DIARY
OF THE DEAD est une prise de conscience. Pas forcément celle voulue avec
insistance par George A. Romero, mais une bien désagréable quand même. Quelle
vilaine impression. Comment en est-on arrivés là ? Parce que je n'ai pas
de mal à me remémorer une époque où Eddy me semblait super cool. C'était mon
idole de rocker, comme aurait pu l'être Elvis ou Kurt Cobain. Débarrassez-vous
tout de suite l'esprit de l'image d'Eddy Mitchell hein, je ne suis pas une
ménagère de 50 ans. Je voulais vous parler d'un autre Eddy : l'avatar
monstrueux du groupe IRON MAIDEN. Je vous jure qu'à un moment de ma vie, j'ai
vraiment pensé qu'écouter à fond ce groupe de Métal anglais dans mon Walkman
était un signe qui indiquait le mec cool. Il y en avait d'autres. Le T-Shirt
noir affublé d'un transfert plastifié de Can I play With Madness ? Killers ou même No Prayer For The Dying en faisait aussi partie. Hey, j'allais
jusqu'à accrocher les pochettes des vinyls aux murs de ma chambre d'ado. J'avais
refoulé une partie de tout ça, mais il y a toujours les stigmates, ces petits trous percés par les punaises constatés en
récupérant mes 33 tours récemment. C'est à peu près à ce moment là que j'ai une
première fois éprouvé la dite sensation. Celle qui vous fait hésiter. Qui vous
fait ranger les albums d'Iron Maiden, à part, même les pictures discs qui vous avaient fait cavaler de disquaires en solderies avec votre cochon cassé dans un sac à
dos. J'ai mis ça de côté. A l'abri de tous les regards, y compris du mien.
Parce que celle ou celui qui les verra pourrait penser que je suis un de ces
couillons de métalleux à la traine. Tout sauf un mec cool.
Eprouver
encore ce sentiment, mais dans une salle de BIFFF cette fois, a tendance à être
encore moins confortable et à induire l'amalgame. Parce que l'ère Iron Maiden a
pour moi coïncidé avec la découverte et la totale addiction à la trilogie des
morts vivants (NIGHT, DAWN et DAY OF THE LIVING DEAD). George et ses films
étaient cool ! Comment en est-on arrivé à ce qu'ils m'embarrassent aujourd'hui ?
LAND OF THE DEAD en 2005 ne m'avait pas rebuté comme ça. Pas jusqu'à entacher le
reste de la pentalogie du réalisateur. Un homme qui a réellement donné un sens
au film de Zombie. Qui l'a enfanté dans la forme que l'on lui attribue aujourd'hui
avec sa mythologie devenue aussi...
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Sortie: 04/06/2008 De: George A. Romero Et: une bande zombie maquillés et dautres qui ne le sont pas... Diary of the DeadCHRONIQUES DES MORTS VIVANTS - Des étudiants en
cinéma tournent, dans une forêt, un film d'horreur à petit budget. Ailleurs,
les morts se lèvent et attaquent les vivants et l'épidémie a tôt fait de
rattraper le groupe qui doit prendre la fuite pour survivre, mais qui continue
à tourner ce qui sera finalement ... un documentaire !
Le Zombie est mort ce soir... [chanson triste]
DIARY
OF THE DEAD est une prise de conscience. Pas forcément celle voulue avec
insistance par George A. Romero, mais une bien désagréable quand même. Quelle
vilaine impression. Comment en est-on arrivés là ? Parce que je n'ai pas
de mal à me remémorer une époque où Eddy me semblait super cool. C'était mon
idole de rocker, comme aurait pu l'être Elvis ou Kurt Cobain. Débarrassez-vous
tout de suite l'esprit de l'image d'Eddy Mitchell hein, je ne suis pas une
ménagère de 50 ans. Je voulais vous parler d'un autre Eddy : l'avatar
monstrueux du groupe IRON MAIDEN. Je vous jure qu'à un moment de ma vie, j'ai
vraiment pensé qu'écouter à fond ce groupe de Métal anglais dans mon Walkman
était un signe qui indiquait le mec cool. Il y en avait d'autres. Le T-Shirt
noir affublé d'un transfert plastifié de Can I play With Madness ? Killers ou même No Prayer For The Dying en faisait aussi partie. Hey, j'allais
jusqu'à accrocher les pochettes des vinyls aux murs de ma chambre d'ado. J'avais
refoulé une partie de tout ça, mais il y a toujours les stigmates, ces petits trous percés par les punaises constatés en
récupérant mes 33 tours récemment. C'est à peu près à ce moment là que j'ai une
première fois éprouvé la dite sensation. Celle qui vous fait hésiter. Qui vous
fait ranger les albums d'Iron Maiden, à part, même les pictures discs qui vous avaient fait cavaler de disquaires en solderies avec votre cochon cassé dans un sac à
dos. J'ai mis ça de côté. A l'abri de tous les regards, y compris du mien.
