Vous pensez qu'un film comme LA PROMESSE des frères Dardenne (LE SILENCE DE LORNA) privilégie excessivement l'action et manque de sobriété ? Qu'ils se la jouent vraiment trop avec leurs mouvements de caméra instable et que, décidément, Olivier Gourmet est outrageusement glamour ? Commencez par brûler toutes les copies existantes de MOULIN ROUGE, dont le moindre flash visuel pourrait vous terrasser sur place, et précipitez vous sur la deuxième oeuvre de Lance Hammer. Avec BALLAST, vous serez, à coup sûr, comblés.
Désireux de faire un film capable de retranscrire à l'écran la dignité déployée face à un sentiment de tristesse, Hammer, totalement convaincu que cet état ne peut être évoqué par le langage, a pris le parti de limiter les dialogues au maximum et de réduire la structure narrative à sa plus simple expression. Qu'il se rassure, son film évite totalement tout embryon de discours. En fait, évoquer le principe même de récit semble ici totalement déplacé. Les personnages vivent un deuil. Ils l'intériorisent, interagissent maladroitement et, finalement, le dépassent au fil de plans volontairement longs et mornes. Le silence, tout comme le vide d'ailleurs, est rigoureusement respecté bien au delà de la minute prescrite habituellement.
Comme c'était déjà le cas dans MOMMA'S MAN qui fait partie de la même compétition de ce festival de Deauville, l'important ici ne relève pas de ce que l'on voit, mais bien de ce que l'on perçoit. Malheureusement, ce n'est pas là le seul point commun que BALLAST entretient avec l'œuvre d'Azazel Jacobs. Lance Hammer tombe d'emblée dans les mêmes travers en se laissant aller à un hermétisme abscons. Mais cette fois, plus de nostalgie, plus d'arrière plan enfantin un tant soit peu poétique. Le sujet est filmé froidement dans une approche voisine d'un certain naturalisme. De là à dire que son appréhension du temps qui passe, ou plutôt ne passe pas, le rapproche des meilleurs épisodes de Chasse et Pêche, il n'y a qu'un pas que l'on s'abstiendra poliment de franchir. Le bonhomme a quand même reçu le prix du meilleur réalisateur à Sundance. Si cela n'est évidemment pas une preuve irréfutable de talent, ce n'en est pas moins l'indice d'une reconnaissance légitime s'appuyant sur l'expression d'un regard particulier. Il a quand même bien mérité sa gommette sur ce point.
Car si la...
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Durée: 96 min De: Lance Hammer Avec: Micheal J. Smith Sr., JimMyron Ross, Tarra Riggs, Johnny McPhail BallastLawrence et son frère habitent ensemble dans une petite ville du Mississippi. Lorsque son frère décède de manière inattendue, Lawrence voit sa vie bouleversée et tente de renouer avec James et sa mère Marlee, l'ex femme de son frère...
Quatre siestes et un enterrement Vous pensez qu'un film comme LA PROMESSE des frères Dardenne (LE SILENCE DE LORNA) privilégie excessivement l'action et manque de sobriété ? Qu'ils se la jouent vraiment trop avec leurs mouvements de caméra instable et que, décidément, Olivier Gourmet est outrageusement glamour ? Commencez par brûler toutes les copies existantes de MOULIN ROUGE, dont le moindre flash visuel pourrait vous terrasser sur place, et précipitez vous sur la deuxième oeuvre de Lance Hammer. Avec BALLAST, vous serez, à coup sûr, comblés.
Désireux de faire un film capable de retranscrire à l'écran la dignité déployée face à un sentiment de tristesse, Hammer, totalement convaincu que cet état ne peut être évoqué par le langage, a pris le parti de limiter les dialogues au maximum et de réduire la structure narrative à sa plus simple expression. Qu'il se rassure, son film évite totalement tout embryon de discours. En fait, évoquer le principe même de récit semble ici totalement déplacé. Les personnages vivent un deuil. Ils l'intériorisent, interagissent maladroitement et, finalement, le dépassent au fil de plans volontairement longs et mornes. Le silence, tout comme le vide d'ailleurs, est rigoureusement respecté bien au delà de la minute prescrite habituellement.
Comme c'était déjà le cas dans MOMMA'S MAN qui fait partie de la même compétition de ce festival de Deauville, l'important ici ne relève pas de ce que l'on voit, mais bien de ce que l'on perçoit. Malheureusement, ce n'est pas là le seul point commun que BALLAST entretient avec l'œuvre d'Azazel Jacobs. Lance Hammer tombe d'emblée dans les mêmes travers en se laissant aller à un hermétisme abscons. Mais cette fois, plus de nostalgie, plus d'arrière plan enfantin un tant soit peu poétique. Le sujet est filmé froidement dans une approche voisine d'un certain naturalisme. De là à dire que son appréhension du temps qui passe, ou plutôt ne passe pas, le rapproche des meilleurs épisodes de Chasse et Pêche, il n'y a qu'un pas que l'on s'abstiendra poliment de franchir. Le bonhomme a quand même reçu le prix du meilleur réalisateur à Sundance. Si cela n'est évidemment pas une preuve irréfutable de talent, ce n'en est pas moins l'indice d'une reconnaissance légitime s'appuyant sur l'expression d'un regard particulier. Il a quand même bien mérité sa gommette sur ce point.
Car si la démarche est louable, le film l'est moins. Quand arrive le moment de piétiner une courtoisie finalement bien surfaite, on admettra qu'une telle absence de rythme n'est pas loin de nous pousser à un intérêt subitement passionné pour les reportages sur la pêche au Bar. C'est moins bien filmé, mais il faut avouer que l'intense suspens que procure les frémissements du gardon à la périphérie de l'hameçon s'avère, au final, moins soporifique que cette tranche de vie farcie, du poing jusqu'au coude, d'une bonne grosse dose de Rohypnol.
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