ROCKY BALBOA, le retour ? C'est quasi ça, oui. Sauf que
c'est de catch et non de boxe qu'il s'agit ici et que de retour c'est plutôt
celui, royal, de Mickey Rourke et sa gueule de... boxeur qui y est orchestré. On avait
beau avoir lu et entendu partout depuis septembre dernier, et la victoire de
THE WRESTLER au Festival de Venise, que Rourke était fantastique dans le film, on
n'en attendait à vrai dire pas tant. Mickey Rourke est né pour jouer un jour ce
rôle - le rôle d'une vie à n'en point douter - et puis c'est tout. On pourrait d'ailleurs
gloser encore longtemps sur les troublantes similitudes entre le parcours du
catcheur et celui de l'acteur mais à quoi bon, le résultat est là : Rourke
est ce type, ce type est Rourke, ça saute aux yeux, et le reste n'est que démons
personnels. Ceci étant posé, on imagine sans mal que tout le film va reposer
sur ses (solides) épaules et pas une scène de THE WRESTLER ne viendra en effet nous
donner tort.
Grain réaliste, caméra à l'épaule toujours rivée aux basques
du catcheur : la mise en scène ne manque pas de partis pris mais ne se
laisse jamais enfermer dans un dogme. THE WRESTLER n'est pas un film danois des
années nonante (honnies dans le film) ni ROSETTA, même s'il y fait penser par
bien des aspects (si si, ne riez pas). Ainsi, par exemple, Darren Aronofsky n'hésite pas à balancer de la musique extradiégétique
(Clint Mansell, encore et toujours) ou casser la linéarité de la trame avec
quelques flashbacks quand ça lui chante. Cette liberté de mise en scène fait du
bien, surtout de la part d'un type dont les options formelles radicales, pour justifiées
qu'elles étaient, n'ont jamais été loin de miner les films (montage syncopé et
principe de répétition dans PI et surtout REQUIEM FOR A DREAM, structure, plus
contraignante que féconde, en trois volets qui se répondent dans THE FOUNTAIN).
C'est l'histoire qui, toujours, prime ici. Chose étonnante : elle est
pourtant en apparence beaucoup moins excitante que dans ses autres films. On va
y revenir. Plus effacée, la mise en scène du réalisateur n'en est pas moins en
tous points irréprochable, à commencer par ces scènes de combats passionnantes
où Aronofsky, évacuant en quelques secondes la question, inintéressante au
possible, du côté chiqué de la chose, filme le catch pour ce qu'il est ou
devrait toujours être : du spectacle à l'état pur...
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Sortie: 11/02/2009 Durée: 105 min De: Darren Aronofsky Avec: Mickey Rourke, Marisa Tomei, Evan Rachel Wood The WrestlerAu sortir d'un match, Randy « The Ram » Robinson est foudroyé par une crise cardiaque. Il est l'heure pour lui de se retirer. Mais cette ex-gloire du catch eighties ne sait rien faire d'autre que combattre, surtout pas mener la barque de son quotidien... La lutte finale
ROCKY BALBOA, le retour ? C'est quasi ça, oui. Sauf que
c'est de catch et non de boxe qu'il s'agit ici et que de retour c'est plutôt
celui, royal, de Mickey Rourke et sa gueule de... boxeur qui y est orchestré. On avait
beau avoir lu et entendu partout depuis septembre dernier, et la victoire de
THE WRESTLER au Festival de Venise, que Rourke était fantastique dans le film, on
n'en attendait à vrai dire pas tant. Mickey Rourke est né pour jouer un jour ce
rôle - le rôle d'une vie à n'en point douter - et puis c'est tout. On pourrait d'ailleurs
gloser encore longtemps sur les troublantes similitudes entre le parcours du
catcheur et celui de l'acteur mais à quoi bon, le résultat est là : Rourke
est ce type, ce type est Rourke, ça saute aux yeux, et le reste n'est que démons
personnels. Ceci étant posé, on imagine sans mal que tout le film va reposer
sur ses (solides) épaules et pas une scène de THE WRESTLER ne viendra en effet nous
donner tort.
Grain réaliste, caméra à l'épaule toujours rivée aux basques
du catcheur : la mise en scène ne manque pas de partis pris mais ne se
laisse jamais enfermer dans un dogme. THE WRESTLER n'est pas un film danois des
années nonante (honnies dans le film) ni ROSETTA, même s'il y fait penser par
bien des aspects (si si, ne riez pas). Ainsi, par exemple, Darren Aronofsky n'hésite pas à balancer de la musique extradiégétique
(Clint Mansell, encore et toujours) ou casser la linéarité de la trame avec
quelques flashbacks quand ça lui chante. Cette liberté de mise en scène fait du
bien, surtout de la part d'un type dont les options formelles radicales, pour justifiées
qu'elles étaient, n'ont jamais été loin de miner les films (montage syncopé et
principe de répétition dans PI et surtout REQUIEM FOR A DREAM, structure, plus
contraignante que féconde, en trois volets qui se répondent dans THE FOUNTAIN).
C'est l'histoire qui, toujours, prime ici. Chose étonnante : elle est
pourtant en apparence beaucoup moins excitante que dans ses autres films. On va
y revenir. Plus effacée, la mise en scène du réalisateur n'en est pas moins en
tous points irréprochable, à commencer par ces scènes de combats passionnantes
où Aronofsky, évacuant en quelques secondes la question, inintéressante au
possible, du côté chiqué de la chose, filme le catch pour ce qu'il est ou
devrait toujours être : du spectacle à l'état pur emmené par des
entertainers professionnels soucieux d'en donner au public pour son argent. Mickey
Rourke, jamais doublé, sidère sur le ring tandis qu'Aronofsky filme mieux qu'il
ne l'a jamais fait, injectant en outre dans ces shows gonflés aux hormones de
véritables enjeux liés au personnage de Randy.
Ce qui nous ramène à l'intrigue du film. Cousue de fil blanc
du début à la fin. De sa tentative de renouer avec sa gamine abandonnée à son
histoire d'amour impossible avec une strip-teaseuse (bluffante Marisa Tomei) en
passant par son boulot merdique dans une grande surface ou son
hypothétique retour sur le ring : pas une ramification de l'histoire de Randy qui
ne soit rabâchée et prévisible au possible. Et dont l'évolution ne soit
d'ailleurs systématiquement anticipée avec deux temps d'avance sur le film. Une
faiblesse, bien réelle, pourtant moins handicapante qu'il n'y paraît : la
justesse, hallucinante, du film a, dans ses meilleurs moments, cette capacité
de se nourrir jusqu'à se renforcer de cette absence totale d'originalité qui,
en un sens, répond au profil bas affiché par la mise en scène. A nouveau,
Aronofsky ne cherche pas à faire le malin, préfère se concentrer sur ses
personnages plutôt que d'alambiquer son intrigue, certes attendue mais solide,
du genre intemporelle, valse de corps fatigués en guerre avec le temps
culminant en un final aussi sobre que poignant. Et si d'autres tares - comme
cette insistance lourdement sursignificative sur les prénoms (la star du ring
Randy ne supporte pas qu'on l'appelle Robin dans son quotidien de looser, la
strip-teaseuse Cassidy peine à tomber le masque pour redevenir Pam en dehors de
son club) - se révèlent plus difficilement pardonnables, THE WRESTLER ne s'en impose
pas moins comme un petit classique en puissance, fort d'une sincérité
proprement désarmante.
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