Surtout connu pour son roman L'Empire du Soleil qui
retrace sa jeunesse dans un camp de détention japonais durant la deuxième
guerre mondiale (Ballard est né à Shangai en 1930 de parents anglais) et qui a
été popularisé par Steven Spielberg au cinéma, J.G. Ballard était un animal
littéraire complexe et visionnaire, à cheval sur plusieurs styles, et ouvrant
des portes vers d'autres disciplines.
Médecin de formation, ancien officier de la RAF, Ballard est fasciné par
les effets de la science, de la technologie et des médias sur la société
moderne et la façon d'appréhender le monde. C'est dans un langage et une forme
qu'on qualifiera d'expérimentaux (mais pas pour autant occultes) qu'il
développe ces thèmes, tel un observateur avisé de nos sociétés industrielles
(et plus tard post-industrielles) qui ne laissent plus de place au sens, mais
bien à l'image, à la représentation des choses. Mass-médias, architectures
industrielles et paysages dévastés, le monde n'est plus vu comme un tout dans
lequel l'humain finit par trouver sa place, mais bien un kaléidoscope d'images
auxquelles on a inséré un contenu aléatoire. Une vision du monde déstructurée
donc, dans lesquelles les images sont plus réelles que la vie. Une vision du
monde où l'humain se retrouve, forcément, isolé, s'oubliant au passage et
ressort déshumanisé: «'Dois-je m'allonger près de toi?' Ignorant sa
question, Talbot scrutait ses larges hanches aux contours froids et privés de
sensations. Déjà, elle prenait l'allure d'un mannequin de caoutchouc, empli
d'un gaz judicieusement réparti, obscène machine masturbatoire» (extrait de
La Foire
aux Atrocités, 1970).
Ces thèmes essentiels que Ballard a déployé dans des livres
comme La Foire
aux Atrocités (1970), Crash (1973) ou Concrete Island (1974),
on les retrouve chez des artistes aussi importants que William Burroughs, Joy
Division (le titre Atrocity Exhibition qui ouvre Closer), Bowie
(la période berlinoise), Radiohead (de OK Computer à Hail To The
Thief, même combat - Thom Yorke citant d'ailleurs régulièrement Ballard
comme influence majeure) ou David Cronenberg qui a adapté Crash en 1996
au cinéma.
Vers la fin de sa vie, J.G. Ballard s'est attaqué aux tares
de la société post-industrielle avec des romans comme Cocaine Nights ou Super-Cannes.
Son dernier livre, Kingdom Come (Que notre règne arrive, 2006)
cible la société de...
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Mort de l'écrivain J.G. Ballard
J.G. Ballard est mort et c'est une triste nouvelle.
Surtout connu pour son roman L'Empire du Soleil qui
retrace sa jeunesse dans un camp de détention japonais durant la deuxième
guerre mondiale (Ballard est né à Shangai en 1930 de parents anglais) et qui a
été popularisé par Steven Spielberg au cinéma, J.G. Ballard était un animal
littéraire complexe et visionnaire, à cheval sur plusieurs styles, et ouvrant
des portes vers d'autres disciplines.
Médecin de formation, ancien officier de la RAF, Ballard est fasciné par
les effets de la science, de la technologie et des médias sur la société
moderne et la façon d'appréhender le monde. C'est dans un langage et une forme
qu'on qualifiera d'expérimentaux (mais pas pour autant occultes) qu'il
développe ces thèmes, tel un observateur avisé de nos sociétés industrielles
(et plus tard post-industrielles) qui ne laissent plus de place au sens, mais
bien à l'image, à la représentation des choses. Mass-médias, architectures
industrielles et paysages dévastés, le monde n'est plus vu comme un tout dans
lequel l'humain finit par trouver sa place, mais bien un kaléidoscope d'images
auxquelles on a inséré un contenu aléatoire. Une vision du monde déstructurée
donc, dans lesquelles les images sont plus réelles que la vie. Une vision du
monde où l'humain se retrouve, forcément, isolé, s'oubliant au passage et
ressort déshumanisé: «'Dois-je m'allonger près de toi?' Ignorant sa
question, Talbot scrutait ses larges hanches aux contours froids et privés de
sensations. Déjà, elle prenait l'allure d'un mannequin de caoutchouc, empli
d'un gaz judicieusement réparti, obscène machine masturbatoire» (extrait de
La Foire
aux Atrocités, 1970).
Ces thèmes essentiels que Ballard a déployé dans des livres
comme La Foire
aux Atrocités (1970), Crash (1973) ou Concrete Island (1974),
on les retrouve chez des artistes aussi importants que William Burroughs, Joy
Division (le titre Atrocity Exhibition qui ouvre Closer), Bowie
(la période berlinoise), Radiohead (de OK Computer à Hail To The
Thief, même combat - Thom Yorke citant d'ailleurs régulièrement Ballard
comme influence majeure) ou David Cronenberg qui a adapté Crash en 1996
au cinéma.
Vers la fin de sa vie, J.G. Ballard s'est attaqué aux tares
de la société post-industrielle avec des romans comme Cocaine Nights ou Super-Cannes.
Son dernier livre, Kingdom Come (Que notre règne arrive, 2006)
cible la société de consommation dans une petite ville futuriste de la banlieue
londonienne, endroit de deux seules activités rassembleuses: le shopping au
Centre Commercial roi et les débordements néo-fascistes lors des matches de
foot car,... ben, qu'est-ce qu'il y a d'autre à faire? A méditer...
James Graham Ballard est mort ce dimanche des suites d'un
cancer de la prostate. Il avait 78 ans. Godspeed You! Dark Emperor.
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