Cinéma: Flick | K-web

En matière d'esthétique de comics au cinéma, SIN CITY se posait là, en maître absolu d'un genre en soi auquel appartenait aussi le DICK TRACY avec Pacino, Beatty et Madonna. Pas
tant que ces films soient une réussite dans leur ensemble, la faute à un scénar un
peu léger et un premier degré frôlant souvent le ridicule, mais côté visuel, ils méritaient la gomette verte pour sûr. Venir aujourd'hui se lancer dans une entreprise
vaguement similaire avec, dans les poches, tout juste de quoi se payer un
camion rempli de Krisprolls, en revient à jongler avec des lames de cutter sans se couper. C'est possible (si si) mais faut être très fort. Certes,
David Howard est un petit cinéaste gallois fauché et l'horreur (faut le dire
vite) abordée dans FLICK est radicalement différente de l'action noire de SIN
CITY, mais la démarche conceptuelle n'en reste pas moins semblable.


Une première séquence en sépia usé, granuleux, jouant sur des contrastes
d'éclairages tranchés, on attend de voir la suite. De décrochages sonores en raccords
en volet, on évolue de case en case en s'interrogeant sur le nombre de secondes
que durera l'illusion. La réponse tombe rapidement quand l'histoire change d'époque et,
qu'avec elle, la couleur produisant des images criardes, kitsch et monstrueusement...
ringardes. C'est moche et ça pique aux yeux. Il est évident que David Howard
s'est mis en tête de jouer sur un certain décalage en accord avec les visuels du rockabilly de garage, mais sans avoir les moyens
de le tenir sur la longueur. Les premières chasubles jaunes fluo des policiers
british finissent d'abattre toute atmosphère. Au jeu du ça passe ou ça casse, Howard se fracture le bassin.


Son originale histoire de vengeance ne tenant pas la route pour
soutenir un long, Flick se retrouve divisé entre deux segments de l'histoire illustrés
par un rendu graphique légèrement différent. D'un coté, les tribulations du Johnny
et son maquillage de figurant dans Thriller, de l'autre, une Faye Dunaway (CHINATOWN, ARIZONA DREAM) toute fanée et son bras bionique qui mène l'enquête,
aussi convaincante qu'une Mathilde Seigner à qui on aurait demandé d'incarner
l'intelligence et la distinction. Howard, on ne t'a jamais dit que ce n'était pas bien de
profiter de la naïveté des veilles personnes pour les faire tourner dans
n'importe quoi ?


Emmené par des rengaines rock...

JacK, K-web [kweb.be]
legende




Flick
note kweb

Durée: 95 min

De: David Howard

Avec: Hugh O'Connor, Richard Hawley, Liz Smith
Et: Faye Dunaway




Flick

BIFFF 2008 - Johnny, fan de rock à banane, danseur fou et surtout méchamment limité du cerveau n'avait qu'une seule idée en tête : Faire danser Sal, la fille de ses rêves. Les gros bras du collège, ne l'entendant pas de cette oreille, trouvent là une bonne occasion de se foutre un peu de sa gueule un soir de bal. Une fois de trop. Car Johnny - Flick - Taylor pète un câble et repeint la piste de danse avec le sang de ses tortionnaires avant de perdre le contrôle de sa caisse qui le précipitera dans la rivière. 20 ans plus tard, la voiture est repêchée et Johnny, frais comme un gardon en décomposition, va tout mettre en œuvre pour assouvir sa soif de vengeance.    

K!
Voir la K-id de JacK
par JacK
08-04-2008

Le retour de Johnny Rotten


En matière d'esthétique de comics au cinéma, SIN CITY se posait là, en maître absolu d'un genre en soi auquel appartenait aussi le DICK TRACY avec Pacino, Beatty et Madonna. Pas tant que ces films soient une réussite dans leur ensemble, la faute à un scénar un peu léger et un premier degré frôlant souvent le ridicule, mais côté visuel, ils méritaient la gomette verte pour sûr. Venir aujourd'hui se lancer dans une entreprise vaguement similaire avec, dans les poches, tout juste de quoi se payer un camion rempli de Krisprolls, en revient à jongler avec des lames de cutter sans se couper. C'est possible (si si) mais faut être très fort. Certes, David Howard est un petit cinéaste gallois fauché et l'horreur (faut le dire vite) abordée dans FLICK est radicalement différente de l'action noire de SIN CITY, mais la démarche conceptuelle n'en reste pas moins semblable.

Une première séquence en sépia usé, granuleux, jouant sur des contrastes d'éclairages tranchés, on attend de voir la suite. De décrochages sonores en raccords en volet, on évolue de case en case en s'interrogeant sur le nombre de secondes que durera l'illusion. La réponse tombe rapidement quand l'histoire change d'époque et, qu'avec elle, la couleur produisant des images criardes, kitsch et monstrueusement... ringardes. C'est moche et ça pique aux yeux. Il est évident que David Howard s'est mis en tête de jouer sur un certain décalage en accord avec les visuels du rockabilly de garage, mais sans avoir les moyens de le tenir sur la longueur. Les premières chasubles jaunes fluo des policiers british finissent d'abattre toute atmosphère. Au jeu du ça passe ou ça casse, Howard se fracture le bassin.

Son originale histoire de vengeance ne tenant pas la route pour soutenir un long, Flick se retrouve divisé entre deux segments de l'histoire illustrés par un rendu graphique légèrement différent. D'un coté, les tribulations du Johnny et son maquillage de figurant dans Thriller, de l'autre, une Faye Dunaway (CHINATOWN, ARIZONA DREAM) toute fanée et son bras bionique qui mène l'enquête, aussi convaincante qu'une Mathilde Seigner à qui on aurait demandé d'incarner l'intelligence et la distinction. Howard, on ne t'a jamais dit que ce n'était pas bien de profiter de la naïveté des veilles personnes pour les faire tourner dans n'importe quoi ?

Emmené par des rengaines rock 50's, Johnny, le vengeur tout pourri, baigne dans une pseudo fantaisie. L'investigation, elle, casse le rythme sous des airs jazzy pompés à TWIN PEAKS sans pour autant en capter l'étrangeté. Ce n'est d'ailleurs pas le seul pillage dans l'œuvre de Lynch. Dans le genre, le générique final, dépassant de loin le clin d'œil, se calque franchement sur l'ouverture de MULHOLLAND DRIVE. Evidemment, on s'en voudrait de ne pas donner un bon point pour souligner quelques trouvailles visuelles (les deux ou trois transitions BD restent top), mais celles-ci ont bien du mal à sortir d'un gouffre débordant d'esthétisme carnavalesque. Trop sérieux et calculé pour atteindre un second degré salutaire, FLICK ne fait finalement sourire que pour de mauvaises raisons. Pour la banane, c'est vraiment rappé !

[Rendez-vous sur le site officiel pour une bande-annonce et le look&feel général du film...]



Moyenne des verdiKts:
1/5

Vos Kommentaires

Ockam
09/04/2008 12:59
1/5
nul ! franchement nul ! Mais le réalisateur était peté et il a bien chanté. Je ne sais pas si Lio était encore dans la salle, mais elle aurait été emballée...  
 
sinon le rock c'est pour les ploucs. jetez moi des pierres j'aime ça ! non ? rien ? et si je vous dit Elle visse... non plus ? Dick Reverse alors ? même pas drôle hey !

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