Toujours basé sur le manga populaire de Shirow Masamune
(GHOST IN THE SHELL), APPLESEED EX MACHINA est le second volet d'une trilogie
débutée 3 ans auparavant avec un premier long métrage d'animation qui m'avait
laissé un souvenir globalement décevant. Qu'on aime ou pas le Cyberpunk qui est
un genre en soi, il faut admettre que, contrairement à son prédécesseur
précurseur d'une technique de cell shading encore brouillonne, ce nouvel opus
en impose vraiment techniquement. C'est carrément beau à la manière de quelques
démos de jeux vidéos qui peuvent parfois couper le souffle aux aficionados (euh
oui on est dans le registre très subjectif de cette beauté graphique là par
opposition aux belles images de LA TERRE VUE DU CIEL ou de BROKEBACK MOUNTAIN).
Et la claque visuelle arrive dès les première secondes tout au long d'une scène
d'action durant laquelle l'héroïne (Deunan) et son commando prennent d'assaut
une cathédrale occupée par des Cyber-terroristes. Si l'équipe dirigée par
Shinji Aramaki n'a pas vraiment changé depuis 2004, l'outil infographique s'est
nettement amélioré et est désormais intégré à une véritable mise en scène qui
allie scènes de combat poseuses et sens du rythme dans le déroulement du film.
Gageons que cet apport considérable est du à l'arrivée de John Woo d'emblée
crédité comme producteur exécutif du projet. L'animation n'est pas parfaite et
s'il y a un effort à apporter au troisième épisode, ce devra être sur ce plan
là. Bien entendu, il n'est pas question de révolution thématique et il s'agira
encore de civilisation futuriste cyber technologique avec tous les codes que cela
implique (quête d'identité de la machine, exo squelettes imposants, cyborgs,
biodroïdes, terrorisme informatique, obscurantisme politique et longues
diatribes morales sur les dérives du progrès dans un monde contrôlé par les
ordinateurs). Ce seul point pourra en rebuter plus d'un, mais le genre est ce
qu'il est et APPLESEED EX MACHINA s'impose comme son plus preux représentant et
défenseur. Plusieurs fois largué dans les explications socio politiques, l'anticipation
trop réfléchie d'une culture nippone qui nous est de toute façon peu familière,
le spectateur reprend pied dans l'action qui, même si elle est parfois clichée,
sauve littéralement le film.
APPLESEED EX MACHINA
s'inscrit bien sûr dans la continuité de la...
|
Appleseed Ex MachinaBIFFF 2008 - Deunan et Briareos, son partenaire cyborg, officient au sein de l'ES.W.A.T. la force d'élite de la ville d'Olympus, la cité peuplée d'humains et de bioroïdes, des êtres à l'image de l'homme mais créés artificiellement. Lorsque Briareos est gravement blessé au cours d'une mission, Deunan se voit flanquée d'un nouveau coéquipier plus performant conçu à partir de l'ADN amélioré de Briareos... Ensemble, ils vont s'attaquer à Poseidon, une puissance militaire derrière les attentats terroristes qui se multiplient à Olympus et qui menacent de faire éclater son utopie pacifiste...
Toujours basé sur le manga populaire de Shirow Masamune
(GHOST IN THE SHELL), APPLESEED EX MACHINA est le second volet d'une trilogie
débutée 3 ans auparavant avec un premier long métrage d'animation qui m'avait
laissé un souvenir globalement décevant. Qu'on aime ou pas le Cyberpunk qui est
un genre en soi, il faut admettre que, contrairement à son prédécesseur
précurseur d'une technique de cell shading encore brouillonne, ce nouvel opus
en impose vraiment techniquement. C'est carrément beau à la manière de quelques
démos de jeux vidéos qui peuvent parfois couper le souffle aux aficionados (euh
oui on est dans le registre très subjectif de cette beauté graphique là par
opposition aux belles images de LA TERRE VUE DU CIEL ou de BROKEBACK MOUNTAIN).
Et la claque visuelle arrive dès les première secondes tout au long d'une scène
d'action durant laquelle l'héroïne (Deunan) et son commando prennent d'assaut
une cathédrale occupée par des Cyber-terroristes. Si l'équipe dirigée par
Shinji Aramaki n'a pas vraiment changé depuis 2004, l'outil infographique s'est
nettement amélioré et est désormais intégré à une véritable mise en scène qui
allie scènes de combat poseuses et sens du rythme dans le déroulement du film.
Gageons que cet apport considérable est du à l'arrivée de John Woo d'emblée
crédité comme producteur exécutif du projet. L'animation n'est pas parfaite et
s'il y a un effort à apporter au troisième épisode, ce devra être sur ce plan
là. Bien entendu, il n'est pas question de révolution thématique et il s'agira
encore de civilisation futuriste cyber technologique avec tous les codes que cela
implique (quête d'identité de la machine, exo squelettes imposants, cyborgs,
biodroïdes, terrorisme informatique, obscurantisme politique et longues
diatribes morales sur les dérives du progrès dans un monde contrôlé par les
ordinateurs). Ce seul point pourra en rebuter plus d'un, mais le genre est ce
qu'il est et APPLESEED EX MACHINA s'impose comme son plus preux représentant et
défenseur. Plusieurs fois largué dans les explications socio politiques, l'anticipation
trop réfléchie d'une culture nippone qui nous est de toute façon peu familière,
le spectateur reprend pied dans l'action qui, même si elle est parfois clichée,
sauve littéralement le film.
APPLESEED EX MACHINA
s'inscrit bien sûr dans la continuité de la trilogie d'une part et de franchise
ensuite, mais son caractère démonstratif lui donne également un statut de standalone
parfaitement distrayant pour celui qui fait la connaissance des personnages - le
character design de Briareos est particulièrement bien soigné ce coup-ci pour
rehausser son importance. Malgré l'absence de visage humain, le cyborg est
paradoxalement le personnage le plus expressif - et qui entre dans l'univers d'Olympus,
cité inspirée de la mythologie grecque (avec son Tartare, son Poseidon, Son
Athena, etc) pour la première fois. On n'a aucun problème à saisir l'enjeu au
niveau des héros (le triangle Deunan/Briareos/Tereus obéit aux relations les
plus basiques), même si leur Némésis est un peu plus complexe à cerner dans ses
motivations. Si ces liftings et les entorses qui en découlent ne manqueront pas
d'irriter les fans hardcore du manga, les autres accueilleront agréablement la
refonte sans peut-être même avoir conscience des changements. Au milieu de tout
ce déploiement d'artillerie militaire et technico-futuriste, le film s'autorise
même une menace venue d'un genre voisin depuis la nuit du cinéma fantastique,
lourde dans la métaphore qu'elle suggère : la population asservie par la
mode éclair d'un nouveau type de téléphone portable se transforme en zombies au
service d'un seul maître qui en contrôle le signal destructeur... Moi qui m'étais
décidé à me procurer ce maudit iPhone, je vais finalement attendre encore un
peu !
|