Cinéma: Lakeview Terrace | K-web

Le brave Neil LaBute
n'a pour l'instant pas prouvé grand chose derrière la caméra. Il suffit d'avoir
gouté à son remake de THE WICKER MAN
avec de gros morceaux de Nic Cage dedans pour s'en convaincre. Fruit d'une passe
tendue entre un Mon Chichi et le Schtroumpf à lunettes, cet homme volubile,
mais très sérieux a déjà eu l'intelligence de ne pas tenter sa carrière devant
l'objectif. C'est que tous les physiques ingrats n'ont pas la chance d'un John Goodman
ou d'un Dany DeVito. Intelligent, son film l'est aussi par moments. Ce n'est
évidemment pas LAKEVIEW TERRACE qui inscrira Neil LaBute au firmament, mais le
film présente quelques qualités. A commencer par la présentation du personnage
incarné par Samuel L. Jackson sur
lequel se focalise la scène d'exposition. Plus tard, cet homme complexe commettra
les actes les plus inavouables, mais pour l'instant, la caméra l'introduit
comme le héros. Le bon père de famille issu des minorités qui lutte pour
maintenir ses valeurs et les enseigner à son prochain. Celui avec qui le public
est supposé s'identifier.


L'introduction est subtile donc, la suite le sera
nettement moins. En réalité, le scénario repose sur une et une seule idée :
le paradoxe d'un flic noir raciste qui décide de pourrir la vie de son nouveau
voisin blanc marié avec une « frangine ». Au réalisateur ensuite, de
broder pour étirer ce postulat sur la totalité d'un long métrage en créant un
crescendo de représailles de plus en plus extrémistes. Trop, au final, pour
demeurer totalement crédibles. Si on imagine mal une querelle de voisinage se
résoudre à la manière de cette conclusion estampillée Hollywood, le script de
LAKEVIEW TERRACE reste généralement suffisamment proche de notre quotidien ou plutôt
d'une version tronquée de celui-ci comme on en rencontre souvent dans les téléfilms
du samedi soir. A y réfléchir un peu, l'idée a certainement déjà été exploitée sur
le petit écran avec plus ou moins de succès. Moins d'ambition aussi. Parce qu'au
cinéma, les exigences sont différentes. Stars respectées - même Patrick Wilson (HARD CANDY, WATCHMEN) qui
signe malheureusement une prestation fort minimaliste - rebondissements
haletants, suspense et grosse castagne sont les ingrédients minimums des
studios qui pensent encore pouvoir façonner les attentes du public. Neil LaBute
mérite son salaire en se limitant à exercer la...

domeniKo, K-web [kweb.be]
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Lakeview Terrace
note kweb

Sortie: 10/12/2008

Durée: 110 min

De: Neil LaBute

Avec: Samuel L. Jackson, Kerry Washington, Patrick Wilson...



Lakeview Terrace

HARCELÉS - Lorsque Chris et Lisa emménagent dans leur nouvelle maison californienne, ils sont conscients qu'il leur faudra un peu de temps pour s'adapter au changement. Cependant, ils réalisent rapidement que leur voisin Abel ne voit pas d'un très bon oeil leur mariage mixte. Abel n'est pas seulement pro black, il est également veuf, plein de rancoeur et officier zélé du L.A.P.D, ce qui, dans le cas présent ne facilite pas les relations de voisinage. 
K!
Voir la K-id de domeniko
par domeniKo
08-09-2008

Série noire


Le brave Neil LaBute n'a pour l'instant pas prouvé grand chose derrière la caméra. Il suffit d'avoir gouté à son remake de THE WICKER MAN avec de gros morceaux de Nic Cage dedans pour s'en convaincre. Fruit d'une passe tendue entre un Mon Chichi et le Schtroumpf à lunettes, cet homme volubile, mais très sérieux a déjà eu l'intelligence de ne pas tenter sa carrière devant l'objectif. C'est que tous les physiques ingrats n'ont pas la chance d'un John Goodman ou d'un Dany DeVito. Intelligent, son film l'est aussi par moments. Ce n'est évidemment pas LAKEVIEW TERRACE qui inscrira Neil LaBute au firmament, mais le film présente quelques qualités. A commencer par la présentation du personnage incarné par Samuel L. Jackson sur lequel se focalise la scène d'exposition. Plus tard, cet homme complexe commettra les actes les plus inavouables, mais pour l'instant, la caméra l'introduit comme le héros. Le bon père de famille issu des minorités qui lutte pour maintenir ses valeurs et les enseigner à son prochain. Celui avec qui le public est supposé s'identifier.

L'introduction est subtile donc, la suite le sera nettement moins. En réalité, le scénario repose sur une et une seule idée : le paradoxe d'un flic noir raciste qui décide de pourrir la vie de son nouveau voisin blanc marié avec une « frangine ». Au réalisateur ensuite, de broder pour étirer ce postulat sur la totalité d'un long métrage en créant un crescendo de représailles de plus en plus extrémistes. Trop, au final, pour demeurer totalement crédibles. Si on imagine mal une querelle de voisinage se résoudre à la manière de cette conclusion estampillée Hollywood, le script de LAKEVIEW TERRACE reste généralement suffisamment proche de notre quotidien ou plutôt d'une version tronquée de celui-ci comme on en rencontre souvent dans les téléfilms du samedi soir. A y réfléchir un peu, l'idée a certainement déjà été exploitée sur le petit écran avec plus ou moins de succès. Moins d'ambition aussi. Parce qu'au cinéma, les exigences sont différentes. Stars respectées - même Patrick Wilson (HARD CANDY, WATCHMEN) qui signe malheureusement une prestation fort minimaliste - rebondissements haletants, suspense et grosse castagne sont les ingrédients minimums des studios qui pensent encore pouvoir façonner les attentes du public. Neil LaBute mérite son salaire en se limitant à exercer la brofession qui se cache dans son batronyme et LAKEVIEW TERRACE procure tout au plus un spectacle distrayant. Pour les extras ou le coup de cœur, il faudra aller voir ailleurs. Le film n'est ni plus ni moins qu'un honnête thriller qui ne se risque pas bien loin dans la question du racisme.

A bien des égards, LAKEVIEW TERRACE ressemble au mitigé TRAINING DAY d'Antoine Fuqua. Difficile de prendre la comparaison comme un compliment même si les deux films s'emploient à dresser le portrait complexe d'un flic noir du L.A.P.D. auquel on aimerait s'identifier (ne fût-ce que par respect pour le relatif capital sympathie de l'acteur) jusqu'à ce que ses actes nous poussent à prendre des distances avec lui. Alors si Samuel L. Jackson est convaincant dans un rôle cousu sur sa personne, la trame du film ne recèle pas vraiment d'intérêt. La bande-annonce dispense assez bien l'ensemble et si l'on s'en passe, on comprend quand même très vite que la situation va s'enflammer (au sens propre) et qu'il y a des coups qui vont se perdre dans les deux camps. Mais en y réfléchissant de trop près, il est amusant de constater que tout le monde y trouvera son compte à la fin. Qu'on soit raciste ou non d'ailleurs. Qu'on juge Abel comme « un sale extrémiste » ou « un sale noir », l'important c'est qu'il l'ait bien cherché et c'est de toute façon bien fait pour lui ! Hollywood, c'est comme Proximus, ça nous suce notre pognon, mais ça nous rapproche tous.

Samuel L. Jackson venu promouvoir le film durant le 34e festival du cinéma de Deauville 





Vos Kommentaires

swingtown girl
10/09/2008 10:16
tu as quelque chose contre les chichis et les schtroumpfs?

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