Je n'ai jamais été un gros bosseur. Ce genre d'élève qui montre chaque année à ses parents un bulletin légèrement au dessus de la moyenne sur lequel un prof a gribouillé la mention Bien, mais peut mieux faire. Les notes m'importaient peu. Il ne faut pas croire que je n'en avais rien à faire. Non, je voulais juste réussir sans avoir à fournir un effort démesuré. Pendant que ceux que je considérais comme des grands malades ou des petits lèches-cul n'en finissaient plus d'aligner les vingt sur vingt, rehaussant la monture de leurs lunettes d'une pression d'index, je préférais mater un film ou aller enfiler quelques verres avec des potes dans les cafés du coin. Autant dire que la bonne vieille idée reçue qui veut que les petits génies soient, en fait, complètement inadaptés socialement n'a pas fait qu'effleurer mon esprit. Qu'est-ce qui peut donc tant foirer dans leur réflexion ? Ne sont-ils finalement pas suffisamment clairvoyants pour se rendre compte des lois inhérentes au monde dans lequel ils vivent ? L'adaptation n'est-elle pourtant pas une belle preuve d'intelligence ? C'est précisément le sujet qu'a décidé d'aborder Noam Murro en réalisant SMART PEOPLE.
Dressant le portait d'une famille composée sur base d'un schéma de miroir inversé, Murro pose les bases d'une semi réflexion un peu poussive. Le père, brillant, cultivé, fait face au frère adopté, gentil looser au contact facile. La fille quant à elle, bête de concours, marche sur les traces de son paternel, méprisant royalement son frère qui, lui, n'hésite pas à sortir et à se goinfrer de la chinoise à l'occasion. Les fondations sont posées. Il ne reste alors à Murro qu'à jeter dans ce microcosme l'élément perturbateur qui va tout chambouler pour que ce petit monde s'interroge sur sa vie et s'engage dans un processus de remise en question convenu. Ce grain de sable, c'est Sarah Jessica Parker (SEX AND THE CITY). C'est à elle qu'incombe la tâche aisée de décoincer un Dennis Quaid (VANTAGE POINT) bedonnant, que l'on a connu plus inspiré, et de lui sortir le nez des ses bouquins. La guenon savante, c'est évidemment Ellen Page (HARD CANDY). Si elle ne démérite pas, on ne peut s'empêcher de penser que ce rôle ne fait jamais que proposer une variation de son personnage de JUNO. C'est d'ailleurs dans cette mouvance de comédie pseudo intello que vient s'inscrire...
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Durée: 91 min De: Noam Murro Avec: Dennis Quaid, Sarah Jessica Parker, Ellen Page, Thomas Haden Church Smart PeopleLe professeur Lawrence Wetherhold a beau être extraordinairement intelligent, parfaitement maître de lui et intellectuellement brillant, il est résolument incompétent en matière sentimentale et relationnelle. Son fils, étudiant à l'université, refuse de se confier à lui, sa fille adolescente est une surdouée à la dent dure qui, comme son père, se complaît dans la noirceur et son bon à rien de frère adoptif est un redoutable pique-assiette. Depuis qu'il est veuf, Lawrence n'a plus de goût pour rien, y compris pour la littérature victorienne dont il est spécialiste. Quand son frère débarque à l'improviste pour s'incruster chez lui et qu'au même moment il rencontre par hasard Janet, une de ses anciennes étudiantes, il sort soudain de sa torpeur. Sa vie va prendre alors un nouveau virage... Tu la sens ma grosse intelligence ? Je n'ai jamais été un gros bosseur. Ce genre d'élève qui montre chaque année à ses parents un bulletin légèrement au dessus de la moyenne sur lequel un prof a gribouillé la mention Bien, mais peut mieux faire. Les notes m'importaient peu. Il ne faut pas croire que je n'en avais rien à faire. Non, je voulais juste réussir sans avoir à fournir un effort démesuré. Pendant que ceux que je considérais comme des grands malades ou des petits lèches-cul n'en finissaient plus d'aligner les vingt sur vingt, rehaussant la monture de leurs lunettes d'une pression d'index, je préférais mater un film ou aller enfiler quelques verres avec des potes dans les cafés du coin. Autant dire que la bonne vieille idée reçue qui veut que les petits génies soient, en fait, complètement inadaptés socialement n'a pas fait qu'effleurer mon esprit. Qu'est-ce qui peut donc tant foirer dans leur réflexion ? Ne sont-ils finalement pas suffisamment clairvoyants pour se rendre compte des lois inhérentes au monde dans lequel ils vivent ? L'adaptation n'est-elle pourtant pas une belle preuve d'intelligence ? C'est précisément le sujet qu'a décidé d'aborder Noam Murro en réalisant SMART PEOPLE.
Dressant le portait d'une famille composée sur base d'un schéma de miroir inversé, Murro pose les bases d'une semi réflexion un peu poussive. Le père, brillant, cultivé, fait face au frère adopté, gentil looser au contact facile. La fille quant à elle, bête de concours, marche sur les traces de son paternel, méprisant royalement son frère qui, lui, n'hésite pas à sortir et à se goinfrer de la chinoise à l'occasion. Les fondations sont posées. Il ne reste alors à Murro qu'à jeter dans ce microcosme l'élément perturbateur qui va tout chambouler pour que ce petit monde s'interroge sur sa vie et s'engage dans un processus de remise en question convenu. Ce grain de sable, c'est Sarah Jessica Parker (SEX AND THE CITY). C'est à elle qu'incombe la tâche aisée de décoincer un Dennis Quaid (VANTAGE POINT) bedonnant, que l'on a connu plus inspiré, et de lui sortir le nez des ses bouquins. La guenon savante, c'est évidemment Ellen Page (HARD CANDY). Si elle ne démérite pas, on ne peut s'empêcher de penser que ce rôle ne fait jamais que proposer une variation de son personnage de JUNO. C'est d'ailleurs dans cette mouvance de comédie pseudo intello que vient s'inscrire SMART PEOPLE. Quelques touches indés ici ou là, et on essaie de coller une grosse étiquette bien voyante sur ce qui n'est finalement qu'une toute petite histoire romantique à deux balles. Seulement voilà, la colle ne prend pas et ça gondole de partout. Le caractère faussement alternatif du film s'efface au fur et à mesure que Murro enfonce les portes ouvertes le menant tout droit au bout de sa fable visant à démontrer qui est le plus malin du groupe. Et ce ne sont malheureusement pas les compositions pop folk naïves du guitariste d'Extreme Nuno Bettencourt qui vont relever le niveau de ce qui apparaît au final comme une comédie romantique manquant furieusement de rythme et d'efficacité.
Heureusement, un personnage parvient ponctuellement à nous sortir de l'ennui. Incarné par Thomas Haden Church (dans un rôle évoquant celui qui était déjà le sien dans SIDEWAYS) qui arbore pour l'occasion une bien belle moustache, Chuck le branleur amène son lot de remarques salvatrices et rappelle, avec beaucoup d'à propos, qu'aussi incroyable que cela puisse paraître, le pyjama homme une pièce existe encore à l'aube du troisième millénaire. Quelques étincelles de bonheur qui ne suffiront cependant pas à faire oublier un monstrueux happy end qui n'est pas sans rappeler celui d'un ROCKY IV au cours duquel l'étalon italien lance ce merveilleux chant d'espoir : Si j'ai changé ! Si vous avez changé ! Alors tout le monde peut changer ! Voilà qui laisse rêveur...
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