Si vous sortez de THE PINEAPPLE EXPRESS avec l'envie de vous
rouler un gros stiff en prévision d'une bonne poilade entre amis chômeurs, vous
n'aurez peut-être pas tout de suite intérêt à vous plonger dans l'étonnante filmographie
passée du réalisateur David Gordon Green.
Parce que SNOW ANGELS, par exemple, c'est triste comme une chanson d'Adamo. Mais c'est mieux aussi, sauf si on avait justement décidé de ne pas se mettre la corde au cou. Tourné en 2006 et présenté au festival de Sundance en 2007, SNOW ANGELS est sa
quatrième réalisation et comme dans ses trois longs métrages précédents, l'action
se déroule dans une ville moyenne des U.S.A où survivent et se perdent les
ersatz d'une classe moyenne sans grande destinée. Vendeurs de moquettes,
intellectuels ratés ou serveuses de restaurant. Les couples sont généralement
formés depuis l'adolescence et il n'est pas rare de se trainer la lose attitude
comme un boulet au pied. Si le lieu et la saison (l'hiver) sont importants pour
installer l'ambiance morose - à la limite de la dépression - qui habite une vague
un peu hype dans le circuit indépendant américain, Greene n'aurait pas pu
accoucher du même film sans un casting
de luxe. A côtés de talents confirmés (Sam Rockwell) et des belles façades
(Kate Beckinsale) qui livrent ici de solides performances dans des rôles
exigeants, on découvre de jeunes acteurs prometteurs comme Michael Angarano (THE FORBIDDEN KINGDOM) et Olivia Thirlby (JUNO, THE WACKNESS) tous bienvenus pour réchauffer
un peu une histoire lourdement lestée. Les cœurs les plus sensibles s'enfonceront
rapidement dans l'eau glacée et les autres n'y trouveront pas vraiment de quoi
rire effectivement. Dans SNOW ANGELS, le drame est un personnage à part entière
et c'est même le premier rôle. Pour son quatrième film et sa première
adaptation d'un roman (signé Stewart O'Nan), Greene n'a pas choisi le bouquin
le plus folichon.
En nous asseyant devant la vie de ces personnages fissurés,
la caméra nous apprend d'abord à aimer leurs failles. Alcoolique et suicidaire, Glenn essaie maladroitement
de remonter la pente qui l'éloigne de sa petite famille. Ses efforts le rendent
vite attachant. Ses problèmes aussi. Il faut un peu plus de temps pour dépasser
le charme naturel de son épouse Annie pour discerner ses faiblesses. Son
quotidien est en réalité aussi gâché que celui de Glenn...
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Durée: 106 min De: David Gordon Greene Avec: Kate Beckinsale, Sam Rockwell, Olivia J. Thirlby, Tom Noonan, Michael Angarano, ... Snow AngelsAprès sa rupture avec Annie, Glenn a tenté de se suicider. Aujourd'hui il tente de renouer avec sa femme et sa jeune fille Tara en prenant un nouveau départ. De son côté, Arthur est un adolescent qui doit faire face à la séparation de ses parents alors qu'au collège, il connait ses premiers émois amoureux. Leur vie est bousculée, mais dans la petite ville de Pennsylvanie où ils se croisent, l'hiver a décidé d'être bien plus rude que prévu...
Tombe la neige (air connu)... Si vous sortez de THE PINEAPPLE EXPRESS avec l'envie de vous
rouler un gros stiff en prévision d'une bonne poilade entre amis chômeurs, vous
n'aurez peut-être pas tout de suite intérêt à vous plonger dans l'étonnante filmographie
passée du réalisateur David Gordon Green.
