Fameuse surprise que de retrouver James Gray en compétition officielle cette année pile un an après
la présentation, dans la même sélection, de WE OWN THE NIGHT (La nuit nous appartient). On se souvient qu'il
avait fallu cinq ans au cinéaste new-yorkais pour donner suite à LITTLE ODESSA,
son premier film. Et que pas moins de sept années s'étaient ensuite écoulées
entre THE YARDS et WE OWN THE NIGHT.
Plus surprenant encore est de le voir revenir avec un film
sans flingues, meurtres, frères ennemis ou règlements de comptes mais avec une
trame, relativement inconséquente, digne de la comédie romantique la plus
basique qui soit. TWO LOVERS, comme son nom l'indique, est en effet, dans les
grandes lignes, une banale histoire de triangle amoureux : entre la
gentille et dévouée Sandra et l'imprévisible et inaccessible Michelle son cœur
balance.
Il serait néanmoins mal avisé de prendre le film de haut et
de le balancer illico dans la corbeille à nunucheries entre deux daubes signées
Nora Ephron. Précisons d'ailleurs que TWO LOVERS n'a rien d'une comédie. Le
film baigne dans une mélancolie rendue crédible voire sublimée par la mise en
scène au classicisme élégant que l'on connaît à Gray depuis ses débuts. Un
sérieux et un premier degré qui auraient plutôt tendance à jouer en faveur du
film. Ainsi du personnage de Leonard, finement interprété par Joaquin Phoenix,
qui a ce même côté loufoque, décalé, différent que nombre de personnages de
comédies romantiques jetables justement. A cette différence près que Gray et
son acteur ne cèdent jamais à la surenchère facile, privilégiant justesse,
sobriété et timide complexité.
TWO LOVERS, c'est sûr, ne nous apprend rien sur les sentiments,
les relations amoureuses ou la nature humaine. Il n'en a d'ailleurs sans doute
jamais eu la prétention. Gray se contente de raconter avec classe une belle
histoire - flirtant à l'occasion avec
les clichés mais sans jamais y tomber complètement - qui débouche sur un final réellement
poignant (c'est clair que s'il avait foiré sa fin on aurait été nettement moins
indulgents).
Un film peut-être pas indispensable, signé d'un réalisateur
doué même si sans doute un brin surévalué suite à son premier film, mais qui
n'a certainement pas à rougir de sa présence, pas volée, à Cannes cette année.
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Sortie: 24/12/2008 Durée: 100 min De: James Gray Avec: Joaquin Phoenix, Gwyneth Paltrow, Vinessa Shaw, Isabella Rossellini, Elias Koteas Two LoversAyant récemment réintégré le foyer parental suite à une rupture amoureuse, Leonard subit son quotidien entre ennui ronronnant d'un travail au sein de l'entreprise familiale et accès dépressifs. L'arrivée simultanée de deux femmes dans sa vie va venir la bouleverser en profondeur... La vie nous appartient
Fameuse surprise que de retrouver James Gray en compétition officielle cette année pile un an après
la présentation, dans la même sélection, de WE OWN THE NIGHT (La nuit nous appartient). On se souvient qu'il
avait fallu cinq ans au cinéaste new-yorkais pour donner suite à LITTLE ODESSA,
son premier film. Et que pas moins de sept années s'étaient ensuite écoulées
entre THE YARDS et WE OWN THE NIGHT.
Plus surprenant encore est de le voir revenir avec un film
sans flingues, meurtres, frères ennemis ou règlements de comptes mais avec une
trame, relativement inconséquente, digne de la comédie romantique la plus
basique qui soit. TWO LOVERS, comme son nom l'indique, est en effet, dans les
grandes lignes, une banale histoire de triangle amoureux : entre la
gentille et dévouée Sandra et l'imprévisible et inaccessible Michelle son cœur
balance.
Il serait néanmoins mal avisé de prendre le film de haut et
de le balancer illico dans la corbeille à nunucheries entre deux daubes signées
Nora Ephron. Précisons d'ailleurs que TWO LOVERS n'a rien d'une comédie. Le
film baigne dans une mélancolie rendue crédible voire sublimée par la mise en
scène au classicisme élégant que l'on connaît à Gray depuis ses débuts. Un
sérieux et un premier degré qui auraient plutôt tendance à jouer en faveur du
film. Ainsi du personnage de Leonard, finement interprété par Joaquin Phoenix,
qui a ce même côté loufoque, décalé, différent que nombre de personnages de
comédies romantiques jetables justement. A cette différence près que Gray et
son acteur ne cèdent jamais à la surenchère facile, privilégiant justesse,
sobriété et timide complexité.
TWO LOVERS, c'est sûr, ne nous apprend rien sur les sentiments,
les relations amoureuses ou la nature humaine. Il n'en a d'ailleurs sans doute
jamais eu la prétention. Gray se contente de raconter avec classe une belle
histoire - flirtant à l'occasion avec
les clichés mais sans jamais y tomber complètement - qui débouche sur un final réellement
poignant (c'est clair que s'il avait foiré sa fin on aurait été nettement moins
indulgents).
Un film peut-être pas indispensable, signé d'un réalisateur
doué même si sans doute un brin surévalué suite à son premier film, mais qui
n'a certainement pas à rougir de sa présence, pas volée, à Cannes cette année.
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Merci!