Cinéma: All God's Children Can Dance | K-web

Dans sa série de films contemplatifs, la programmation deauvillaise proposait ici d'en découdre avec l'histoire d'un chinois membré comme un mulet. Ne voyez pas là l'usage d'une nouvelle image sexuelle gratuite de notre part, ce cadeau de la nature est en fait le signe physique que le père absent du gamin lui a transmis. Un signe divin, en l'occurrence, puisque ce père est, en toute simplicité, Dieu. Doux euphémisme pour justifier l'adolescence porte ouverte d'une jeune femme, aujourd'hui mère, qui voit son fils l'interroger sur ses origines biologiques. La jeune dévergondée s'étant découverte une foi proche d'un mysticisme fanatique, elle a elle-même réussi à se convaincre que son fils est bel et bien le fruit de la semence divine. Autant dire que les fêtes de Noël et les anniversaires du petit ont dû assurer un max.


Après dix premières minutes jouant sur l'introduction récurrente de flash-back lovés dans une B.O. ridicule, ALL GOD'S CHILDREN CAN DANCE, adaptation d'une nouvelle d'Haruki Murakami (Kafka sur le rivage), trouve son rythme de croisière : une cadence lente et vaporeuse. Pressé par sa fiancée qui voit déjà en lui le père de ses enfants, Kengo perd pied. Toujours bien ancré dans l'enfance, il ne parvient pas à s'engager. Ne sachant lui-même qui il est et d'où il vient, le gaillard reste coincé entre deux âges. Ça tombe bien puisque le film trouve là sa raison d'être et se mue alors en une quête identitaire d'un fils cherchant son père, seul être capable, semble-t-il, de lui permettre d'aller de l'avant.


Entre errance et lyrisme, Robert Logevall plonge dans une démarche esthétisante appuyée. Tout est construit, étudié, peaufiné. Dans ce sens, La photographie est elle aussi hyper soignée. Les plans branchouilles se succèdent et laissent derrière eux un parfum de Gus Van Sant. Les risques d'avoir le nez qui pique et les yeux qui pleurent ne relèvent donc pas du simple exercice de routine. Pourtant, c'est bien à ce niveau que se situe la qualité principale de ce parcours initiatique. Les personnages sont magnifiés et l'attention préservée. Reste à savoir comment le chinois peu avenant a réussi à ramener la jolie brunette (Sonja Kinski, affolante fille de Nastassja) dans son lit. Le réalisateur s'est d'ailleurs lui aussi demandé comment il parviendrait à nous faire avaler l'énormité. Un gros nerd est désigné pour éclaircir...

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All God's Children Can Dance
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Durée: 85 min

De: Robert Logevall

Avec: Jason Lew, Joan Chen, Sonja Kinski, Tzi Ma



All God's Children Can Dance

Un jeune homme qui vit dans le quartier coréen de Los Angeles est persuadé depuis l'enfance qu'il est le fils de Dieu car sa mère le lui a toujours dit. Un jour, il décide de suivre à travers la ville un homme qui pourrait être son père...
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par jacK
17-09-2008

Le fils de Dieu


Dans sa série de films contemplatifs, la programmation deauvillaise proposait ici d'en découdre avec l'histoire d'un chinois membré comme un mulet. Ne voyez pas là l'usage d'une nouvelle image sexuelle gratuite de notre part, ce cadeau de la nature est en fait le signe physique que le père absent du gamin lui a transmis. Un signe divin, en l'occurrence, puisque ce père est, en toute simplicité, Dieu. Doux euphémisme pour justifier l'adolescence porte ouverte d'une jeune femme, aujourd'hui mère, qui voit son fils l'interroger sur ses origines biologiques. La jeune dévergondée s'étant découverte une foi proche d'un mysticisme fanatique, elle a elle-même réussi à se convaincre que son fils est bel et bien le fruit de la semence divine. Autant dire que les fêtes de Noël et les anniversaires du petit ont dû assurer un max.

Après dix premières minutes jouant sur l'introduction récurrente de flash-back lovés dans une B.O. ridicule, ALL GOD'S CHILDREN CAN DANCE, adaptation d'une nouvelle d'Haruki Murakami (Kafka sur le rivage), trouve son rythme de croisière : une cadence lente et vaporeuse. Pressé par sa fiancée qui voit déjà en lui le père de ses enfants, Kengo perd pied. Toujours bien ancré dans l'enfance, il ne parvient pas à s'engager. Ne sachant lui-même qui il est et d'où il vient, le gaillard reste coincé entre deux âges. Ça tombe bien puisque le film trouve là sa raison d'être et se mue alors en une quête identitaire d'un fils cherchant son père, seul être capable, semble-t-il, de lui permettre d'aller de l'avant.

Entre errance et lyrisme, Robert Logevall plonge dans une démarche esthétisante appuyée. Tout est construit, étudié, peaufiné. Dans ce sens, La photographie est elle aussi hyper soignée. Les plans branchouilles se succèdent et laissent derrière eux un parfum de Gus Van Sant. Les risques d'avoir le nez qui pique et les yeux qui pleurent ne relèvent donc pas du simple exercice de routine. Pourtant, c'est bien à ce niveau que se situe la qualité principale de ce parcours initiatique. Les personnages sont magnifiés et l'attention préservée. Reste à savoir comment le chinois peu avenant a réussi à ramener la jolie brunette (Sonja Kinski, affolante fille de Nastassja) dans son lit. Le réalisateur s'est d'ailleurs lui aussi demandé comment il parviendrait à nous faire avaler l'énormité. Un gros nerd est désigné pour éclaircir la situation en demandant à Kengo le secret pour qu'un mec comme lui soit parvenu à se taper une fille comme elle. La réponse ne tarde pas, c'est la moustache qui fonctionne comme un authentique aimant à bombasses. Soyons sérieux. Ce n'est pas que cela ne nous ait pas convaincu - en fait si, on n'y croit toujours pas du tout - mais si le gars en est persuadé, tant mieux pour lui. Nous, on préfèrera se dire que Robert Logevall n'avait pas trop envie de dessaper un boudin. Ce sera plus crédible et ça permettra à tout le monde de mieux dormir. Enfin, nous, pour ce qu'on en dit...



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