Parce que celle ou celui qui les verra pourrait penser que je suis un de ces
couillons de métalleux à la traine. Tout sauf un mec cool.
Eprouver
encore ce sentiment, mais dans une salle de BIFFF cette fois, a tendance à être
encore moins confortable et à induire l'amalgame. Parce que l'ère Iron Maiden a
pour moi coïncidé avec la découverte et la totale addiction à la trilogie des
morts vivants (NIGHT, DAWN et DAY OF THE LIVING DEAD). George et ses films
étaient cool ! Comment en est-on arrivé à ce qu'ils m'embarrassent aujourd'hui ?
LAND OF THE DEAD en 2005 ne m'avait pas rebuté comme ça. Pas jusqu'à entacher le
reste de la pentalogie du réalisateur. Un homme qui a réellement donné un sens
au film de Zombie. Qui l'a enfanté dans la forme que l'on lui attribue aujourd'hui
avec sa mythologie devenue aussi universelle que celle du vampire ou du loup
garou. Ce DIARY, comme le journal d'Anne Franck, est celui d'un mort, mais à la
différence de cette jeune juive envoyée à Auschwitz, George A. Romero est
revenu. Sans son âme. Déglingué. En parfait Zombie. LAND OF THE DEAD était
parfois maladroit et souvent poussiéreux, mais son discours sur l'humanité et l'évolution
des monstres avait un sens et cette nouvelle histoire, toute anodine qu'elle
soit, méritait d'être racontée de cette façon là... à l'ancienne.
DIARY
OF THE DEAD, c'est le Romero auto proclamé moderne. Un papy assis devant sa
télé à boutons qui réclame l'iPod qu'il voit dans une pub. Ainsi, le vieux s'est
payé un ordinateur pour économiser un peu sur les effets spéciaux et il en a
profité pour découvrir internet et les sites d'user content que sont MySpace ou
YouTube. Dans cet élément défini par la surinformation et la diversité des
points de vues qui oblige chacun à se poser en critique d'opinions, le message
du grand-père des zombies est d'un anachronisme malheureux. Le ton acerbe ou
sociologiquement acéré qui lui a valu la reconnaissance critique par le passé
s'est transformé en discours grabataire. Attention, les médias vous
mentent ! Prenez garde à l'œil voyeur de la caméra qui vous déshumanise !
On a peur des autres, on les massacre, mais pour eux nous sommes aussi des
autres ! Entre l'armée et une bande de pirates sauvages, il n'y a qu'un
salaire et un uniforme ! Bref, la critique politique à l'âge du vieillard
qui se prend encore pour un sociologue. S'en suivent de longues réflexions
radoteuses qu'on nous inflige - comble de la lourdeur - en voix off blasée sur
de fausses images d'actualité. Alors qu'il nous ressert inconsciemment sa purée
de 1968 (année de NIGHT OF THE LIVING DEAD), Romero reste persuadé d'avoir un
regard neuf et alerte sur les problèmes de notre actualité. Tant de témérité se
propage forcément à sa mise en scène tout aussi maladroite et déphasée (sauf dans la scène burlesque avec l'Amish ok...). La
technique télé réalité et faux reportage appliquée au film d'horreur. Quelle
révolution ! Avec un peu plus d'expérience de l'outil et en se renseignant
un peu online, Romero aurait entendu parler de CLOVERFIELD, il se serait documenté
sur [REC] , deux exemples concomitants de réalisations qui participent à une
mode identique. A l'heure de la comparaison, le verdict est accablant.
Complètement artificielles et justifiées en permanence comme on s'excuse d'un
acte non assumé, les images de ce DIARY OF THE DEAD sont tellement distancées d'une
quelconque impression de réel qu'elles relèvent presque du pastiche. Les
vulgaires effets de montage font très caméra amateur certes, mais ils sont aussi
peu crédibles que ceux d'un MONSTER, censé jouer dans une toute autre catégorie.
Pas sûr que DIARY OF THE DEAD ait coûté plus cher qu'une production Asylum, d'ailleurs.
On a la preuve que les acteurs minables (qui finissent de théâtraliser la
moindre trace de réalisme) viennent au moins de la même réserve de chômeurs. On a
aussi la preuve que le Romero cool a disparu. On pourrait facilement croire que c'est
nous qui avons changé, que lui a toujours été comme ça, mais on a aussi la
preuve que les morts peuvent revenir... Ne riez pas ! Ce n'est pas drôle. Tout ce que je peux vous dire , c'est que ce n'est pas beau à voir !
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