-là, il est temps d'affronter l'existence, les filles et leur destin, mais pour cela, ils doivent d'abord survivre à cette nuit fatidique, leur première nuit, celle qui vous excite, vous terrifie et dont vous vous souviendrez toute votre vie... The nerds parade
Nous, pauvres européens, manquons de repère quant à la date butoir
au delà de laquelle on devient inexorablement un pathétique looser puceau. Par
contre, dans l'univers cinématographique américain, le bal de fin d'année
représente l'ultime chance de tirer sa première crampe sans avoir à subir les
ricanements humiliants de ses congénères. Tout garçon bien éduqué se doit
d'avoir reçu l'entraînement adéquat et de se présenter à l'université avec son
diplôme de pilon humain. En ajoutant à cela la peur de quitter ses potes et
d'affronter seul un nouveau bahut, on se retrouve face au canevas d'une chiée
de teenage movies, dont le seul but est de livrer un bout de nibard, une blague
scato, et une fin niaise fondue dans le moule d'un épisode de 7TH HEAVEN,
propagande hideuse d'une certaine Amérique outrageusement puritaine.
Ces
dernières années, la série AMERICAN PIE est devenue la référence autoproclamée
du genre. C'est donc avec un œil blasé et, pour seule attente, de recevoir sa
ration de pipettes et de plaisanteries grasses que l'on appréhende l'arrivée
d'une nouvelle production dont le fil rouge est de parvenir à organiser un
combo entre une bande de blaireaux et une poignée de bombasses. C'était sans
compter sur le clan de Judd Apatow
(THE 40 YEAR OLD VIRGIN ; KNOCKED UP) qui a encore profité de l'occasion
pour jouer au jeu des chaises musicales et replacer ses membres un peu partout
dans le générique. Cette fois, c'est Greg
Mottola, petit nouveau dans le groupe et ancien collaborateur d'Apatow sur
la série UNDECLARED, qui se retrouve dans le siège de réalisateur. Seth Rogen
(KNOCKED UP) et Evan Goldberg (KNOCKED UP) ont quant à eux écrit une histoire à
quatre mains en se basant sur un scénario qu'ils avaient entamé à 13 ans.
Consternés par le manque de réalisme de ce genre de comédie, ils ont pris le
parti d'éviter la caricature habituelle et donnent de la profondeur à leurs
personnages en se basant sur leur propre adolescence. Petite révolution en soi
car, pour une fois dans ce genre de film, d'un bout à l'autre, on croit en ces
personnages jusqu'à être ponctuellement surpris par la justesse du propos. Si ce
sentiment perdure, c'est évidemment aussi grâce au casting. Le décalage du
tandem Michael Cera (le Georges Michael d'ARRESTED DEVELOPMENT) et Jonah Hill
(KNOCKED UP), véritables Laurel et Hardy trashy, rejoint par l'improbable Christopher
Mintz-Plasse, acteur non professionnel qui semble se contenter d'être lui-même
devant la caméra, transpire de vérité. Utilisant habilement toute la panoplie
du parfait trousseur de comédie, en s'appuyant sur les dialogues, des
situations incontrôlables et les ressorts du burlesque, Mottola ne cherche pas
à faire rire aux dépens de ses personnages. Au contraire, baignés dans une
ambiance seventies funky et subtilement vintage, ces trois loosers profondément
humains finissent même parfois par dégager une branchitude toute particulière.
Délicieusement
lourd, naturellement gras, évidemment vulgaire, mais paradoxalement fin dans sa
forme et son écriture très travaillée, SUPERBAD (SUPERGRAVE en français) reprend
l'hommage à l'univers des nerds là où l'avait laissé THE 40 YEAR OLD VIRGIN, tout
en parlant sans arrêt de cul comme le fait n'importe quel gars de 18 ans. Mais
tout comme son pendant adulte, si SUPERBAD possède de nombreuses qualités et
qu'il se paie quelques fois le luxe de surpasser son aîné en proposant quelques
scènes à pisser de rire, il n'évite pas certaines longueurs, tardant notamment à
trouver son rythme de croisière. Peu importe, cela ne l'empêchera pas de
marquer pour longtemps les esprits de ceux qui auront eu l'heureuse idée de
croiser un jour la route d'un certain McLovin.
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