Cinéma: The Reader | K-web

THE READER, adaptation du roman acclamé de l'Allemand
Bernhard Schlink, déboule chez nous auréolé d'une kyrielle de nominations voire
récompenses décrochées aux Golden Globes, Oscars et autres BAFTA. Ce ne sera
pas la première fois à dire vrai qu'une candidature répétée à la statuette
dorée ne trouvera chez nous comme écho que profonde incompréhension, mais pour
le coup le sentiment se mue carrément en consternation. Le moins que l'on
puisse dire en effet c'est que ce READER ne fait que confirmer, et bien plus
encore, tout le mal que l'on pense de Stephen Daldry depuis THE HOURS, sommet
d'ennui et de dégoulinerie mal contenue (la pire, assurément) qui lui avait
déjà valu l'expression cérémoniale du respect de ses pairs à grands renforts de
nominations diverses et variées.


Le pitch ne manquait pourtant pas d'intriguer, laissant
entrevoir la promesse d'enjeux complexes voire dérangeants. Las, c'était
surestimer ce bon Stephen Daldry que de le penser capable de s'avancer sur ces
sables mouvants. Ne tirant strictement aucun parti du potentiel d'ambigüité de
son intrigue, il se contente à l'inverse de rester fidèle à lui-même :
insignifiant tâcheron capitalisant sur la recherche des chialeries, au travers,
ici, de la double figure, peu crédible et inintéressante au possible, d'un gamin transi mué en adulte
brisé. De là, il se balade sur le fil du temps avec la grâce d'un éléphant dans
un magasin de porcelaine, incapable de silence (une bande son omniprésente à
jeter aux ordures), de respiration, de la moindre profondeur sous la couche
luisante d'un classicisme qui sent le vieil incontinent et la mort. Poussant l'incompétence
jusqu'à ensevelir tout le talent de Kate Winslet, toujours irréprochable, sous
une surcouche de maquillage vieillissant (pratique très en odeur de sainteté à
Hollywood, voir le récent BENJAMIN BUTTON).


On a beaucoup glosé sur le décès de Boris Vian, victime
d'une crise cardiaque en pleine première de l'adaptation de J'irai cracher sur vos tombes en 59, les
mauvaises langues prétendant que la nullité du film avait eu raison de lui. Que
penser dès lors des morts consécutives l'an dernier d'Anthony Minghella (depuis
longtemps attaché au projet, il rêvait de le réaliser mais avait dû renoncer,
faute de temps) et Sydney Pollack, les deux producteurs de cette
soupe... ? On exagère à peine, tant THE READER...

niKo, K-web [kweb.be]
legende




The Reader
note kweb

Sortie: 04/03/2009

Durée: 123 min

De: Stephen Daldry

Avec: Kate Winslet, David Kross, Ralph Fiennes, Bruno Ganz



The Reader

LE LISEUR - 1966. Michael Berg, jeune étudiant en droit, découvre que sa première amante, femme à laquelle il avait pour habitude de faire la lecture après l'amour à une époque où il n'était encore qu'adolescent, a sans doute été impliquée dans les crimes nazis durant la guerre.

K!
Voir la K-id de niko
par niKo
02-03-2009

La Führer de lire


THE READER, adaptation du roman acclamé de l'Allemand Bernhard Schlink, déboule chez nous auréolé d'une kyrielle de nominations voire récompenses décrochées aux Golden Globes, Oscars et autres BAFTA. Ce ne sera pas la première fois à dire vrai qu'une candidature répétée à la statuette dorée ne trouvera chez nous comme écho que profonde incompréhension, mais pour le coup le sentiment se mue carrément en consternation. Le moins que l'on puisse dire en effet c'est que ce READER ne fait que confirmer, et bien plus encore, tout le mal que l'on pense de Stephen Daldry depuis THE HOURS, sommet d'ennui et de dégoulinerie mal contenue (la pire, assurément) qui lui avait déjà valu l'expression cérémoniale du respect de ses pairs à grands renforts de nominations diverses et variées.

Le pitch ne manquait pourtant pas d'intriguer, laissant entrevoir la promesse d'enjeux complexes voire dérangeants. Las, c'était surestimer ce bon Stephen Daldry que de le penser capable de s'avancer sur ces sables mouvants. Ne tirant strictement aucun parti du potentiel d'ambigüité de son intrigue, il se contente à l'inverse de rester fidèle à lui-même : insignifiant tâcheron capitalisant sur la recherche des chialeries, au travers, ici, de la double figure, peu crédible et inintéressante au possible, d'un gamin transi mué en adulte brisé. De là, il se balade sur le fil du temps avec la grâce d'un éléphant dans un magasin de porcelaine, incapable de silence (une bande son omniprésente à jeter aux ordures), de respiration, de la moindre profondeur sous la couche luisante d'un classicisme qui sent le vieil incontinent et la mort. Poussant l'incompétence jusqu'à ensevelir tout le talent de Kate Winslet, toujours irréprochable, sous une surcouche de maquillage vieillissant (pratique très en odeur de sainteté à Hollywood, voir le récent BENJAMIN BUTTON).

On a beaucoup glosé sur le décès de Boris Vian, victime d'une crise cardiaque en pleine première de l'adaptation de J'irai cracher sur vos tombes en 59, les mauvaises langues prétendant que la nullité du film avait eu raison de lui. Que penser dès lors des morts consécutives l'an dernier d'Anthony Minghella (depuis longtemps attaché au projet, il rêvait de le réaliser mais avait dû renoncer, faute de temps) et Sydney Pollack, les deux producteurs de cette soupe... ? On exagère à peine, tant THE READER synthétise le pire de ce que le cinéma a à offrir.





