UN PEU AVANT LA
FORTUNE est l'album de la rencontre entre trois auteurs
majeurs de la bande dessinée contemporaine, nous dit-on chez Dupuis. Cette idée
de dream team créative a pourtant, comme souvent, tout de la fausse bonne idée.
D'abord, parce que Jean-Claude Denis
est un auteur sur le retour largement surestimé. Ses récents albums dans la
même collection Aire Libre (l'inexplicablement acclamé QUELQUES MOIS A L'AMELIE
et LA BEAUTE A
DOMICILE), notamment, étaient fatigants de sursignifiance et de lourdeurs
thématiques. Ensuite parce que le formidable tandem Dupuy-Berberian (MONSIEUR JEAN) se voit ici du coup cantonné au
seul processus graphique. Et l'on sait que comme, au hasard, Sfar et Trondheim
sur la série DONJON, le duo a l'habitude de se « mélanger » à tous
les stades de création de ses productions, les auteurs se nourrissant l'un
l'autre dans leur travail tandis que les limites entre scénario et dessin,
étapes trop souvent cloisonnées, se trouvent abolies pour un résultat souvent particulièrement abouti.
Au final, on se retrouve avec un album bancal entre les mains, tournant
autour d'une thématique dont on n'a rien à faire (comment gérer l'angoisse
consécutive au gain de la cagnotte du loto ?), prétexte (?) à tourner
superficiellement autour de quelques questions récurrentes de l'univers
Dupuy-Berberian (l'amour, les choix, le quotidien, le temps qui passe). Ces
derniers parviennent tout de même à injecter ça et là de trop rares moments de
trouble doublés de quelques fulgurances graphiques (légèrement redondantes ceci
dit pour ceux qui connaissent l'œuvre du tandem) tandis que Denis se perd à
trop vouloir mêler réalisme et éléments plus oniriques (qui se rattachent assez
mal au reste si ce n'est, encore une fois, par un jeu métaphorique lourdaud)
pour déboucher sur un twist final complètement vain. Largement dispensable.
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Un peu avant la fortuneEtienne, détective privé de travail et d'amour, gagne le pactole au loto. Alors il se pose plein de questions et se crée plein de problèmes, le con.
UN PEU AVANT LA
FORTUNE est l'album de la rencontre entre trois auteurs
majeurs de la bande dessinée contemporaine, nous dit-on chez Dupuis. Cette idée
de dream team créative a pourtant, comme souvent, tout de la fausse bonne idée.
D'abord, parce que Jean-Claude Denis
est un auteur sur le retour largement surestimé. Ses récents albums dans la
même collection Aire Libre (l'inexplicablement acclamé QUELQUES MOIS A L'AMELIE
et LA BEAUTE A
DOMICILE), notamment, étaient fatigants de sursignifiance et de lourdeurs
thématiques. Ensuite parce que le formidable tandem Dupuy-Berberian (MONSIEUR JEAN) se voit ici du coup cantonné au
seul processus graphique. Et l'on sait que comme, au hasard, Sfar et Trondheim
sur la série DONJON, le duo a l'habitude de se « mélanger » à tous
les stades de création de ses productions, les auteurs se nourrissant l'un
l'autre dans leur travail tandis que les limites entre scénario et dessin,
étapes trop souvent cloisonnées, se trouvent abolies pour un résultat souvent particulièrement abouti.
Au final, on se retrouve avec un album bancal entre les mains, tournant autour d'une thématique dont on n'a rien à faire (comment gérer l'angoisse consécutive au gain de la cagnotte du loto ?), prétexte (?) à tourner superficiellement autour de quelques questions récurrentes de l'univers Dupuy-Berberian (l'amour, les choix, le quotidien, le temps qui passe). Ces derniers parviennent tout de même à injecter ça et là de trop rares moments de trouble doublés de quelques fulgurances graphiques (légèrement redondantes ceci dit pour ceux qui connaissent l'œuvre du tandem) tandis que Denis se perd à trop vouloir mêler réalisme et éléments plus oniriques (qui se rattachent assez mal au reste si ce n'est, encore une fois, par un jeu métaphorique lourdaud) pour déboucher sur un twist final complètement vain. Largement dispensable. |