Parce que SNOW ANGELS, par exemple, c'est triste comme une chanson d'Adamo. Mais c'est mieux aussi, sauf si on avait justement décidé de ne pas se mettre la corde au cou. Tourné en 2006 et présenté au festival de Sundance en 2007, SNOW ANGELS est sa
quatrième réalisation et comme dans ses trois longs métrages précédents, l'action
se déroule dans une ville moyenne des U.S.A où survivent et se perdent les
ersatz d'une classe moyenne sans grande destinée. Vendeurs de moquettes,
intellectuels ratés ou serveuses de restaurant. Les couples sont généralement
formés depuis l'adolescence et il n'est pas rare de se trainer la lose attitude
comme un boulet au pied. Si le lieu et la saison (l'hiver) sont importants pour
installer l'ambiance morose - à la limite de la dépression - qui habite une vague
un peu hype dans le circuit indépendant américain, Greene n'aurait pas pu
accoucher du même film sans un casting
de luxe. A côtés de talents confirmés (Sam Rockwell) et des belles façades
(Kate Beckinsale) qui livrent ici de solides performances dans des rôles
exigeants, on découvre de jeunes acteurs prometteurs comme Michael Angarano (THE FORBIDDEN KINGDOM) et Olivia Thirlby (JUNO, THE WACKNESS) tous bienvenus pour réchauffer
un peu une histoire lourdement lestée. Les cœurs les plus sensibles s'enfonceront
rapidement dans l'eau glacée et les autres n'y trouveront pas vraiment de quoi
rire effectivement. Dans SNOW ANGELS, le drame est un personnage à part entière
et c'est même le premier rôle. Pour son quatrième film et sa première
adaptation d'un roman (signé Stewart O'Nan), Greene n'a pas choisi le bouquin
le plus folichon.
En nous asseyant devant la vie de ces personnages fissurés,
la caméra nous apprend d'abord à aimer leurs failles. Alcoolique et suicidaire, Glenn essaie maladroitement
de remonter la pente qui l'éloigne de sa petite famille. Ses efforts le rendent
vite attachant. Ses problèmes aussi. Il faut un peu plus de temps pour dépasser
le charme naturel de son épouse Annie pour discerner ses faiblesses. Son
quotidien est en réalité aussi gâché que celui de Glenn et le destin a choisi
de lui faire assumer lourdement le poids de sa responsabilité dans l'échec de
leur couple. Toujours bercé par une poésie de sa mise en scène et d'une bande
son post rock, le film prend une tournure inattendue qui le rapproche encore
plus d'un EXOTICA, archétype du film indépendant par excellence. Les crevasses
s'élargissent et les drames se chevauchent à des niveaux d'intensité
différents. La rupture est partout. Fissure dans le couple : Glenn et
Annie sont séparés et les parents d'Arthur se quittent également, à la
recherche d'un bonheur tellement insaisissable qu'on le sent étranger à cette
petite bourgade triste dans laquelle Arthur connait pourtant ses premiers émois
sentimentaux. Rupture dans la santé mentale aussi : Glenn est sur le fil
du rasoir. Déchiré par ses démons. La glace craque. La vie s'interrompt.
A travers ces différents personnages, ce sont trois
générations inter connectées qui font face à une petite vie impitoyable pour
les uns, vaguement conciliante pour les autres. Arthur est en âge de prendre
ses premières décisions amoureuses alors que son père essaie lamentablement de
revenir sur les siennes. Sentimentalement, Annie et Glenn franchissent le point
de non retour... Le processus d'identification est complet et il emmène tout le
monde avec lui.
« I have a Sledgehammer in my heart » dira, avec l'œil humide,
le personnage interprété par Tom Noonan (SYNECDOCHE N.Y.) étrangement ému alors qu'il
dirige solennellement sa fanfare occupée à massacrer le hit de Peter Gabriel. Ce
n'est que la scène d'ouverture, mais derrière une attitude et ces quelques
mots, on devine un autre personnage heurté que le film ne nous présentera pas.
Pourtant, lorsque le public le retrouve bien plus tard, il n'a plus de mal à
partager son émotion. Il a vraiment une massue qui lui écrase le cœur. Et le
single festif des années 80 de se muter en une triste oraison funèbre. Le genre
de reprise instrumentale plombante à chialer qui aurait pu plus facilement figurer sur un album de Eels que sur une compil d'Adamo, mais qui
se contente juste d'être la métaphore idéale pour un mélo dur et juste à la fois.
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