Moyenne des verdiKts:
5/5

Vos Kommentaires

stalKer
03/03/2009 13:29
Déjà le bouquin était naze... les défauts que tu trouves au film sont les mêmes que ceux du bouquin, donc, je ne sais pas si Daldry est totalement responsable. Pour le reste, super sous-titre!
niko
03/03/2009 14:38
je trouve qu'il y a quand même bcp de tares purement cinématographiques. le vieux classicisme dans lequel il emballe tout ça. l'incapacité à créer des respirations. la maladresse des sauts temporels. la façon dont il utilise la vieille genre "regardez c'est kate winslet, mais en vieille hein, on est trop forts, filez nous un oscar". en adaptant intelligemment je trouve qu'il aurait pu faire un bon film, il n'était pas obligé de se focaliser par exemple sur tous ces moments de sensibilité exacerbée à deux balles, aurait pu creuser l 'ambiguité du truc. A partir du moment où il s'approprie le truc il devient quand même responsable du résultat quoi le stephen
Atahualpa
05/03/2009 12:08
Au sekours ces "critiques" à la cervelle hypertrophiée sans une once de sensibilité
K!
Voir la K-id de Stalker
Stalker
06/03/2009 18:32
Ouais, on est vraiment des bâtards insensibles... maintenant on est toujours preneurs pour les contre-argumentations, par contre.
Raph
07/03/2009 15:02
Rien que la bande annonce me gave grave, suis-je une intello à la cervelle hypertrophiée? Dois-je m'inquiéter?
olivier
16/07/2009 01:34
5/5
excellent film et acteurs...commentaire + critique non fondees as usual
Philippe
16/07/2009 13:28
Très bon film. Aucune critique à formuler. Tout est parfait. Laissons les aigris essayer de se valoriser en émettant des commentaires négatifs.
Fredka
18/07/2009 19:29
Dire que c'est un très bon film est éxagéré, mais on ne peut pas dire que ce soit mauvais non plus. J'ai bien aimé le jeu de Rlaph Fiennes qui est parfait et celui de Kate Winsley, beaucoup moins celui du petit jeune pur et un peu niaiseux au grand coeur qui fait plus propret que réellement passionné. Et finalement, le héros attend la toute fin de la vie de sa bien-aimée avant de faire un tout petit pas vers elle, ce qui semble illogique. On ne sait pas trop non plus ce qui motive ou ce qu'il y a derrère cette femme à la fois froide et sans concessions, et mieleuse à l'excès dans certaines autres scènes. Ou bien suis-je passé à côté de l'essence du livre et du film. Bref il y a des maladresses et des choses eludées, voir inutiles mais globalement les deux acteurs sauvnet le film par leur présence ce qui est déjà une réussite. Dommage que toute cette histoire soit finalement aussi vaine. 
Michelle
22/07/2009 07:34
Le film n'est certes pas un chef d'oeuvre : trop de longueurs, il n'aurait rien perdu de son intensité si la première partie avait été écourtée et la seconde un peu plus "fouillée". En effet, on ne sait trop si Hanna est un bourreau insensible et froid ou une victime inconsciente uniquement soucieuse d'obéir aux ordres, incapable de discernement mais assez fière pour préférer endosser la responsabilité entière des actes partagés plutôt que d'avouer sa "tare"... à chacun son ressenti , le film laisse la place à l'interprétation d'où l'intérêt. Finalement, l'illétrisme à la base est LE responsable puisque l'on peut penser que c'est à cause de lui qu'elle a dû quitter son travail à Siemens (de la même façon qu'elle a quitté celui de controleuse qd on lui propose un emploi qui révélerait son secret) pour accepter celui de gardienne des camps comme un emploi ordinaire qu'elle a mené conscencieusement jusqu'à l'absurde (qd elle demande au juge ce qu'il aurait fait à sa place par ex.). Elle est pathétique dans le fond et j'aurais aimé que lors de sa dernière rencontre avec Mickael elle regrette et le dise surtout : un peu d'humanité et de vulnérabilité sous sa carapace aurait suciter sa compassion .. et la nôtre. 
Autre chose : dès le début ,'j'ai eu le sentiment (confirmé tt le long du film) du "déjà vu", j'en connaissais le déroulement et pourtant nulle part je n'ai lu qu"un autre film a été "tiré" du livre éponyme de B. SCHLINK ? je n'ai pas le souvenir d'avoir lu le livre mais celui d'avoir vu un film identique ! bizarre, bizarre...
thibaut
23/08/2009 11:42
La "tare" d Hannah de ne savoir lire expliquent tout le film, son attitude durant la guerre , sa resignation au proces, l absence de remords visibles et surtout la fin tragique. Michael n a pas percu cela; emporté par ses souvenirs d adolescent. Ce film est boulversant, le spectateur ne peut le comprendre s il n admet pas le caractere assez fruste d Hannah. Il est le proces des petites gens qui subissent la guerre plus qu ils ne l imposent. Remarquable. Les ames romantiques n aimeront le film que si elles sont tolerantes. Fabuleuse Kate W.....
thibaut
23/08/2009 11:42
5/5
La "tare" d Hannah de ne savoir lire expliquent tout le film, son attitude durant la guerre , sa resignation au proces, l absence de remords visibles et surtout la fin tragique. Michael n a pas percu cela; emporté par ses souvenirs d adolescent. Ce film est boulversant, le spectateur ne peut le comprendre s il n admet pas le caractere assez fruste d Hannah. Il est le proces des petites gens qui subissent la guerre plus qu ils ne l imposent. Remarquable. Les ames romantiques n aimeront le film que si elles sont tolerantes. Fabuleuse Kate W.....

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