Cinéma: Momma's Man | K-web

Vous vous rappelez de cet épisode de SEINFELD où Jerry et George vont présenter leur concept de série à la chaîne NBC ? Une idée révolutionnaire qui va chambouler le petit monde de la sitcom US. Le pitch est simple : This show is about nothing. Cela ne veut pas dire qu'il ne se passe rien. Le principe est juste de développer une série se jouant de l'absence d'enjeu majeur et d'action, limitant celle-ci à une suite de dialogues et de situations évoquant une vie de tous les jours. Dans cette logique, MOMMA'S MAN est un film qui ne raconte rien. Pas vraiment de dialogues. Pas vraiment d'action. Azazel Jacobs s'appuie simplement sur cette idée d'un homme qui, lors d'une visite chez ses parents, se retrouve confronté à deux mondes : celui dans lequel il vit et celui dans lequel il vivait. Une idée, une seule. Enfermé dans le non-dit, les scènes se suivent et se ressemblent. Autant d'empreintes visuelles d'une errance psychologique qui l'enfonce, chaque jour un peu plus, dans une régression mentale et un déni total des responsabilités qui sont maintenant les siennes. Film cataleptique, il n'en est pas moins une œuvre de l'émotion et du sentiment. De la captation d'un état à l'expression d'un immobilisme éprouvant, Jacobs filme l'infime, évoquant le dilemme intérieur d'un personnage tourmenté. Dans l'espace confiné de la maison familiale, le temps s'arrête. Le père inquiet s'interroge. La mère, elle, se nourrit du mal être et entretient tacitement la procrastination de son fils qui sombre dans la dépression.


Lorsque Azazel Jacobs vient maladroitement se présenter devant nous, il distille, l'air de ne pas y toucher, quelques pistes qui s'avèreront bien utiles pour appréhender son œuvre. Les parents de Mickey sont ses parents et la maison dans laquelle ils vivent était la sienne lorsqu'il était gamin. Ce qui peut paraître comme deux détails futiles permettent pourtant de donner un éclairage particulier à ce MOMMA'S MAN. Il reconstitue un état d'âme qu'il a lui-même éprouvé. S'il se défend d'avoir voulu, à l'origine, faire tourner ses parents, il avoue n'avoir pas pu envisager de placer quelqu'un d'autre dans leur lit. Une récusation qui pourtant porte en elle les germes du caractère nostalgique qui le lie au personnage. Cette oeuvre se laisse alors découvrir comme une expression intime d'un homme bien décidé à...

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Momma's Man
note kweb

Durée: 94 min

De: Azazel Jacobs

Avec: Matt Boren, Ken Jacobs, Flo Jacobs, Richard Edson, Dana Varon, Piero Arcilesi



Momma's Man

Mikey, la trentaine, se rend à New York pour un voyage d'affaires et s'installe chez ses parents. Une fois son travail terminé, au lieu de rentrer chez lui auprès de sa femme et de son nouveau né, il trouve une excuse pour rester plus longtemps. Beaucoup plus longtemps.
K!
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par jacK
10-09-2008

Wake up Peter Pan


Vous vous rappelez de cet épisode de SEINFELD où Jerry et George vont présenter leur concept de série à la chaîne NBC ? Une idée révolutionnaire qui va chambouler le petit monde de la sitcom US. Le pitch est simple : This show is about nothing. Cela ne veut pas dire qu'il ne se passe rien. Le principe est juste de développer une série se jouant de l'absence d'enjeu majeur et d'action, limitant celle-ci à une suite de dialogues et de situations évoquant une vie de tous les jours. Dans cette logique, MOMMA'S MAN est un film qui ne raconte rien. Pas vraiment de dialogues. Pas vraiment d'action. Azazel Jacobs s'appuie simplement sur cette idée d'un homme qui, lors d'une visite chez ses parents, se retrouve confronté à deux mondes : celui dans lequel il vit et celui dans lequel il vivait. Une idée, une seule. Enfermé dans le non-dit, les scènes se suivent et se ressemblent. Autant d'empreintes visuelles d'une errance psychologique qui l'enfonce, chaque jour un peu plus, dans une régression mentale et un déni total des responsabilités qui sont maintenant les siennes. Film cataleptique, il n'en est pas moins une œuvre de l'émotion et du sentiment. De la captation d'un état à l'expression d'un immobilisme éprouvant, Jacobs filme l'infime, évoquant le dilemme intérieur d'un personnage tourmenté. Dans l'espace confiné de la maison familiale, le temps s'arrête. Le père inquiet s'interroge. La mère, elle, se nourrit du mal être et entretient tacitement la procrastination de son fils qui sombre dans la dépression.

Lorsque Azazel Jacobs vient maladroitement se présenter devant nous, il distille, l'air de ne pas y toucher, quelques pistes qui s'avèreront bien utiles pour appréhender son œuvre. Les parents de Mickey sont ses parents et la maison dans laquelle ils vivent était la sienne lorsqu'il était gamin. Ce qui peut paraître comme deux détails futiles permettent pourtant de donner un éclairage particulier à ce MOMMA'S MAN. Il reconstitue un état d'âme qu'il a lui-même éprouvé. S'il se défend d'avoir voulu, à l'origine, faire tourner ses parents, il avoue n'avoir pas pu envisager de placer quelqu'un d'autre dans leur lit. Une récusation qui pourtant porte en elle les germes du caractère nostalgique qui le lie au personnage. Cette oeuvre se laisse alors découvrir comme une expression intime d'un homme bien décidé à fixer à tout jamais une part de son enfance, de ses origines. Si cela constitue une valeur ajoutée dans l'intérêt de l'entreprise, c'est en même temps son défaut principal.

Film d'auteur en ce fait qu'il est pleinement l'expression artistique d'un sentiment personnel, il n'en semble pas moins avoir été réalisé, avant tout, pour son propre créateur. Le spectateur cherche son compte mais reste trop souvent en périphérie d'un projet opaque qui aurait certainement dû se voir décliner en court plutôt qu'en long métrage. Car une idée, une seule, est-ce bien suffisant pour justifier nonante-quatre minutes de pellicule ? Azazel Jacobs voulait que cet instantané relève de l'expérience inédite. Ce ne sera pas totalement le cas mais qu'il se rassure, faute de nous avoir convaincus, MOMMA'S MAN restera bien dans nos mémoires comme l'un des rares films qui, finalement, ne nous a rien raconté.



Vos Kommentaires

Manu
11/09/2008 14:37
Au contraire, Momma's Man nous raconte beaucoup de choses, sur la mémoire, le fait de devoir assumer sa vie d'adulte, la difficulté de se détacher de l'enfance, époque d'irresponsabilité et de liberté. 
 
In croyable qu'un critique puisse passer à côté de sujets aussi évidents et ne pas céder à la sensibilité pudique de cette oeuvre originale et spéciale... 

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