Ne tergiversons
pas, nous sommes ressortis passablement déçus, mardi, d'une séance qui aura vu
la plupart des fans hardcore conquis d'avance forcer le rire deux heures durant
et hurler au génie à la sortie, tandis que d'autres désertaient, un à un, la
projection avec mépris.
DEATH PROOF, ce
n'est pas une surprise, se place sous le signe de la référence (les grindhouse
movies des seventies) voire de l'autoréférence (le sifflement de KILL BILL en
sonnerie gsm, ce bon vieux shérif et son « fils number one »). Mais, et cela reste une des grandes forces
du réalisateur américain, comme dans les précédentes tarantineries, la
référence est un plus, une valeur ajoutée, jamais le passage obligé, la clé
obligatoire pour pouvoir appréhender et apprécier le film.
Depuis RESERVOIR
DOGS, on le sait, personne mieux que Quentin
Tarantino aujourd'hui ne peut filmer une scène de conversation autour d'une
table de café. Et il ne fait pour ainsi dire que ça, pendant presque une moitié
de film, filmer ses personnages en train de causer. Des conversations de nanas,
pas hyper intéressantes (pas l'ombre d'une quelconque forme de misogynie dans
ce jugement) mais sympas, manquant tout de même, et c'est étonnant, souvent de
rythme et de vie (il faut encore saluer, ceci dit, avec quelle intelligence, au
détour de quelques attitudes et phrases lâchées, Tarantino parvient à dessiner
des personnages forts et uniques). Pas l'ombre en tout cas d'une réplique susceptible
d'accéder au statut culte d'un « I don't tip. I don't believe in it ».
Il y a bien deux-trois nerds finis pour glousser comme des caniches en rut dès
qu'est lâché un mot un peu vulgaire, mais, à dire vrai, on sombre très vite
dans un semi ennui qui s'étale durant la première heure.
Heureusement, le
final du premier segment et l'entièreté du second bougent beaucoup plus et
réservent leur lot de scènes (toutes des scènes de bagnoles) mémorables. Pas
génial pour autant, le film se mue alors en plaisant défouloir. Cette arrivée
tardive de l'aspect divertissement euphorisant nous fait d'autant plus
regretter de n'avoir pas pu découvrir DEATH PROOF comme partie d'un combo movie à l'ancienne complété par le PLANET TERROR de Roberto
Rodriguez et assaisonné de fausses bandes-annonces . Cette version bâtarde hâtivement allongée de 20 minutes en prévision du festival abuse des longueurs et donne...
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Death ProofCannes 2007 - Compétion Officielle
Mais qui a tué Grindhouse ?
Ne tergiversons
pas, nous sommes ressortis passablement déçus, mardi, d'une séance qui aura vu
la plupart des fans hardcore conquis d'avance forcer le rire deux heures durant
et hurler au génie à la sortie, tandis que d'autres désertaient, un à un, la
projection avec mépris.
DEATH PROOF, ce
n'est pas une surprise, se place sous le signe de la référence (les grindhouse
movies des seventies) voire de l'autoréférence (le sifflement de KILL BILL en
sonnerie gsm, ce bon vieux shérif et son « fils number one »). Mais, et cela reste une des grandes forces
du réalisateur américain, comme dans les précédentes tarantineries, la
référence est un plus, une valeur ajoutée, jamais le passage obligé, la clé
obligatoire pour pouvoir appréhender et apprécier le film.
Depuis RESERVOIR
DOGS, on le sait, personne mieux que Quentin
Tarantino aujourd'hui ne peut filmer une scène de conversation autour d'une
table de café. Et il ne fait pour ainsi dire que ça, pendant presque une moitié
de film, filmer ses personnages en train de causer. Des conversations de nanas,
pas hyper intéressantes (pas l'ombre d'une quelconque forme de misogynie dans
ce jugement) mais sympas, manquant tout de même, et c'est étonnant, souvent de
rythme et de vie (il faut encore saluer, ceci dit, avec quelle intelligence, au
détour de quelques attitudes et phrases lâchées, Tarantino parvient à dessiner
des personnages forts et uniques). Pas l'ombre en tout cas d'une réplique susceptible
d'accéder au statut culte d'un « I don't tip. I don't believe in it ».
Il y a bien deux-trois nerds finis pour glousser comme des caniches en rut dès
qu'est lâché un mot un peu vulgaire, mais, à dire vrai, on sombre très vite
dans un semi ennui qui s'étale durant la première heure.
Heureusement, le
final du premier segment et l'entièreté du second bougent beaucoup plus et
réservent leur lot de scènes (toutes des scènes de bagnoles) mémorables. Pas
génial pour autant, le film se mue alors en plaisant défouloir. Cette arrivée
tardive de l'aspect divertissement euphorisant nous fait d'autant plus
regretter de n'avoir pas pu découvrir DEATH PROOF comme partie d'un combo movie à l'ancienne complété par le PLANET TERROR de Roberto
Rodriguez et assaisonné de fausses bandes-annonces . Cette version bâtarde hâtivement allongée de 20 minutes en prévision du festival abuse des longueurs et donne des indices sur les raisons de l'échec de GRINDHOUSE lors de sa sortie dans les salles américaines.
On se gardera
bien de conclure définitivement au semi échec. On se souvient notamment comment
un JACKIE BROWN avait gagné en puissance à la re-vision. Mais,
pour le moment, ce que l'on trouve de plus bandant dans DEATH PROOF reste ce
qu'on en voyait dans le trailer générique de GRINDHOUSE :
(lisez également l'avis de domeniko sur le film)
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